Le 24 mars 1911 marque la fondation officielle de la ville de Greenfield Park, aujourd’hui un arrondissement de Longueuil. Annexée à cette dernière le 1er janvier 2002 lors des fusions municipales, elle demeure le seul arrondissement longueuillois à bénéficier officiellement d’un statut bilingue, français et anglais.

À l’origine, le territoire est occupé par quelques fermiers francophones. À partir de 1907, l’arrivée d’immigrants britanniques transforme progressivement le paysage. Ceux-ci s’établissent sur des terres loties le long des rues Murray et Empire, entre le chemin Saint-Charles et la rue Regent. En l’espace de trois ans, l’agglomération connaît un développement rapide, menant à l’octroi d’une charte municipale le 24 mars 1911. Le nom « Greenfield Park » évoque d’ailleurs la verdure abondante de ses prairies et de ses boisés.

Plan Greenfield Park 1954
Plan du premier règlement de zonage numéro 170 en 1954. (Photo: Ville de Longueuil. Archives, Fonds de la Ville de Greenfield Park)

Un comité de quinze fondateurs est formé en 1911 afin d’obtenir cette charte. Pour souligner l’événement, ils se réunissent sur le balcon de la résidence du premier maire, William Murray. Majoritairement d’origine anglaise, le groupe ne compte qu’un seul membre au nom francophone : M. Charbonneau.

William Murray

Le personnage le plus marquant de la jeune municipalité fut sans contredit son premier maire, William Murray, en fonction de 1911 à 1915. D’origine irlandaise, marié à une francophone, bilingue et catholique, il incarnait déjà une certaine rencontre des cultures qui allait marquer l’identité de la ville.

Agent immobilier de profession, Murray avait tout intérêt à voir naître une nouvelle municipalité bien structurée. Le développement adéquat des rues et des services municipaux constituait un levier essentiel pour stimuler ses ventes. Sa clientèle, principalement issue de la classe ouvrière et habituée à la vie urbaine, recherchait justement ce type d’aménagement. Constatant rapidement l’impossibilité de collaborer efficacement avec l’administration de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil, il choisit de promouvoir la création d’une entité municipale distincte.

Cependant, la fondation de la nouvelle ville ne fit pas l’unanimité. Dès ses débuts, le projet suscita une vive opposition, notamment parmi des propriétaires de l’ancienne ville de LeMoyne, plus précisément de la paroisse de Saint-Maxime. Certains anglophones estimaient par ailleurs que la population devait croître davantage avant d’envisager la création d’une nouvelle municipalité, afin d’éviter d’imposer un fardeau fiscal trop lourd aux nouveaux propriétaires.

Modernisation et services municipaux

Animée par une approche centrée sur le bien-être des citoyens, l’administration municipale met rapidement en place des services essentiels et des infrastructures modernes. Avec l’établissement d’une ligne de tramway, Greenfield Park s’associe à ses voisines — Saint-Lambert, Montréal-Sud et Longueuil — pour construire un système d’égout commun. L’électrification et l’éclairage public suivent, tandis que des puits artésiens assurent l’approvisionnement en eau potable.

Une vie communautaire dynamique

Les loisirs occupent une place centrale dans la vie locale. Afin de renforcer le sentiment d’appartenance, de nombreux regroupements sportifs, sociaux et caritatifs voient le jour. Des bénévoles encadrent la jeunesse dans des activités variées telles que le baseball, le hockey, le patinage artistique, la danse, le football et le soccer, en plus du scoutisme.

Expansion d’après-guerre et institutions majeures

La crise économique puis la période suivant la Seconde Guerre mondiale stimulent le développement résidentiel, notamment grâce aux programmes favorisant l’accès à la propriété. À la fin des années 1950, les premiers centres commerciaux s’implantent le long du boulevard Taschereau. La municipalité aménage également des parcs, une bibliothèque et un aréna public.

Boulevard Taschereau
Ouvert en 1930, le boulevard Taschereau connaît un essor marqué à Greenfield Park dans les années 1950 avec l’arrivée de ses premiers centres commerciaux. Il s’impose alors comme l’un des principaux pôles commerciaux de la Rive-Sud, attirant une clientèle locale et régionale. (Photo: Ville de Longueuil. Archives, Fonds de la Ville de Greenfield Park)

En 1966, l’ouverture de l’Hôpital Charles-Le Moyne, premier grand centre hospitalier de la Rive-Sud, vient consolider l’importance régionale de Greenfield Park.