Du 23 mars au 2 avril, des milliers de travailleuses et travailleurs du milieu communautaire seront en grève partout au Québec pour dénoncer le sous-financement chronique du milieu et exiger des investissements structurants de la part du gouvernement du Québec. À Longueuil, une grande manifestation est prévue le vendredi 27 mars au parc St. Mark.

Porté par le mouvement Le communautaire à boutte, le milieu communautaire réclame des conditions de travail décentes, un financement stable et suffisant à la mission, ainsi qu’une reconnaissance pleine et entière de son rôle essentiel. Les organismes demandent aussi la protection de leur autonomie et un engagement clair du gouvernement à investir durablement dans le modèle communautaire.

Budgets gelés

Directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de l’agglomération de Longueuil, Martin Boire n’a jamais vu une situation aussi critique dans le milieu communautaire depuis son arrivée en poste en 2013. «Les gens sont à bout. Ça craque de partout!», lance-t-il en entrevue au Courrier du Sud.

Il indique en dérision que la CDC bénéficie d’une indexation de 1 % annuellement. Les organismes de la Montérégie ont reçu ensemble 1,2 millions de dollars pour l’année fiscale qui se termine ce 31 mars. «À toutes fins pratiques, notre financement est gelé.»

Avec un salaire horaire de 25$, M. Boire estime que les conditions des travailleuses – elles sont de loi majoritaires dans le milieu communautaire – se sont grandement détériorées au cours des dernières années.

M. Boire ajoute que l’itinérance grandissante partout au Québec – Longueuil n’y échappe pas – n’est que la pointe de l’iceberg, le symbole du filet social qui s’effrite et qui montre du même coup l’importance des organismes communautaires. «Il faut que les politiciens du Québec prennent position. Nous espérons au minimum du gouvernement la mise sur pied d’une table de discussion avec des crédits rattachés.»

Toujours sur la corde raide

Pour Sophie Tétrault-Martel, intervenante communautaire au Centre des femmes de Longueuil, la situation actuelle – avec des salaires inférieurs de 25% à 40 % comparativement au secteur public – ne permet pas aux organismes de se projeter dans l’avenir. «On veut répondre aux besoins de notre communauté. Mais nous sommes toujours sur la corde raide», déplore celle qui est aussi représentante régionale au Comité national – Le communautaire à boutte.

L’intervenante communautaire espère que le mouvement de grève amorcé trouvera écho auprès des décideurs. «Il faut que les organismes communautaires deviennent un sujet politique», insiste-t-elle.

La mobilisation atteindra son point culminant le vendredi 2 avril, devant l’Assemblée nationale à Québec où des milliers de travailleuses uniront leur voix pour interpeller les décideurs.

À ce jour, le tier de organismes communautaires du territoire a voté pour la grève ce qui provoquera un arrêt une diminution des services offerts durant cette période.