Lundi matin, la brigade des Cuisiniers Différents est bien active. Dans ses locaux au marché public de Longueuil, l’entreprise en économie sociale – et fière de l’être – prépare des repas pour des élèves et personnes aînées. Une vocation que l’entreprise tient à cœur et qui est notamment portée par un personnel vivant avec une différence intellectuelle.
Dès le moment où elle a lancé les Cuisiniers Différents en août 2019, Chantal Pagé avait fait de l’intégration de jeunes adultes en déficience intellectuelle sa mission de base.

«Ils ont une force de caractère. C’est eux qui nous poussent à aller de l’avant, qui nous poussent à se dépasser justement pour pouvoir les amener plus loin», souligne la directrice générale de l’entreprise.
Au départ, l’équipe travaillait principalement sur des traiteurs pour des événements, mais avec la pandémie, un important volet de sécurité alimentaire s’est ajouté à ses activités.
Les Cuisiniers Différents font toujours quelques événements corporatifs, mais surtout, ils offrent un service de traiteur scolaire dans les écoles défavorisées de Longueuil, où les parents paient selon leurs moyens, ainsi que pour les aînés, qui profitent d’un programme de tarification sociale.
«L’intégration de jeunes adultes en déficience intellectuelle, trisomie, autisme demeure notre principale mission, mais le volet de sécurité alimentaire est devenu une deuxième mission pour nous», mentionne Mme Pagé.
Économie sociale
Avec la mission de l’entreprise, le choix de l’économie sociale allait de soi, assure la directrice générale.
«Quand on va en économie sociale, ça prend une mission qui est là derrière. Ça prend aussi de la profitabilité, mais c’est juste la façon dont elle est réinvestie qui est différente. Ici, on la réinvestit pour adapter le travail le mieux possible pour nos cuisiniers, puis pour notre clientèle», souligne-t-elle.
Mme Pagé croit d’ailleurs que l’économie sociale est parfois moins bien comprise et souvent associée à des banques alimentaires et autres organismes de ce type.
«Ce n’est pas que ça ! Les magasins BMR, c’est une entreprise d’économie sociale, la coopérative funéraire du grand Montréal aussi. On a Amélys, dans le milieu des résidences pour aînés», soutient celle qui est présidente du conseil d’administration du Pôle de l’économie sociale de l’agglomération de Longueuil.
L’un de ses chevaux de bataille dans ce rôle est justement de faire connaître davantage ces entreprises.
Reconnaissance

Son travail lui a par ailleurs a valu le prix Femme d’affaires de l’année au 42e Gala Excellence de la Rive-Sud de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud.
Une reconnaissance qui montre que l’économie sociale à sa place dans le monde des affaires.
«Tous les jours, pour l’inclusion, il faut que je fasse tomber des barrières. Et là, c’est mon prix qui fait tomber cette barrière, qui signifie que oui, on a notre place dans une chambre de commerce, qu’on est une entreprise au même titre que les autres», affirme Mme Pagé.


