C’est par ce souhait que le Dr Fabrice Brunet a conclu sa présentation de la future Cité Universitaire de la Santé des Femmes (CUSDF) qui verra le jour au sein du Quartier Dix30 au cours des prochaines années.
PDG du Quartier de l’Innovation en santé de Montréal, un laboratoire vivant qui rassemble institutions, chercheurs et entreprises afin de développer des innovations en santé profitant à la population et à l’économie, le Dr Fabrice Brunet a présenté avec émotion la future Cité universitaire de la santé des femmes, un projet qu’il considère comme essentiel pour corriger des décennies de retard dans la recherche et les soins destinés aux femmes.
Il a évoqué sa mère, atteinte à l’âge de 38 ans, d’une maladie mal diagnostiquée faute de connaissances adaptées à la santé féminine, ainsi que sa propre expérience comme cardiologue, reconnaissant que la médecine n’a pas toujours été à la hauteur des besoins des femmes.
Il a expliqué que cette future cité reposera sur une approche globale de la santé, axée non seulement sur le traitement des maladies, mais surtout sur la prévention, le maintien de la santé et le bien-être physique, mental, social et culturel. Inspiré du modèle Cardio F développé au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, le projet réunira soins, recherche, enseignement et innovation dans un réseau international.
Selon lui, la Cité universitaire rassemblera partenaires publics, privés, universitaires et gouvernementaux dans un écosystème inclusif accessible à toutes les femmes, peu importe leur origine ou leur situation financière. Une fondation doit aussi être créée pour soutenir celles qui n’auraient pas les moyens d’accéder aux services.
Le choix de Brossard a été présenté comme stratégique, avec un environnement pensé pour accueillir des femmes du monde entier dans un cadre chaleureux et familial favorisant aussi la socialisation et la qualité de vie.
Avec humour, le Dr Brunet a insisté sur l’importance de la prévention, de l’alimentation, de l’environnement, de la génétique et des habitudes de vie dans la santé des femmes. Il a annoncé que la première phase du projet servira à réunir les expertises existantes, avant d’élargir progressivement l’offre de services avec l’ambition de faire de Brossard une «capitale mondiale de la santé des femmes» d’ici cinq ans.
La mairesse Assaad comblée
Doreen Assaad, mairesse de Brossard, était visiblement très heureuse d’accueillir les personnalités présentes. Elle a salué notamment la présence de Sonia Bélanger, ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, et de Danièle Henkel, sénatrice indépendante du Canada et parraine du projet de loi S243 qui vise à créer un cadre national sur la santé des femmes dans le but d’améliorer l’accès aux soins, de stimuler la recherche, et de lutter contre les inégalités et les préjugés systémiques dans le domaine médical.
Approche évolutive
D’ici 12 à 18 mois, le projet prévoit mettre en place de nouveaux espaces et services répondant à des besoins actuellement non comblés, comme l’ostéopathie. Cette phase de développement se poursuivra entre la deuxième et la cinquième année. Par la suite, si la demande continue de croître, des projets de construction pourraient être envisagés.
Le projet misera sur une approche évolutive, en développant des services selon les besoins exprimés par la population. Ceux-ci seront recueillis et analysés grâce à des rencontres avec les citoyens et à une plateforme web lancée ce mardi pour permettre une analyse en temps réel.
Les responsables souhaitent ainsi adapter progressivement l’offre de services afin d’accompagner les femmes à toutes les étapes de leur vie, en mettant l’accent sur le maintien de la santé, la prévention des maladies, le diagnostic précoce, les traitements rapides et le retour à la santé.
Une invitation a été lancée aux différents intervenants clés des domaines de la santé et académiques qui visent à présenter une nouvelle approche intégrée réunissant soins, recherche et innovation dans un même écosystème afin d’améliorer de façon concrète la santé globale des femmes.
Stéfanie Tran, vice-présidente du Quartier de l’Innovation en Santé, est la porteuse du dossier.

