Avec un investissement de 672 M$, Québec donne le feu vert au projet d’agrandissement et de modernisation de l’hôpital Charles-Le Moyne à Longueuil. Le chantier débutera dès cet automne et s’échelonnera jusqu’en 2032.

L’agrandissement inclut la construction de six étages au-dessus de l’urgence, de même qu’une passerelle pour relier le nouveau pavillon au reste de l’hôpital.

Le centre hospitalier sera doté d’un nouveau bloc opératoire de 15 salles, d’une nouvelle clinique et pharmacie, et d’une nouvelle section pour les soins intensifs.

Dans deux ans, l’hôpital sera équipé d’un appareil de tomographie à émission de positons (TEP scan), utilisé notamment en cancérologie pour détecter les tumeurs cancéreuses.

C’est «un scan très moderne qui va nous permettre de détecter plus rapidement, plus facilement les cancers, les maladies cardiaques, a expliqué la première ministre Christine Fréchette en conférence de presse le 15 juillet. Ça va changer vraiment la vie pour des milliers de personnes parce qu’actuellement, une personne sur la Rive-Sud qui lutte contre un cancer, par exemple, […] doit se déplacer vers l’île de Montréal pour se faire traiter.»

« Enfin »

La première ministre a évoqué la croissance démographique de même que le vieillissement de la population pour illustrer la pertinence de ce projet «attendu de longue date par le milieu de la santé, par les gens de la Rive-Sud».

La présidente et cheffe de la direction de Santé Québec, Geneviève Biron, a aussi fait part des besoins de cet hôpital qui a ouvert ses portes en 1964. «On doit composer avec des espaces qui sont devenus insuffisants et des trajectoires cliniques qui doivent être adaptées aux besoins actuels et futurs de l’hôpital.»

«Grâce au futur pavillon de soins critiques, l’hôpital pourra accroître sa capacité chirurgicale avec six salles additionnelles et porter sa capacité à 30 lits pour les soins critiques, mieux prendre en charge les situations les plus complexes et améliorer les parcours de 1000 patients à chaque année», a-t-elle ajouté.

Geneviève Biron (Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

«Madame la première ministre a volé mon mot, «enfin»!, a quant à elle lancé la députée de Marie-Victorin Shirley Dorismond, qui a fait de ce projet l’une de ses priorités lors de son arrivée en politique.

Mme Dorismond s’est particulièrement réjouie de la mise en place du TEP scan, alors qu’elle-même a accompagné un membre de la famille en oncologie. «On était obligé d’aller se faire référer ailleurs, surtout au CHUM, qui est un corridor de services. Le TEP scan, c’est sûr que ça va changer des vies.»

Shirley Dorismond (Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

« Capharnaüm »

L’imposant chantier qui prendra place jusqu’en 2032 entraînera forcément des «désagréments», admet le président-directeur général de Santé Québec de la Montérégie-Centre, Richard Deschamps.

Richard Deschamps (Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

«Ça va être un énorme capharnaüm, a-t-il exprimé «à la blague». Il va y avoir toute une planification logistique, on va essayer de limiter au maximum les effets un peu désagréables dans la construction, mais il va y avoir de la machinerie.»

L’une des premières étapes sera de mettre en place une unité modulaire transitoire, où sera notamment aménagée l’urgence, afin d’assurer une continuité des services.

«Il y aura d’autres initiatives, surtout pour les prochaines années, a-t-il poursuivi. Au fur et à mesure que le projet va se déployer, on va ajuster, faire en sorte qu’autant l’expérience employé que l’expérience patient soit le plus agréable et positif possible.»

Pas moins de 200 travailleurs seront embauchés pour la construction.

Dans les temps

Dans les cartons depuis 2017, le projet d’agrandissement était entré en phase de planification en 2021. Malgré ces années passées, Christine Fréchette assure être «relativement sur le calendrier qui était initialement imaginé».

«Ce sont des projets très complexes, pour lesquels il faut notamment travailler énormément les plans fonctionnels et techniques, la planification. C’est énormément de détails, de précisions, de conceptions, de planification».

En 2021, le projet était estimé à 400 M$. Selon la première ministre, l’inflation et la hausse des coûts du milieu de la construction expliquent cet écart avec le montant de 672 M$ aujourd’hui annoncé.

(Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

En mode annonces

Ce projet d’agrandissement était déjà intégré au plus récent budget du Québec et figure sur le site web du Conseil du trésor comme un projet «en réalisation». Il a aussi été confirmé lors de la venue du premier ministre du Canada Mark Carney à Longueuil, le 2 juin. Mme Fréchette et M. Carney ont visité le centre hospitalier. 

Les 672 M$ incluent d’ailleurs 28,2 M$ issus du programme Fonds pour bâtir des collectivités fortes, dans le cadre de l’entente avec le fédéral.

Questionnée sur la nature de l’annonce de ce 15 juillet, la première ministre a répondu qu’elle permet de «préciser l’ampleur des montants et ce à quoi ça va consister quant aux principaux changements».

Depuis quelques semaines, Mme Fréchette multiplie les annonces et investissements un peu partout au Québec. Seulement sur la Rive-Sud, elle a confirmé la semaine dernière le déploiement d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale à Longueuil, puis a annoncé la création d’un bureau de projet pour la modernisation de la route 132 dans le secteur de Saint-Constant.

«On enfile les annonces parce qu’on veut répondre aux préoccupations des Québécois. On veut le faire à bon rythme, a-t-elle justifié. Souvent, ces besoins-là sont urgents. Donc, on est au rendez-vous.»