Le déraillement survenu à Repentigny le 5 juillet ravive les préoccupations de résidents de Saint-Lambert qui habitent à proximité des voies ferrées. C’est notamment le cas de Pierre Bélair, qui demeure au 60, rue Cartier, où la voie ferrée se trouve à quelques mètres de sa cour arrière.
Bien qu’un mur de protection ait récemment été aménagé entre les habitations et les rails, le résident s’interroge sur son efficacité advenant un déraillement majeur. Sa principale inquiétude concerne une importante génératrice alimentée au gaz naturel, installée à proximité de la voie ferrée et destinée à assurer l’alimentation électrique d’urgence de deux immeubles.
«Un train qui déraillerait et percuterait cette installation pourrait entraîner des conséquences dramatiques», estime-t-il. Les deux bâtiments regroupent plus de 400 logements, soit plusieurs centaines de résidents.
M. Bélair, qui a posé des questions à la Ville de Saint-Lambert à ce sujet, souhaite notamment savoir si le mur de protection a été conçu pour résister à un déraillement impliquant un train de marchandises et si son efficacité a fait l’objet d’études indépendantes. Il se questionne également sur les portions des terrains résidentiels qui ne sont pas protégées par un muret, sur la nature des matières dangereuses transportées dans le secteur et sur les mesures qui seraient déployées en cas d’accident majeur.
La vitesse des convois, particulièrement ceux transportant des matières dangereuses, constitue une autre source de préoccupation. Le résident demande que la Ville intervienne auprès du Canadien National (CN), de Transports Canada et des autres autorités compétentes afin que les risques soient évalués et que des mesures additionnelles soient envisagées.
Il évoque notamment une réduction de la vitesse des trains en secteur résidentiel, une évaluation des infrastructures de protection et une révision des plans d’urgence. Selon lui, même si la réglementation ferroviaire relève principalement du gouvernement fédéral et des compagnies ferroviaires, les élus municipaux doivent faire entendre la voix de leurs citoyens.
Treize ans après la tragédie de Lac-Mégantic, qui a coûté la vie à 47 personnes, M. Bélair estime qu’un accident ferroviaire majeur ne peut être considéré comme un scénario improbable.
«Les citoyens comprennent qu’aucun risque ne peut être éliminé complètement. En revanche, ils sont en droit de s’attendre à ce que tout soit mis en œuvre pour le réduire au minimum», fait-il valoir.
La Ville rappelle les mesures en place
Le maire de Saint-Lambert, Loïc Blancquaert, reconnaît que le déraillement de Repentigny a suscité des inquiétudes légitimes et assure que la sécurité des citoyens demeure une priorité.
Il rappelle que le complexe immobilier de la rue Cartier a été développé au début des années 2000, alors que le CN avait exprimé des réserves concernant sa proximité avec l’emprise ferroviaire. Des mesures d’atténuation, dont la construction d’un mur de protection, avaient donc été exigées.
Après de longues démarches impliquant le promoteur, le CN et la Ville, l’ouvrage a finalement été réalisé récemment à partir de plans préparés par une firme d’ingénierie spécialisée et approuvés conformément aux exigences professionnelles. Le mur vise à réduire les risques associés à une éventuelle sortie de voie.
Le maire rappelle toutefois que l’exploitation du réseau ferroviaire et sa réglementation relèvent principalement du gouvernement fédéral et des compagnies ferroviaires. Saint-Lambert maintient néanmoins des échanges réguliers avec le CN concernant l’état et la sécurité des infrastructures.
Selon la Ville, la vitesse des trains est généralement réduite dans ce secteur en raison notamment de la proximité du pont Victoria et des caractéristiques du corridor ferroviaire.
Saint-Lambert dispose par ailleurs d’un comité de sécurité civile et de plans d’intervention d’urgence pouvant être adaptés selon la nature d’un événement. La municipalité ne peut cependant contrôler les marchandises transportées par rail, celles-ci étant encadrées par la réglementation fédérale.
M. Blancquaert souligne enfin que la Ville fait valoir ses préoccupations auprès de l’Union des municipalités du Québec et de la Fédération canadienne des municipalités afin que les enjeux de sécurité ferroviaire soient pris en considération par les gouvernements et les autorités compétentes.
Au moment de publier, le Canadien National n’avait pas répondu aux questions du Courrier du Sud concernant le nombre quotidien de trains et la vitesse limite des convois dans ce secteur.


À chaque jour ou presque, des centaines de wagons-citerne contenant de la gasoline et provenant de la raffinerie Jean Gaulin à Lévis, traversent St-Lambert ainsi que des quartiers densément peuplés (Pointe-St-Charles, etc.) de Montréal, pour livrer le tout à Montréal-Est! Et un déraillement se produisait, qu’arriverait-il? Le CN possède-t-il un plan d’intervention coordonné avec les villes (St-Lambert, Montréal)?
Autre rappel significatif. Il faut se rappeler du déraillement survenu le 14 novembre 2024, il y a donc moins de deux ans, d’un convoi ferroviaire à Longueuil, tout juste à côté de la route 116. De tels événements sont donc non seulement probables, mais hélas trop fréquents. Rappelons que lors de cet événement, le dégagement d’une fumée blanche jugée toxique avait requis l’évacuation des résidents d’une zone appréciable… Et ce n’était pas éloigné du complexe résidentiel de la rue Cartier et encore moins du relativement nouveau Loggia, tout aussi adjacent à la même voie ferrée.
Notons aussi qu’aucune explication n’a été trouvée pour le déraillement de Repentigny! Une véritable incurie des autorités alors que le danger demeure.
Toutes les démarches recommandées par le juge auraient dues être effectuées AVANT l’autorisation de cette augmentation de vols par Transport Canada……toutes les parties impliquées et les citoyens avoisinants auraient alors pu éviter certains impacts majeurs .