Des locataires du 565, rue Bruges à Longueuil constatent une amélioration de l’entretien des lieux par Profiplex – Gestion Immobilière, alors que les opérations visant à éradiquer les rats ont repris et que les cheminées ont été inspectées et ramonées.

Le secteur est sous surveillance depuis la diffusion sur Facebook, début avril, de vidéos montrant des rats près des conteneurs à déchets. Ces images ont suscité de vives réaction sur la page Spotted Longueuil.

La situation s’est aggravée après l’incendie du 18 avril, qui a forcé les résidents à jeter une grande quantité de nourriture périssable dans des bennes déjà débordantes.

Bruges génératrice
Plus de dix jours après le sinistre, une génératrice a été installée afin d’alimenter les corridors et le système de détection d’incendies. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

Dans une plainte adressée à la Ville le 11 mai, une citoyenne dénonçait une infestation grandissante dans ce secteur, près de l’école Jacques-Rousseau. Elle attribue notamment le problème à des conteneurs débordants, à une mauvaise gestion des déchets et au développement immobilier du secteur. Inquiète des risques pour la santé publique, elle réclamait des mesures rapides.

Bruges corridor
Des lumières entretenues par une génératrice éclairent les corridors. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

Deux jours plus tard, la Ville de Longueuil assurait avoir effectué plusieurs interventions depuis le 7 avril, notamment des traitements d’extermination, l’ajout de conteneurs et le nettoyage du terrain. Les propriétaires voisins ont également été appelés à intervenir. Selon la Ville, aucune présence de rats n’a été constatée lors des inspections récentes.

Questionné par Le Courrier du Sud, le PDG de Profiplex, Cherif Lotfi, affirme le 14 mai que des exterminateurs ont été mandatés rapidement et que plusieurs mesures supplémentaires ont été mises en place, dont l’ajout de boîtes d’appât et le nettoyage quotidien du terrain.

Bruges rats
Une affiche placée dans la porte de l’immeuble demande aux gens de bien refermer la porte en raison de la présence de rats. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

«Nous avons d’abord fait appel à une entreprise d’extermination pour effectuer les traitements nécessaires. Du poison à rats a alors été dispersé près des bacs à déchets et leur équipe nous a fourni des recommandations que nous avons appliquées. De plus, de nouveaux bacs à ordures ont été achetés et le terrain a été nettoyé et nivelé.»

À sa défense, le gestionnaire précise qu’à la suite de l’incendie survenu le 18 avril, afin d’assurer la salubrité du bâtiment privé d’électricité, «… les aliments périssables ne pouvant être consommés ont été jetés dans les bacs à déchets, ce qui a eu pour conséquence de retarder l’effet du poison à rats».

Il ajoute que des mesures supplémentaires ont été prises et qu’une société d’extermination additionnelle a été appelée en renfort. «Nous avons aussi ajouté des boites de poisson et nettoyé le terrain chaque jour. Aujourd’hui, la situation est désormais sous contrôle, affirme le gestionnaire qui précise «que les rats ont toujours été aperçus à l’extérieur seulement et qu’aucun locataire ne nous a contactés pour signaler la présence de rat dans son domicile».

Ramonage des cheminées

Les deux immeubles à logements du 545 et 565, rue Bruges, partagent la particularité d’avoir des foyers aux bois dans certains appartements.

Bruges foyers
Plusieurs des appartements des immeubles concernés possèdent un foyer au bois fonctionnel. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

«C’est davantage décoratif qu’efficace pour le chauffage», de préciser un locataire au Courrier du Sud. Le locataire estime que leur nettoyage n’a pas été effectué depuis très longtemps.

Selon le Service de sécurité incendie de l’agglomération de Longueuil, les appareils de chauffage, de même que les conduits et les cheminées qui les desservent, doivent être nettoyés, ou ramonés, et vérifiés au moins une fois par année.

Or, le jeudi 14 mai, le gestionnaire informe Le Courrier du Sud qu’un ramonage a été effectué le matin même, ainsi qu’en août 2024 et 2025.

Chronologie des événements

18 avril : incendie dans la salle mécanique du 565, rue Bruges. Une dizaine de véhicules et une trentaine de pompiers sont mobilisés. Au cours de l’intervention, un fil de moyenne tension tombe au sol. Il n’y a pas de blessés mais l’électricité est coupée dans l’immeuble.

19 avril – 8h55 : bien que les locataires aient pu réintégrer leurs logements, le gestionnaire précise que l’absence d’électricité demeure un enjeu important. Il indique avoir déjà contacté son assureur et attendre l’évaluation de l’expert en sinistre avant d’entreprendre les travaux nécessaires au rétablissement de l’électricité.

20 avril – 17h57 : par courriel, le gestionnaire informe les locataires qu’à la suite des évaluations réalisées, l’immeuble sera privé d’électricité pendant environ deux mois. Il ajoute qu’en raison de l’absence de système de protection incendie fonctionnel, le Service incendie de Longueuil interdit aux résidents d’y demeurer, obligeant ainsi l’évacuation des logements dans les plus brefs délais, une information qui, après vérification, s’avère inexacte.

22 avril : le Comité logement Rive-Sud contacte Le Courrier du Sud et se dit inquiet pour les locataires.

28 avril : le Service de sécurité incendie de l’agglomération de Longueuil (SSIAL) indique au Courrier du Sud que les deux logements directement touchés par l’incendie sont interdits d’occupation mais que, pour le reste, il n’a pas interdit l’occupation du bâtiment. Des mesures temporaires afin de compenser le non-fonctionnement du réseau d’alarme incendie ont été exigées.

29 avril : Le Courrier du Sud rencontre des locataires. On s’inquiète de la présence croissante de rats et de la vermine.

29 avril : par courriel, les locataires reçoivent une offre de dédommagement de 5000 $ à condition de quitter leur appartement avant le 5 mai et renoncent à toutes poursuites.

30 avril: volte-face du gestionnaire qui privilégie désormais la relocalisation temporaire des résidents afin d’assurer leur sécurité et leur bien-être en offrant une indemnité de 800 $ par semaine durant les travaux. Les locataires pourront réintégrer leur logement une fois les réparations terminées, sans changement au bail ni au coût du loyer.

8 mai : Le Courrier du Sud rencontre un locataire chez lui. Il s’inquiète de la présence accrue de rats en raison des portes laissées ouvertes et des cheminées qui, selon lui, n’ont pas été ramonées depuis longtemps.

14 mai : Profiplex informe Le Courrier du Sud que les cheminées ont été inspectées et ramonées au mois d’août 2024 et 2025 et le matin même, le 14 mai. Concernant la présence de rats, on indique que des mesures supplémentaires ont été prises et qu’une société d’extermination additionnelle a été appelée en renfort.