Entrevue exclusive avec Christian Dubé, ministre de la Santé
Dans un entretien mené dans son bureau de circonscription à La Prairie, le ministre Christian Dubé s’explique sur le projet de loi 106, pierre angulaire de sa réforme de la santé. Ce projet vise à revoir le mode de rémunération des médecins, notamment en liant jusqu’à 25 % du salaire à l’atteinte de cibles de performance.
Face aux moyens de pression annoncés par les fédérations médicales (arrêt d’enseignement, retrait de certaines tâches), Christian Dubé reste ferme :
« Le gouvernement ne reculera pas. Si les mesures nuisent aux patients, il y aura des sanctions. »
Il rejette l’idée que la loi soit un simple outil de négociation : même si un accord est trouvé, un changement législatif est nécessaire pour modifier le régime de rémunération. Il assure être ouvert à des amendements et revendique une approche « perfectible », notamment sur la spécificité des clientèles vulnérables et la flexibilité pour les médecins en fin de carrière.
Christian Dubé insiste également sur la nécessité de mieux utiliser les ressources existantes plutôt que d’en créer de nouvelles, et appelle les médecins à revenir à la table des négociations. Il déplore toutefois la « désinformation » qu’il estime véhiculée par les fédérations.
En conclusion, il réaffirme que cette réforme est indispensable pour laisser le réseau en meilleur état en 2026.
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Je pense qu’il y a quelques commentaires du ministre Dubé qui méritent des éclaircissements.
D’abord, les médecins de famille étaient bel et bien présents aux tables de négociation. Leur mandat est de négocier l’accord-cadre, qui encadre l’ensemble de la structure de notre pratique. Comme tout juriste le sait, on ne négocie pas une loi : le projet de loi 106 n’est pas encore une loi, il est toujours à l’étape de projet.
Le ministre a mentionné qu’il était possible de consulter un raccourci sur son site Internet pour expliquer la loi 106. Ce serait tout aussi pertinent que le lien vers la FMOQ soit partagé, afin que les auditeurs puissent se faire une idée éclairée en ayant accès aux deux côtés de la médaille.
Lorsqu’il évoque que la loi 11 a permis d’améliorer l’accessibilité pour les personnes vulnérables, il faut préciser que cela se fait déjà dans la réalité. Je suis moi-même coordonnateur de GMF, et les directives que nous donnons sont claires : toujours prioriser les personnes vulnérables, actives dans la vie quotidienne, et surtout celles qui n’ont pas accès à un spécialiste.
Le véritable problème, ce sont les listes d’attente, qui sont extrêmement longues. Avec la nouvelle loi, lorsqu’un médecin veut inscrire un patient, il doit obligatoirement passer par le coordonnateur — c’est une exigence légale — ce qui alourdit considérablement le travail de tous.
Enfin, le ministre cite le Collège des médecins pour vérifier que les moyens de pression n’affectent pas les patients. Mais a-t-il aussi mentionné que lors de la commission parlementaire sur le PL 106, le Collège a clairement exprimé ses inquiétudes en affirmant que ce projet de loi aurait des conséquences directes sur les patients et la qualité des soins? Parce qu’il favorise le débit plutôt que la qualité, et c’est là que se situe le véritable enjeu.