L’avenir des déplacements à Longueuil repose sur des transports collectifs plus performants, des réseaux piétonniers et cyclables mieux aménagés ainsi qu’un important changement de culture. C’est la principale conclusion de la démarche participative menée par l’Office de participation publique de Longueuil (OPPL), qui a mobilisé plus de 2 600 citoyens entre août 2025 et février 2026 afin de mieux comprendre leurs habitudes de déplacement et leurs attentes en matière de mobilité durable et sécuritaire.

La consultation s’est déroulée en plusieurs étapes combinant enquêtes de terrain, sondage représentatif, questionnaires en ligne, panels délibératifs, activités de discussion et appels de contributions écrites. L’ensemble des informations recueillies doit servir à orienter les futures décisions de la Ville en matière de mobilité.

L’auto toujours numéro un

Les résultats démontrent que les Longueuillois sont généralement satisfaits de leurs déplacements et des infrastructures existantes. Toutefois, l’automobile demeure largement le mode de transport privilégié au quotidien. Le transport collectif arrive au deuxième rang, suivi de la marche et du vélo. Lorsqu’il est question d’un mode de transport complémentaire, la marche et le transport collectif sont les options les plus souvent utilisées.

Les citoyens identifient plusieurs obstacles à l’utilisation des modes de transport durables. Pour la marche et le vélo, les principaux freins sont les distances à parcourir, certaines limitations physiques et le sentiment d’insécurité. En ce qui concerne le transport collectif, les préoccupations portent surtout sur la durée des déplacements, les coûts et le manque de connexion efficace entre les différents réseaux.

Une transition qui devra être soutenue

Afin de réfléchir aux solutions possibles, trois panels composés de citoyens aux profils variés ont été invités à se prononcer sur la façon dont la Ville pourrait préparer la population à la transition vers une mobilité plus durable.

Malgré la diversité des participants, un consensus s’est dégagé : cette transition exigera une transformation progressive des habitudes de déplacement et devra être soutenue activement par la Ville.

Les discussions ont permis de dégager plusieurs pistes d’action. Les participants souhaitent notamment des réseaux piétonniers et cyclables plus sécuritaires, plus confortables et mieux connectés.

Vélo pont
Le sentiment de sécurité influence le choix des déplacements selon les données recueillies par l’OPPL. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

Ils réclament également un transport collectif plus rapide, plus fiable, plus accessible et plus abordable. Plusieurs soulignent aussi l’importance de rapprocher les lieux de résidence des commerces, des services et des emplois afin de réduire les déplacements en voiture. Enfin, ils estiment que la sensibilisation, l’information et la participation citoyenne devront jouer un rôle central dans la réussite de cette transition.

Ouverture sous conditions

L’OPPL retient deux grands constats. D’une part, la population se montre ouverte à adopter des modes de transport plus durables. Cette ouverture demeure toutefois conditionnelle à l’amélioration des solutions de rechange à l’automobile. Les citoyens ne souhaitent pas nécessairement abandonner leur voiture, mais désirent avoir accès à des options efficaces, pratiques et adaptées à leurs besoins quotidiens.

D’autre part, les préoccupations exprimées lors de la consultation rejoignent largement les facteurs déjà identifiés par la Ville pour favoriser la mobilité durable. L’aménagement du territoire, la densité résidentielle, la mixité des usages, le développement du réseau cyclable, l’amélioration du transport collectif et la sensibilisation de la population apparaissent comme des leviers incontournables.

 La démarche a toutefois mis en lumière un facteur supplémentaire : le sentiment de sécurité, qui influence fortement les choix de déplacement.

Efficacité, sécurité et communication

Trois grands enjeux se dégagent du rapport. Le premier concerne l’efficacité et la disponibilité des modes de transport durables. Les participants estiment qu’il sera difficile de réduire l’usage de l’automobile tant que les solutions de remplacement ne seront pas suffisamment concurrentielles en matière de rapidité, de confort et de fiabilité.

Metro
Le temps de déplacement, le coût des services et le manque de connectivité entre les différents réseaux sont des irritants selon les participants. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

L’OPPL recommande notamment de poursuivre la création de milieux de vie complets, de favoriser les transports actifs et collectifs sur les grands axes, d’améliorer l’interconnexion des réseaux et de mettre à jour le plan directeur cyclable.

Le deuxième enjeu touche à la sécurité et au sentiment de sécurité. L’Office recommande de poursuivre les efforts de sécurisation des déplacements, de mieux tenir compte des besoins des différents groupes de population, d’accélérer la mise en œuvre des mesures d’accessibilité universelle et d’adopter un plan d’action Vision Zéro visant à réduire les accidents graves.

Enfin, le troisième enjeu concerne la communication et la participation citoyenne. Selon l’OPPL, la transition vers une mobilité durable ne pourra réussir sans une information claire, des campagnes de sensibilisation soutenues et l’implication des citoyens dans les projets qui transformeront leur milieu de vie.

L’Office conclut que Longueuil est engagée dans la bonne direction et peut compter sur une population prête à évoluer vers des modes de déplacement plus durables. Pour réussir cette transition, les solutions proposées devront toutefois être efficaces, sécuritaires, accessibles et adaptées aux réalités de la vie quotidienne.