Les habitués de la page Facebook du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) le connaissent déjà : Tao, un magnifique berger allemand de deux ans, a joint les rangs en janvier dernier. Depuis, il forme avec son partenaire, l’agent Alexandre Coulombe, un duo inséparable.
C’est dans un parc nature de Brossard que le tandem a accepté de rencontrer Le Courrier du Sud pour présenter son travail. Tao a été formé pendant plusieurs mois chez un éleveur spécialisé à Saint-Hyacinthe afin de devenir un chien de patrouille généraliste. De son côté, l’agent Coulombe a complété une formation intensive de huit mois avec la Sûreté du Québec, dont il souligne l’expertise.

Policier au SPAL depuis 2014, l’agent Coulombe a dû patienter deux ans et franchir de nombreuses étapes avant d’intégrer l’unité canine. Les deux candidats doivent passer avec succès une foule de tests, tant physiques que psychométriques. On évalue la personnalité mais aussi les aptitudes cognitives, le raisonnement, etc.
Aujourd’hui, l’agent et Tao travaillent en parfaite symbiose. Comme il le résume avec humour : beaucoup aspirent à ce métier, mais peu atteignent ce niveau — «comme au hockey, tout le monde ne joue pas dans la Ligue nationale».
Drogues, armes à feu, etc.
Chien aux multiples talents, Tao est entraîné pour détecter drogues, armes à feu, explosifs et même des billets de banque. Son flair est si précis qu’il distingue l’odeur de l’encre des billets canadiens et américains. «On dit que l’argent n’a pas d’odeur… pas pour Tao!» lance son maître, sourire en coin.

Au-delà de la détection, Tao joue un rôle crucial lors d’interventions. Le 25 janvier dernier, à la suite d’une collision survenue à Boucherville, un conducteur avait pris la fuite à pied en direction du fleuve Saint-Laurent. Grâce à l’intervention rapide de l’équipe cynophile, l’homme a été localisé in extremis sur île Charron. Souffrant de graves engelures, il a été secouru à temps, échappant de peu à une issue qui aurait pu être fatale, souligne l’agent Coulombe.

Tao peut aussi être déployé pour retrouver des personnes disparues ou pour appuyer les policiers lors d’arrestations. «Disons que Tao peut avoir un effet dissuasif notable chez certaines personnes», lance l’agent Coulombe.
L’agent Coulombe rappelle que son travail et celui de Tao ne pourraient se faire sans la collaboration et le professionnalisme de ses collègues, tous passionnés par leur métier.
Une vie de chien
«Tao et moi, on passe quarante heures ensemble au travail. Ensuite, il m’accompagne chez moi. Il a son espace à lui dans un enclos. On va prendre des marches, on va jouer au parc, il fréquente d’autres chiens avec lesquels il est très gentil. Une vie de chien normale quoi !» souligne l’agent Coulombe tout en gardant l’œil sur Tao.
Une longue tradition
L’unité canine s’inscrit dans une tradition bien établie au Québec. La Sûreté du Québec en possède une depuis 1973, avec des spécialités allant de la détection d’accélérant d’incendie à la recherche de restes humains. Comme d’autres grands corps policiers — à Montréal, Québec, Laval ou Gatineau —, Longueuil dispose de sa propre escouade et sera bientôt autonome au niveau de l’unité canine, l’agent Steve Tremblay, maitre-chien d’expérience, ayant complété sa formation d’instructeur maitre-chien.
Au Québec, on compte environ une cinquantaine de maîtres-chiens pour quelque 17 000 policiers. Au SPAL, Tao partage d’ailleurs la mission avec Storm, un chien expérimenté qui approche tranquillement de la retraite.

