Le Dooly’s de Longueuil devra fermer ses portes pendant sept jours et verser une sanction administrative de 13 000 $ à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), à la suite d’une série d’incidents liés à des actes de violence, à la surconsommation d’alcool, à la présence d’armes et à la possession de stupéfiants.
Dans une décision rendue à la suite d’une audience tenue le 11 juin dernier, le Tribunal de la RACJ a entériné une entente conclue entre la Régie et l’entreprise qui exploite l’établissement du chemin de Chambly. Celle-ci a reconnu la véracité de l’ensemble des faits reprochés.
Les événements retenus par la Régie s’échelonnent de juin 2022 à avril 2025 et font état de nombreuses interventions policières au bar de Longueuil.
Parmi les incidents les plus sérieux, une altercation survenue le 4 juin 2022 entre trois clients, liée à l’utilisation d’un appareil de loterie vidéo, avait fait perdre connaissance temporairement à l’une des personnes impliquées.
Les mois suivants ont été ponctués de plusieurs interventions pour des clients fortement intoxiqués ou agressifs, des bagarres et des personnes refusant de quitter les lieux. Le 4 septembre 2022, les policiers avaient notamment été appelés pour une bagarre impliquant une trentaine de personnes.
Le 24 septembre de la même année, un client fortement intoxiqué, qui aurait consommé de l’alcool et de la cocaïne, avait dû être transporté à l’hôpital. D’autres interventions ont concerné des clients semi-conscients ou retrouvés au sol en raison de leur niveau d’intoxication.
Les incidents se sont poursuivis en 2023 et en 2024. Le 27 août 2023, une cliente intoxiquée et agressive avait cassé des verres avant d’attaquer et de blesser une serveuse et un agent de sécurité avec des morceaux de verre.
Le 1er décembre 2023, un client a été arrêté pour possession de stupéfiants. Deux sachets contenant des roches de « crack » ainsi qu’un couteau de type exacto avaient été retrouvés sur lui.
Un autre incident important est survenu le 1er juin 2024. Une bagarre impliquant plusieurs clients avait fait un blessé grave, qui saignait abondamment à la tête et se trouvait dans un état semi-conscient. Les policiers avaient dû utiliser une arme à impulsion électrique pour maîtriser un suspect, sur qui deux couteaux rétractables avaient ensuite été trouvés.
Le 11 mai 2024, une bagarre impliquant une vingtaine de personnes avait également nécessité l’intervention policière. Le même soir, un client avait été arrêté avec 17 comprimés de méthamphétamine et un sachet contenant un gramme de cocaïne.
D’autres bagarres ont été signalées en septembre 2024 ainsi qu’en mars et avril 2025. Lors de cette dernière période, un couteau aurait notamment été sorti au cours d’une altercation entre plusieurs clients.
Des mesures supplémentaires exigées
Dans le cadre de l’entente, l’exploitant s’est engagé à renforcer les mesures de sécurité dans l’établissement et à ses abords. Le Dooly’s de Longueuil devra notamment maintenir une présence suffisante de personnel affecté à la supervision ou à la sécurité en fonction de l’achalandage, intervenir rapidement auprès des clients agressifs et s’assurer que ses agents de sécurité respectent les exigences de la Loi sur la sécurité privée.
Les portiers devront être clairement identifiables et les agents de sécurité munis d’un système de communication. Des vérifications ponctuelles du stationnement et des environs devront également être effectuées lors des périodes d’achalandage afin de prévenir les attroupements et les incivilités.
L’établissement devra par ailleurs maintenir un système de caméras fonctionnel à l’intérieur et aux sorties. Les enregistrements devront être conservés pendant au moins 14 jours afin de permettre, au besoin, leur consultation par le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).
L’exploitant devra aussi revoir ses pratiques concernant la consommation d’alcool. Les employés responsables du service de boissons alcoolisées devront notamment suivre le cours Action Service, offert par l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, dans les 90 jours suivant la décision ou leur entrée en fonction.
Le Tribunal souligne qu’un représentant du SPAL s’est dit satisfait des engagements pris par l’établissement, estimant qu’ils constituaient «un pas dans la bonne direction» pour régler les problèmes observés.
En plus de la sanction de 13 000 $, payable dans un délai de 180 jours, le permis de bar et la licence d’exploitant de site d’appareils de loterie vidéo seront suspendus pendant sept jours. Durant cette période, les boissons alcooliques présentes sur les lieux devront être mises sous scellés.
La RACJ avertit finalement l’exploitant que de nouveaux manquements similaires pourraient entraîner des sanctions plus sévères.

