Depuis l’an dernier, un jardin pollinisateur a remplacé une partie de la conventionnelle pelouse sur la devanture du Collège Notre-Dame-de-Lourdes, à Longueuil. Ce projet est le fruit d’une collaboration impliquant des élèves de l’Académie de robotique Alpha Lab, des élèves de cours d’arts plastiques et le comité environnement de l’école.

L’élève de cinquième secondaire Léandre Guité a joué un grand rôle dans la création de ce projet. Lui connaissant des habiletés en modélisation 3D, le Comité des pouces verts l’a approché, l’an dernier, pour concevoir le jardin et imaginer comment occuper l’espace de la manière la plus judicieuse. «Au début, je n’y croyais pas trop, je ne savais pas à quel point c’était concret», reconnait l’élève.

Celui qui avait recréé le Collège en modélisation 3D vivait une première en concevant de A à Z un projet qui n’existait pas. «J’aime dessiner. Et j’aime les bâtiments, les côtés droits, les angles. Là, on avait un demi-cercle et j’ai dû travailler avec le côté organique», détaille-t-il.

Léandre a imaginé de petits sentiers qui convergent vers la statue trônant déjà au centre de l’espace, où un banc a été ajouté. Mis à part le drapeau qui était déjà là, tout est symétrique.

(Photo: gracieuseté)

S’il a joué en quelque sorte le rôle de chef d’équipe, étant chargé notamment des horaires du chantier, des équipes et du budget, il est loin d’avoir accompli ce projet seul.

«La seule plante que j’ai fait pousser, c’était en première année du primaire, puis elle est morte. Alors je suis impressionné que ça ait poussé!» lance-t-il.

Amélie Gingras, enseignante en arts plastiques et multimédia, robotique administration et entrepreneuriat. et Léandre Guité (Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

L’art s’invite

Les élèves ont fait des recherches sur les plantes indigènes du Québec, les vivaces qui ont à la fois des propriétés médicinales – car ça se voulait un jardin ancestral – mais aussi la propriété d’attirer les pollinisateurs», explique Amélie Gingras, enseignante en arts plastiques et multimédia, robotique administration et entrepreneuriat.

Menthe, origan, achillée millefeuille, grande aunée, etc. ; plus de 250 plantes y ont poussé depuis l’an dernier.

(Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

Déjà, des produits tirés du jardin, dont des sachets de thé conçus par des élèves, ont été vendus au marché de Noël servant à financer l’Académie.

Des élèves de 2e et 3e année ont conçu 54 mosaïques qui agrémentent les petits sentiers. Ces œuvres ont été conçues avec des matériaux recyclés.

Des élèves de 4e et 5e secondaire ont quant à eux créé 17 petites statues conçues avec des cavités qui recueillent l’eau de pluie, afin d’attirer les insectes pollinisateurs. En tout, 137 élèves du cours d’arts plastiques ont contribué à embellir le jardin.

Dans ce projet, Mme Gingras a joué le rôle de mentor auprès des élèves et les a encadrés dans cette initiative étudiante.

(Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie)

L’enseignante se réjouit de ce lieu que les élèves se sont approprié. «Ça crée un bel espace où ils peuvent venir circuler pendant la pause. C’est un environnement calme et pédagogique, ils ont beaucoup appris sur les plantes. Et ça leur permet de voir les créations des élèves, comme une exposition permanente», relève-t-elle.

Un jardin en trois jours

Il s’est échelonné un peu mois de deux mois entre les balbutiements du projet puis le résultat final, mais le chantier à proprement parler du jardin s’est concentré sur trois petits jours de fin de semaine.

Un sprint qui a permis d’effectuer le détourbage, d’étendre les géotextiles, de répandre les roches, de planter les plantes et d’étendre le paillis.

(Photo: gracieuseté)
(Photo: gracieuseté)

Des cadets de l’air et des élèves du Programme d’études internationales, qui doivent compléter un certain nombre d’heures de bénévolat, ont mis la main à la pâte.

«Je me suis sali les mains une couple de fois», admet Léandre, malgré son rôle qui l’amenait davantage à déléguer.

Cette expérience lui aura confirmé sa passion et son choix de carrière. «J’ai appris un peu à être dans la peau d’un entrepreneur, c’est ce que j’aimerais faire.»

Amélie Gingras est heureuse d’avoir été témoin de cette implication de nombreux jeunes. «Je crois que c’est un projet marquant pour eux. C’est une fierté de voir qu’il laisse une trace permanente et que le jardin est utilisé.»

Le jardin pollinisateur ancestral du Collège Notre-Dame-de-Lourdes s’est distingué dans la catégorie Initiatives enseignantes au secondaire des Prix de l’Innovation en éducation présentés par la Fédération des établissements d’enseignement privés.