Au lendemain de l’annonce de l’expropriation des sept immeubles qui composent les maisons de chambre Chez Lise, la mairesse de Longueuil Catherine Fournier a fait le point sur la situation.

D’emblée, Mme Fournier a parlé d’une situation exceptionnelle qui exigeait une mesure exceptionnelle.

La mairesse affirme que l’expropriation des sept immeubles de Chez Lise vise à protéger une ressource essentielle qui offre un toit à plus de 126 personnes vulnérables et constitue, selon elle, «le dernier rempart avant l’itinérance».

La Ville avait déjà adopté un avis de préemption en avril 2025, alors qu’une vente des immeubles était envisagée. La situation s’étant détériorée au cours des derniers mois, notamment en raison d’un conflit entre les deux copropriétaires, d’une baisse du niveau de soins et de l’état des bâtiments, Longueuil a décidé d’utiliser le levier exceptionnel de l’expropriation, précise la mairesse.

«Évidemment, notre objectif, très rapidement, c’est de convenir d’un plan de match pour une occupation et une gestion durable des immeubles avec nos partenaires, notamment les partenaires communautaires qui collaborent grandement avec nous depuis l’avis d’expropriation hier soir», ajoute Mme Fournier.

«Les employés et les locataires de Chez Lise ont été rencontrés ce matin. «Il y a une tournée qui est effectuée présentement avec des travailleurs sociaux, nos policiers RÉSO aussi qui sont présents sur le terrain, des gens également du développement social.»

Catherine Fournier rappelle que Chez Lise est une ressource privée dont la mission n’est pas protégée par une entente avec le gouvernement, puisqu’elle n’est pas reconnue par le réseau institutionnel de la santé et des services sociaux. La Ville veut donc éviter qu’une éventuelle vente des immeubles à un propriétaire privé entraîne la disparition de cette ressource essentielle.

La mairesse assure par ailleurs que les locataires ne seront pas évacués et pourront demeurer dans leur chambre. Longueuil souhaite maintenant élaborer rapidement, avec ses partenaires communautaires et les députés du territoire, un plan visant à assurer l’occupation et la gestion durables des immeubles. La Ville ne souhaite pas devenir elle-même gestionnaire de Chez Lise, mais veut préserver sa mission et éviter que ses résidents se retrouvent à la rue.

Interpellée par Le Courrier du Sud, l’une des deux propriétaires des immeubles visés a préféré ne pas commenter la situation dans le contexte actuel.