Le pickleball connaît une popularité fulgurante partout en Amérique du Nord — et la Rive-Sud ne fait pas exception. À Brossard, un tout nouveau centre dédié à ce sport en pleine expansion ouvrira bientôt ses portes : L’Esprit sportif. À sa tête, on retrouve la joueuse professionnelle Anne-Sophie Courteau, qui entend faire de ce lieu à la fois un espace social animé et un centre de développement pour les joueurs de haut niveau.

Et malgré ce nouveau rôle de directrice, la compétitrice n’a pas l’intention de mettre sa carrière sur pause.

Avant de se faire un nom dans le pickleball, Anne-Sophie Courteau évoluait dans l’univers du tennis. Après avoir obtenu un classement professionnel et disputé des tournois aux États-Unis, sa carrière a toutefois été freinée par une blessure persistante au poignet.

La nomination d’Anne-Sophie Courteau comme directrice a été annoncée alors que L’Esprit sportif était encore en construction.

« Je m’étais déchiré des ligaments dans le poignet et j’étais rendue à prendre de la cortisone pour jouer », raconte-t-elle.

Après ses études universitaires, elle s’éloigne du circuit et occupe un poste dans le monde corporatif. Mais le sport finit par la rattraper. C’est en jouant au tennis avec Catherine Parenteau, aujourd’hui l’une des meilleures joueuses de pickleball au monde, qu’elle découvre ce sport encore relativement méconnu au Québec.

« Je suis allée essayer… et trois semaines après mon premier cours, je jouais déjà mon premier tournoi », dit-elle en riant.

Le coup de foudre est immédiat. Contrairement au tennis, le pickleball est beaucoup moins exigeant pour son poignet blessé. La balle perforée est plus légère et génère moins d’impact lors des frappes.

« C’est comme si ça me donnait une deuxième chance de compétitionner à mon plein potentiel, sans blessure. »

Aujourd’hui, Anne-Sophie Courteau poursuit sa progression sur le circuit professionnel. L’an dernier, elle a atteint le 62e rang du classement PPA, et cette année, elle ambitionne d’entrer dans le top 30.

Un centre de pickleball nouvelle génération

L’Esprit sportif compte 12 terrains, un gym et un restaurant complet. Les propriétaires, issus du milieu de la restauration, ont d’ailleurs voulu pousser le concept plus loin qu’un simple comptoir de collations.

« On a une chef qui a participé à Canada’s Top Chef qui a créé le menu. Tout est fait sur place », explique la directrice.

Le centre intègre aussi une technologie encore rare au Canada : le système AI Wingfield, qui analyse les matchs en temps réel. Les caméras enregistrent les parties, compilent les statistiques, comptabilisent le score et peuvent même aider les joueurs à évaluer leur niveau.

« Je pense qu’on est le premier centre au Canada à avoir cette technologie », affirme-t-elle.

Si L’Esprit sportif souhaite d’abord accueillir les amateurs, Anne-Sophie Courteau voit aussi plus loin. La directrice, qui travaille de concert avec Tennis Canada pour former de nouveaux entraîneurs de pickleball, aimerait que le centre devienne progressivement un lieu de rassemblement pour les meilleurs joueurs et un pôle de développement pour les athlètes.

« Il n’y a pas encore beaucoup de centres où on développe vraiment les joueurs de haut niveau. C’est quelque chose que j’aimerais créer ici. »

Un engouement déjà bien réel

Avant même son ouverture officielle, prévue le 16 mars, le centre suscite déjà un fort engouement. Les 350 abonnements fondateurs ont été vendus rapidement, et plus de 550 membres sont déjà inscrits.

Le premier tournoi organisé sur place affiche lui aussi complet avec 270 joueurs, bien au-delà du nombre initialement prévu. L’équipe prévoit déjà répéter l’expérience avec une série de compétitions baptisée ES Open, qui pourrait revenir plusieurs fois par année.