Elle figure parmi les doyens et doyennes du Canada, en date du 1er juin 2026. Âgée de 109 ans, Mme Carmelle Rivard a souligné son anniversaire le 28 mai au CHSLD Saint-Lambert sur-le-Golf, entourée de sa famille, de ses proches et de l’équipe des Résidences Soleil. Une journée marquée par beaucoup d’émotion et de reconnaissance envers une femme au parcours remarquable.

L’événement a été souligné en présence de ses deux filles jumelles, Lise et Lisette, de M. et Mme Savoie, propriétaires des Résidences Soleil, du maire de Saint-Lambert, Loïc Blancquaert, de Nadine-Coïne Savoie, directrice du CHSLD ainsi que de nombreux résidents et employés du CHSLD.

(Photo gracieuseté)

Née en 1917 à Sainte-Anne-des-Plaines, d’une famille de cinq enfants, Mme Rivard a la chance de recevoir une éducation complète, fait plutôt rare à cette époque. Cette soif de connaissances l’accompagnera toute sa vie, raconte le communiqué publié par le CHSLD.

Dans la quarantaine, elle choisit d’apprendre l’anglais, puis elle entreprend une formation d’esthéticienne, une nouvelle discipline avant-gardiste pour l’époque et un choix audacieux, où peu de femmes mariées osaient tracer leur propre voie professionnelle. Appuyée par ses enfants qui admirent son désir d’émancipation, contrairement à son époux.

De femme au foyer à femme d’affaires

Quelques années plus tard, la famille s’installe à Saint-Lambert. C’est là, à 48 ans, que Carmelle Rivard y ouvre son cabinet d’esthétique à la maison et bâtit une carrière dont elle sera très fière. Mais son désir d’indépendance ne fait pas l’unanimité. À 64 ans, son mariage prend fin. Pour plusieurs, ce serait un coup d’arrêt. Pour elle cependant, l’occasion d’un nouveau départ.

Mme Rivard a reçu une plaque commémorative signée par le premier ministre du Canada, Mark Carney, qui lui transmet ses meilleurs voeux d’anniversaire. (Photo gracieuseté)

Comme l’a si bien décrit sa fille : « Tranquillement comme une rose, maman a vraiment commencé à s’ouvrir à la vie, à sa vie ». Mme Rivard apprend à gérer ses finances, s’implique en politique, suit des cours de toutes sortes, apprend l’espagnol, voyage en Allemagne, en France, au Mexique et à plusieurs autres endroits. Elle découvre le plaisir de danser avec ses amies, une passion qu’elle n’avait jamais vraiment pu vivre auparavant.

Les années passent, son énergie demeure intacte. Jusqu’à son 100e anniversaire, elle joue au golf et conduit sa voiture, activités qu’elle délaissera ensuite au profit de longues marches qu’elle affectionne plus que tout, tant pour faire ses courses, aller prendre un café que pour rester active le plus possible.

En 2026, à 109 ans, les employés du CHSLD ne tarissent pas d’éloges à l’égard de la doyenne qu’ils décrivent comme une grande source d’inspiration et un modèle de résilience.

(Photo gracieuseté)

Chaque jour, elle lit attentivement son journal, participe aux activités, au bingo et à la messe. Dotée d’une mémoire phénoménale, elle porte une attention sincère aux autres et remarque immédiatement lorsqu’une personne se porte moins bien.

Modèle de coquetterie, de joie de vivre et de persévérance, elle incarne aussi l’héritage d’une génération de femmes qui ont ouvert des chemins pour celles qui ont suivi. Comme le souligne sa fille : « Je n’ai pas vu ma mère vieillir et elle est encore là pour nous écouter et nous donner des conseils. »