Le phénomène de surcharge dans les autobus d’exo n’est pas nouveau. Il est cependant amplifié d’année en année et devient, avec le cadre financier actuel, difficile à attaquer. Marc Rousseau, directeur général d’exo, a discuté avec Gravité INFO du problème.
Sur la couronne sud, exo a recensé 182 occurrences de personnes ayant dû être laissées sur le trottoir, faute de places à l’intérieur de l’autobus. Et ce, uniquement entre le 24 août et le 18 septembre sur trois lignes.
Celles-ci sont la ligne 200, qui relie le terminus Longueuil au terminus Saint-Hyacinthe, la ligne 30, qui relie le terminus Sainte-Julie au cégep de Saint-Hyacinthe, ainsi que la 493, qui fait le trajet entre le terminus Vaudreuil et le cégep John-Abbott.
Le phénomène a aussi été observé dans les dernières années sur la ligne 1 vers le cégep de Valleyfield.
«Ce que ça reflète en réalité, c’est que l’offre de services qu’on a actuellement ne répond clairement plus aux besoins des citoyens», soutient M. Rousseau.
Si les surcharges sont remarquées sur certaines lignes pendant une bonne partie de l’année, la rentrée est le moment où elles sont plus nombreuses.
«Chaque rentrée, ça dure à peu près six à sept semaines et ça correspond aussi à ce qu’on voit sur le réseau routier. On dirait qu’à un certain moment, les gens vont repositionner leur départ de la maison pour éviter la congestion. C’est la même chose pour le réseau d’autobus, les gens vont tenter d’éviter certaines heures ou retarder leur départ», souligne M. Rousseau.
«C’est dommage, parce que plusieurs de ces usagers sont des étudiants. C’est notre clientèle du futur, la solution de demain contre la congestion routière. Et ça n’aide pas à fidéliser cette clientèle.»
– Marc Rousseau, directeur général d’exo
Quoi faire?
L’opérateur de transport en commun est ainsi bien au fait de cette réalité, mais dispose de peu de leviers à l’heure actuelle pour pallier le problème.
Dans un contexte financier restreignant, il est difficile pour exo par exemple de rajouter des doubleurs, soit un autobus additionnel qui permettrait de combler les besoins lors des heures critiques d’achalandage.
«Le seul moyen de régler cette situation-là, c’est vraiment de rajouter des bus et rajouter des bus, ça coûte extrêmement cher. À partir du moment où on n’a pas de financement additionnel, on va tenter de grappiller des heures de service à gauche et à droite. On déshabille un peu de lignes pour aller vers des lignes un peu plus achalandées, puis rajouter des départs, du temps pour que les lignes soient un peu plus ponctuelles ou peut-être quelques doubleurs», note M. Rousseau.

Achalandage
Si le problème des surcharges est amplifié chaque année, c’est que l’achalandage sur le réseau d’autobus l’est aussi : il a augmenté de 6% à 7% cette année, autant sur la couronne nord que la couronne sud.
M. Rousseau explique notamment cette augmentation par la croissance démographique de ces régions ainsi que les politiques de retour au travail en personne.
L’achalandage n’augmente d’ailleurs pas que sur le réseau d’autobus. Les trains de banlieue d’exo vivent un regain encore plus fort, jusqu’à 20% par rapport à l’année dernière. S’il n’est pas encore question de surcharges, l’achalandage en hausse est remarqué sur le réseau.
«On a certains départs sur certaines lignes à pleine capacité», souligne M. Rousseau.
«Une limite à ce qu’on peut faire»
Le directeur général assure par ailleurs que les équipes d’exo ont travaillé très fort en vue de la rentrée afin d’analyser les lignes et les départs, et ont ajusté quelques trajets d’autobus pour réduire les surcharges potentielles.
«Cette année, c’est vraiment difficile pour nos équipes. On se réinvente chaque année, mais à un moment donné, il y a une limite à ce qu’on peut faire», soutient-il.
En période électorale, M. Rousseau aimerait que le discours porte un peu plus sur le financement de l’offre de service.
«Je n’ai pas entendu grand-chose à ce jour sur ce plan. […] On parle encore de couper des rubans, on ne parle pas de maintenir l’offre actuelle. Dans notre cas, si on n’a pas de financement additionnel des bailleurs de fonds, non seulement on ne pourra pas bonifier l’offre de services, on ne pourra même pas la maintenir», décrie-t-il, assurant en outre que l’organisation a déjà fait ses devoirs de réduction de ses dépenses.
«On n’est pas mal rendu à la limite de ce qu’on peut faire sans venir toucher à l’offre de service», conclut-il.
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