Texte du Brossard Éclair
Bien que la pratique soit encouragée par le ministère de l’Environnement, il n’y a actuellement pas d’obligation légale pour les entreprises d’offrir la collecte sélective des matières recyclables. La décision de recycler ou non revient donc aux propriétaires, mais les couts supplémentaires reliés à la collecte sélective pèsent souvent lourd dans la balance pour les gens d’affaires.
Près de 99% de la population québécoise est desservie par un service de collecte sélective municipale. En ce qui concerne les entreprises et les industries, certaines municipalités offrent le service de collecte des matières recyclables alors que sur d’autres territoires, comme à Brossard, les entreprises doivent se tourner vers un service privé.
Le relationniste pour le ministère de l’Environnement Clément Falardeau explique que dans le cadre du Plan d’action 2011-2015 qui accompagne la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, le gouvernement s’est engagé à bannir de la collecte des déchets certaines matières, dont le papier et le carton, au cours des prochaines années. Toutefois, rien n’indique qu’une nouvelle règlementation obligerait les commerces à recycler dans un avenir rapproché.
Et rien n’indique non plus qu’un service de collecte pourrait éventuellement être offert par la Ville de Brossard. «Ici, les commerces sont responsables de leurs déchets et leur recyclage, indique le directeur des communications de la Ville, Alain Gauthier. Il n’y a pas de projet en ce moment pour offrir ce service.»
Un service dispendieux
Pour un commerce de petite taille, la facture pour un conteneur de recyclage peut s’élever à 300$ par mois. Comme cette pratique n’est pas obligatoire, beaucoup de commerçants mettent le recyclage de côté au profit d’un avantage économique.
Une employée d’une boutique du boul. Taschereau avoue placer des matières recyclables dans le conteneur du commerce voisin.
«C’est le mot d’ordre de nos patrons. Ils ne sont pas prêts à payer les frais pour avoir un 2e conteneur destiné au carton et au plastique. On nous a déjà avertis de ne pas mettre notre recyclage dans leur conteneur, mais si on ne nous avertit pas de nouveau, nous procèderons encore de la sorte», explique l’employée, sous le couvert de l’anonymat.
Afin d’éviter les coûts liés au recyclage, un commerce qui valorise l’environnement et la réutilisation de contenants, Produit écologique Lemieux, a usé de créativité pour éviter le conteneur vert.
«Pour ne pas avoir à payer de ramassage, tous nos déchets sont envoyés à Montréal, indique le gérant de la succursale brossardoise, Jean-Marc Deschênes Lemieux. Comme nous valorisons la réutilisation, nous ne produisons que quelques sacs de déchets par semaines, que nous transportons vers des sites appropriés avec nos camions de livraison.»
Les conteneurs abondent
La majorité des commerces possèdent des conteneurs pour les matières recyclables. Leurs déchets étant en grande partie constitués de carton, de plastique et de verre, il est donc quasi essentiel pour les commerçants d’embaucher une entreprise pour récupérer ces matières.
Les centres commerciaux comme le Mail Champlain, le Quartier DIX30 ou les Promenades St-Bruno possèdent des conteneurs verts. D’autres commerces plus petits emboîtent aussi le pas, comme Cycle Néron ou encore les restaurants Tim Hortons.
Composter au lieu de recycler
Leader en matière de compostage, Les Rôtisseries St-Hubert, dont la succursale de Brossard, a pris un virage brun qui lui permet d’éviter le recyclage.
«Nous sommes conseillés par un expert en environnement. Une firme privée ramasse les matières putrescibles d’une à deux fois par semaine et les achemine vers un site de compostage. Beaucoup de rebuts qui peuvent être recyclés peuvent être inclus dans le compostage, comme le carton et le papier», explique la responsable des communications pour St-Hubert, Josée Vaillancourt.
