Alors que la résidence patrimoniale du 15, rue Charlotte demeure inoccupée, le terrain qu’elle occupe ainsi qu’un lot voisin, tous deux appartenant à AltaViva inc., sont actuellement offerts sur le marché pour près de 2 M$. Ensemble, les deux propriétés totalisent près de 26 700 pieds carrés.

Selon les documents remis aux acheteurs potentiels, le propriétaire a déjà entrepris des démarches préliminaires auprès de la Ville de Longueuil en vue d’un projet résidentiel pouvant compter de 25 à 30 logements.

Les documents de vente précisent par ailleurs que les plans, études techniques, raccordements aux réseaux municipaux et autres démarches requises pour un éventuel redéveloppement restent à définir avec la Ville et seraient entièrement assumés par l’acheteur.

15, rue Charlotte
Les deux terrains à vendre appartenant à Altavista ont une superficie combinée de 26 700 pi. ca. (Photo: Le Courrier du Sud – Denis Germain)

La concrétisation d’un tel développement reste toutefois incertaine. Situé à l’intérieur du site patrimonial du Vieux-Longueuil, le terrain est assujetti à des exigences particulières en matière d’intégration architecturale et urbaine.

Un projet de cette envergure pourrait notamment nécessiter une modification réglementaire ou le dépôt d’une demande de Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI).

Secteur patrimonial

Interrogé sur le dossier, le cabinet de la mairesse de Longueuil rappelle que le 15, rue Charlotte fait partie du patrimoine bâti du Vieux-Longueuil, un secteur où une attention particulière est accordée à l’intégration des nouvelles constructions.

«Nous sommes en démarche auprès du propriétaire, notamment grâce aux nouveaux outils prévus dans notre règlement sur l’entretien des bâtiments, afin d’assurer la pérennité de l’immeuble», indique-t-on.

Le cabinet précise qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur une éventuelle augmentation de la densité, puisqu’aucun projet formel n’a été déposé. Le zonage actuellement en vigueur autorise uniquement les habitations unifamiliales et bifamiliales sur ce site.

«Toute demande de modification devrait être analysée par le comité consultatif d’urbanisme, le conseil local du patrimoine, le comité d’étude des demandes de démolition et, ultimement, le conseil d’arrondissement. Notre priorité demeure la protection de ce patrimoine et la prévention de toute dégradation», souligne le cabinet.

Pour l’heure, AltaViva n’a pas fait connaître ses intentions pour l’avenir du site. Le Courrier du Sud a tenté de joindre l’entreprise, mais n’avait pas obtenu de réponse au moment de publier.

Registre des bâtiments vacants

Dès 2027, la Ville prévoit instaurer un registre officiel des bâtiments vacants. Les propriétaires devront enregistrer annuellement leurs immeubles, tenir un journal d’entretien et conserver un registre des interventions effectuées, documents qui pourront être exigés par les inspecteurs municipaux.

Cette mesure vise notamment à éviter que des propriétés stratégiquement situées se détériorent pendant de longues périodes en attendant leur redéveloppement.