L’Association canadienne de soccer de rue, qui a lancé une nouvelle branche sur la Rive-Sud, permet à des personnes en situation d’itinérance ou issues de groupes marginalisés de se réunir chaque semaine pour jouer au soccer, gratuitement. Lors de ces rencontres, les participants viennent chercher bien plus que la simple pratique du sport.

Le soccer devient ainsi un outil de changement positif dans la vie des groupes défavorisés et marginalisés.

Sur la Rive-Sud, l’objectif sera d’offrir deux entraînements par semaine, toutes les semaines de l’année, à des personnes marginalisées, des personnes en situation d’itinérance, de nouveaux arrivants, des réfugiés, des gens qui recourent aux banques alimentaires.

«Ce sont de gens qui sont isolés socialement, qui n’ont pas de réseau pour améliorer leur vie. Ce n’est pas l’expérience de foot qui est importante, c’est la connexion, l’estime de soi, de travailler ensemble. Ils viennent s’amuser», expose Dean Howie, qui est l’un des deux instigateurs bénévoles de l’Association canadienne de soccer de rue dans la région.

Lors du lancement chez Soccer IQ, dans l’arr. de Greenfield Park, un participant du groupe de Montréal a témoigné de l’impact de ces matchs, qui ont changé sa vie. Toxicomane ayant vécu dans la rue, sa vie est maintenant plus stable. Il est retourné vivre chez ses parents et ne consomme plus de drogue, relate M. Howie.

Marco Araish (Soccer IQ), Jean Nicolas Gagne (Fédération Soccer Quebec), Bob Humphreys (Association canadienne de soccer de rue), Daniel Théberge (Équipe Canada Coupe du Monde Sans Abri 2025), Claude Herve Diesse (Soccer IQ) (Photo : gracieuseté)

Recrutement

L’Association collabore avec diverses organisations communautaires, qui lui recommandent de potentiels participants.

«Il arrive parfois qu’ils les regroupent et organisent le transport en navette jusqu’à nos installations», indique Dean Howie, en référence à l’expérience montréalaise, inaugurée en décembre 2024.

Sur la Rive-Sud, la Halte du coin, L’Antre-Temps, le Centre communautaire le Trait d’union, la Casa Bernard-Hubert et Moisson Rive-Sud font partie des partenaires.

M. Howie espère réunir de 12 à 15 personnes par semaine.

«Ce qui a été une adaptation pour nous à Montréal, c’est que ce ne sont pas toujours les mêmes joueurs chaque semaine. Certains viennent parfois une fois par mois, selon leur réalité», mentionne celui qui s’est impliqué pendant 30 ans dans le soccer sur la Rive-Sud.

Autre défi : il espère aussi rallier des femmes. «Est-ce qu’une journée féminine et une masculine pourrait être une option?» soulève-t-il.

Les rencontres se dérouleront chez Soccer IQ, qui offre gratuitement des heures d’entraînement. «On est très chanceux! Je connais les propriétaires, ce sont des joueurs que j’ai déjà coachés! Quand je les ai approchés, ils ont tout de suite embarqué», souligne M. Howie.

Il se réjouit aussi de l’appui de diverses organisations sportives comme le Club de soccer de Longueuil.

Tournoi… et Coupe du monde

Avec la nouvelle branche sur la Rive-Sud, l’Association canadienne de soccer de rue en compte six au pays.

En juin, un tournoi national se tiendra à Montréal, réunissant toutes ces équipes. Peut-être que des joueurs de la Rive-Sud auront ensuite la chance de participer à la Coupe du monde des sans-abris, qui aura lieu à la fin de l’été, au Mexique, après la «vraie» Coupe du monde.

D’ailleurs, le film A Beautiful Game, qui met en lumière la Coupe du monde des sans-abris, a été un élément déclencheur pour Dean Howie dans son implication pour l’Association canadienne de soccer de rue.

«Je me suis dit : le Canada n’est pas représenté à la Coupe… Pourquoi? J’ai fait des recherches et trouvé l’Association à Toronto», explique celui qui, en juillet, a pris sa retraite d’une carrière en enseignement au Collège Champlain.

On l’a ensuite référé au Brossardois Bob Humphreys qui, comme lui, partageait le désir de voir naitre une telle association dans le Grand Montréal. Encore aujourd’hui, ils mènent ce travail à eux seuls.

M. Howie admet que de participer à la Coupe du monde des sans-abris est «sans doute le but ultime de chaque participant. Mais le but ultime du programme est de créer un environnement sécuritaire pour l’inclusion sociale.»