Le beau temps est enfin arrivé et les plaisanciers qui sillonnent les eaux entre les écluses de Saint-Lambert et celles de Sainte-Catherine peuvent compter encore cette année sur la présence de l’Unité 56 de la Garde côtière auxiliaire canadienne GCAC (Québec) qui a officiellement entamé ses opérations le 15 avril. Nouveauté cette année : le Zodiac a pris sa retraite et une embarcation de 24 pieds, propulsée par deux moteurs de 115 chevaux, a pris la relève.

C’est au quai de La Prairie que Jason Rodgers, commandant, Éric Saumure, commandant adjoint et Nicolas Allard viennent chercher le journaliste du Courrier du Sud à bord de la nouvelle embarcation. Destination : les écluses de Saint-Lambert.

«Notre unité est constituée de 26 membres bénévoles, dont neuf capitaines, indique le commandant Rodgers. Nous sommes pleinement opérationnels pour intervenir sur tous les appels de détresse maritime, transmis 24 heures sur 24, sept jours sur sept, par le Centre de coordination de sauvetage de la Garde côtière canadienne.»

Garde côtière
La nuit, les reflets des lumières des tours de condos compliquent la navigation. (Photo : Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

Parmi ces bénévoles, on retrouve, entre autres, une médecin, un infirmier, un policier militaire, un agent de sécurité, un contracteur, des employés de banques et une agente santé sécurité au travail. Le commandant Rodgers, lui, est superviseur de la Voie maritime.

«Notre diversité fait notre force. Tout le monde, chaque membre, apporte sa contribution», souligne le commandant Rodgers.

Pont Champlain
Le pont Samuel-De Champlain vu du fleuve (Photo : Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

En début de saison, une formation est offerte. Il est demandé à chacun de faire entre 60 heures et 70 heures de bénévolat durant l’année, ce qui correspond environ à une sortie minimum par mois. «Plusieurs membres de l’Unité font beaucoup plus d’heures. Ce sont des passionnés», souligne le commandant en poste depuis 11 ans.  

Nouvelle embarcation

Pour assurer ses missions, l’Unité 56 s’est équipée d’une embarcation en aluminium Stanley de 24 pieds, propulsée par deux moteurs de 115 chevaux pour une vitesse maximale de 40 nœuds. Elle dispose également d’équipements spécialisés, incluant un GPS dédié à la recherche et sauvetage, un radar ainsi qu’une caméra thermique FLIR, permettant d’offrir des interventions plus efficaces et sécuritaires sur le plan d’eau.

Marina Saint-Lambert
La marina de Saint-Lambert est le port d’attache de l’Unité 56. (Photo : Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

En passant devant de nouveaux immeubles à condos à Brossard, le commandant Rodgers signale que la nuit, les reflets des nombreuses portes et fenêtres réfléchissent sur l’eau, un phénomène qui complique la navigation.

«La caméra thermique est essentielle pour repérer une personne tombée à l’eau, explique Eric Saumure, commandant adjoint. Non seulement la nuit, mais le jour également. Les gens l’ignorent, mais repérer une tête qui flotte dans l’eau, avec les vagues et les reflets, c’est possible à dix ou quinze pieds de l’embarcation. Plus loin, c’est très difficile, voire impossible.»

Garde côtière
Le bateau est équipé de trousses de premiers soins et d’un défibrillateur. (Photo : Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

Bien que le plan d’eau soit relativement peu profond — avec une moyenne d’une dizaine de pieds — un secteur atteint toutefois près de 80 pieds de profondeur. Cette particularité s’explique par la présence d’une ancienne carrière aujourd’hui submergée au large de Brossard. On y extrayait autrefois du sable, du gravier et de la pierre avant que le site ne soit envahi par les eaux du fleuve Saint-Laurent. Cette fosse immergée se situe près des berges de Brossard, entre le parc Léon-Gravel, l’Île des Sœurs et les environs du pont Samuel-De Champlain.

Opérations

Chaque année, l’Unité 56 vient en aide à plusieurs plaisanciers en difficulté. «À la hauteur de Delson par exemple, durant l’été, il y a des endroits où il y a entre trois et quatre pieds d’algues. On appelle cela de la salade! Plusieurs embarcations se coincent à cet endroit», affirme Éric Saumure.

Sourire en coin, le commandant Rodgers se remémore la fois où une skieuse nautique s’était empêtrée dans ce secteur au point où elle en avait perdu son maillot. 

Garde côtière
La Garde côtière auxiliaire canadienne assure bénévolement la sécurité des plaisanciers entre les écluses de Sainte-Catherine et de Saint-Lambert. (Photo : Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

Parfois, les opérations de secours sont plus dramatiques. Il y a sept ans environ, un jeune homme avait sauté du pont Champlain. L’Unité 56 avait réussi à récupérer le corps avec l’entraide de 3 bateaux de pompiers. Le commandant souligne la belle collaboration entre les différents services d’urgence.

Dépenses et revenus

L’an dernier, le Zodiac de l’Unité 56 avait eu des dépenses de 3000 $ en essence. Avec la nouvelle embarcation et les fluctuations du prix de l’essence, le commandant estime que ces frais atteindront 4500$ cette année.

Comme les services offerts sont gratuits, l’Unité 56 peut compter sur le soutien de plusieurs députés de circonscriptions riveraines comme Sanguinet, La Prairie, Brossard et Saint-Lambert. «Le vice-premier ministre Ian Lafrenière nous aide également beaucoup», souligne M. Rodgers qui n’a pas encore eu de nouvelles des députés fédéraux du secteur. Le commandant insiste aussi sur l’appui des municipalités de Candiac, Delson et Sainte-Catherine.

Comme sources de revenus supplémentaires, l’Unité 56 assure la sécurité sur l’eau lors des feux de La Ronde et des feux d’artifices de Candiac. «L’argent que nous ramassons est toujours investie dans le bateau pour l’achat de nouveaux équipements», souligne le commandant.

Les donateurs privés peuvent profiter d’un retour d’impôts.

Vérification de courtoisie

Les plaisanciers sont invités à demander une vérification de courtoisie gratuite lors de la présence de l’unité sur l’eau, ou à en faire la demande par courriel à [email protected]. Un conseiller en prévention pourra ainsi vérifier la conformité des équipements de sécurité obligatoires et prodiguer des recommandations adaptées pour naviguer en toute sécurité. «Nous ne sommes pas en mode répression», insiste le commandant pour qui chaque intervention sauve peut-être une vie.

Le territoire couvert par l’Unité 56 s’étend des écluses de Saint-Lambert à celles de Sainte-Catherine, incluant la rivière La Tortue. Les services de l’Unité 56 de la Garde côtière auxiliaire sont accessibles via le canal 16 sur la radio VHF ou en composant *16 à partir d’un téléphone cellulaire.