La députée indépendante de Laporte, Isabelle Poulet, a déposé le 6 mai à l’Assemblée nationale un projet de loi sur les approches complémentaires et intégratives en santé. Elle souhaite que l’approche en santé du gouvernement inclue davantage de mesures de prévention et encadre mieux les soins complémentaires aux traitements médicaux reconnus.
Certaines approches alternatives — qu’il s’agisse d’acupuncture, de naturopathie ou d’autres pratiques — pourraient, selon la députée, jouer un rôle complémentaire valide, lorsque les données scientifiques le justifient.
«La santé est ce que chaque être humain a de plus précieux et c’est une erreur d’agir sur cette dernière seulement quand la maladie frappe», a-t-elle affirmé lors du dépôt.
Concrètement, le projet de loi prévoit trois mesures. La première est la création d’un nouveau comité dédié aux approches complémentaires au sein de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS).
Ce Comité proposerait des priorités annuelles d’accomplissement de la mission de l’Institut, identifierait les lacunes de connaissances pouvant justifier des activités de recherche, et coordonnerait les avis, les recommandations et les guides de l’Institut.
Le projet de loi propose ainsi que ce comité évalue l’efficacité, l’innocuité et le niveau de preuve de ces pratiques, puis formule des recommandations à l’intention des professionnels de santé et des décideurs.
L’INESSS travaillerait en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec.
La deuxième mesure constitue en l’élargissement de la mission du Fonds de recherche du Québec, afin de couvrir explicitement ce secteur. Il s’agit de combler les lacunes de connaissances actuelles grâce à une recherche indépendante.
Enfin, le projet de loi ouvre la porte à un remboursement partiel de certains services complémentaires par le régime public d’assurance maladie, sous conditions et sur recommandation d’experts.
La députée Poulet insiste que ces approches ne doivent jamais retarder, interrompre ou remplacer des soins reconnus lorsqu’un préjudice est possible.
Docteur en neurosciences, Joël Monzée a contribué à la rédaction du projet de loi, grâce auquel, estime-t-il, «nous allons avoir des moyens concrets pour optimiser les facteurs de protection de la santé physique et mentale, plutôt que d’attendre que la condition de santé des patients soit trop précarisée avant d’intervenir».
Isabelle Poulet espère que le projet de loi sera adopté avant la fin de la présente législature. Si tel est le cas, le Québec deviendrait l’une des premières provinces à encadrer aussi formellement les médecines complémentaires au sein de son système de santé.
«Aujourd’hui, nous assistons à un moment charnière pour la santé au Québec, avance Éric Simard, président de l’Association professionnelle pour la santé intégrative. Un moment où l’on reconnaît enfin que la santé ne se résume pas uniquement au traitement de la maladie, mais qu’elle repose aussi sur la prévention, sur les habitudes de vie, sur les déterminants biologiques, comportementaux, sociaux et environnementaux.»


La phrase importante est la dernière phrase qui met en avant la prévention, la science et l’environnement.
« La santé ne se résume pas uniquement au traitement de la maladie, mais repose aussi sur la prévention […] et sur les déterminants biologiques, comportementaux, sociaux et environnementaux. »
Formidable discours. Dommage qu’il s’arrête aux portes de l’aéroport de Saint Hubert. Parce que sur les conséquences sanitaires du trafic aérien – pollution sonore, particules ultrafines, émissions de plomb – il existe déjà des centaines d’études scientifiques documentées depuis des années.
Un projet polluant, soutenu ostensiblement par Mme Poulet. Quand les intérêts économiques décollent, la prévention, elle, reste clouée au sol, et les beaux discours avec.
L’intention est bonne mais l’enfer en est pavé….Solidifions ce qui chambranle avant d’ajouter des étages à cette structure qu’est notre système de la santé !