Inspirés par le concept des ruelles vertes entretenues par les citoyens, des résidents de la rue Parent, dans l’arr. de Greenfield Park à Longueuil, ont décidé il y a trois ans de donner une seconde vie à un petit terrain municipal oublié au bout d’un cul-de-sac. Quelques pots de fleurs, des plantes potagères et beaucoup de bonne volonté plus tard, l’endroit s’est transformé en véritable salon extérieur de quartier. Cette année toutefois, une plainte anonyme a bien failli faire faner le projet.

Pendant vingt ans, Denise Lamothe n’avait jamais échangé avec certains de ses voisins. Aujourd’hui, grâce à ce coin de verdure improvisé, les résidents s’y retrouvent presque quotidiennement, souvent vers 16 h, café, thé ou bouteille d’eau à la main. Cet été, quelques chaises Adirondack sont même venues compléter le décor. «On s’occupe même de tondre le gazon», de souligner fièrement Mme Lamothe au Courrier du Sud en matinée mardi dernier.

La quiétude du lieu a toutefois été ébranlée il y a quelques jours lorsqu’un employé municipal venu couper le gazon a laissé entendre que la Ville s’opposait à l’aménagement et que tout pourrait finir au dépotoir. Une perspective qui a rapidement fait grimacer les voisins. «Je ne comprends pas. Ça ne fait de mal à personne. Même notre conseiller municipal, Sylvain Joly, est venu prendre des photos pour nous appuyer», raconte Mme Lamothe.

Voisins Greenfield Park
Des chaises Adirondacks permettent aux voisins d’échanger entre eux dans leur petit salon extérieur. (Photo : gracieuseté)

Une pétition signée par une vingtaine de résidents a aussitôt été transmise à la Ville.

Le conseiller Joly a été contacté par Le Courrier du Sud afin d’en savoir plus.

Avant même que M. Joly ne réponde, l’histoire s’est bien terminée. En fin de journée, Mme Lamothe a reçu la confirmation que les voisins pouvaient continuer à profiter de leur petit coin de paradis urbain, à condition d’en assurer l’entretien. «Je ne sais pas si vos démarches y sont pour quelque chose, mais le dossier est réglé», a-t-elle lancé avec soulagement au Courrier du Sud.

Bref, les fleurs restent en place, les chaises Adirondack aussi, et les voisins de la rue Parent pourront continuer à cultiver bien plus que des tomates : un esprit de communauté qui, manifestement, a trouvé un terrain fertile.