La Coalition pour le droit au logement de l’Agglomération de Longueuil (CDLAL) demande aux candidats aux élections provinciales de s’engager à faire du logement un droit fondamental et propose des mesures pour y parvenir.

Coordonnatrice de l’organisme, Soumeya Hida n’en revient tout simplement pas de l’état déplorable dans lequel plusieurs locataires sont contraints de vivre. Rats, souris, coquerelles, infiltrations d’eau, moisissures, plafonds qui s’effondrent, la liste n’en finit plus.

Mesures demandées

La Coalition affirme que les problèmes d’insalubrité observés dans plusieurs immeubles de Longueuil démontrent, selon elle, les limites du système actuel et réclame une intervention provinciale plus rigoureuse et uniforme.

Soumeya Hida, coordonnatrice de la Coalition pour le droit au logement de l’Agglomération de Longueuil (Photo : gracieuseté)

Soumeya Hida

Parmi les mesures demandées, l’adoption d’un code provincial de salubrité contraignant, établissant des normes minimales uniformes pour tous les logements locatifs du Québec, l’inscription du bâtiment au Registre foncier deviendrait obligatoire après un certain nombre de plaintes ou d’avis de détérioration, le renforcement de la protection des locataires contre les représailles, et l’octroi de ressources financières aux municipalités afin de permettre des inspections préventives dans les immeubles problématiques, plutôt que de reposer uniquement sur les plaintes des locataires.

Une situation qui s’aggrave

Depuis seulement deux mois, la CDLAL a ouvert une dizaine de dossiers concernant des locataires d’immeubles associés à un important acteur immobilier à Longueuil, sur la rue Périgny et le boulevard Des Ormeaux.

«Ces dossiers ne représentent que la pointe de l’iceberg, la Brigade d’intervention en insalubrité a comptabilisé une centaine de logements au total appartenant à ce propriétaire, et une grande majorité présentaient des problèmes d’insalubrité. Lors d’une opération de porte à porte de la Brigade, plusieurs autres locataires nous ont parlé de problèmes d’insalubrité, notamment de la présence de coquerelles. Malheureusement, plusieurs ont refusé d’ouvrir un dossier ou d’entreprendre des démarches par peur de représailles», raconte la coordonnatrice.

Logement insalubre
De vieilles fenêtres laissent entrer la pluie et l’humidité. (Photo : gracieuseté)

Dans un logement visité récemment, le plafond de la salle de bain s’était effondré dans la baignoire. L’ensemble du logement présentait des traces d’infiltrations d’eau et de moisissures, sans compter la présence de coquerelles et de rongeurs.

Logement insalubre

Le plafond de la salle de bain s’est effondré dans la baignoire. (Photo : gracieuseté)

«De jeunes enfants vivent dans ce logement, s’indigne Mme Hida. Malgré les nombreuses relances des locataires, le propriétaire n’agit pas. Dans d’autres dossiers, des locataires rapportent avoir été victimes d’intimidation et de menaces verbales. Certains dénoncent mêmes des actes de vandalisme sur leurs véhicules ou leurs biens.»

Un échappatoire

Mme Hida remarque que de plus en plus de propriétaires se cachent maintenant derrière des compagnies à numéros. «Ils ont découvert une échappatoire dans la loi qui fait en sorte qu’il est plus facile pour une compagnie que pour une personne légale de se défendre devant le Tribunal administratif du logement.»    

La coordonnatrice qualifie de «sangsues» les compagnies qui offrent une certaine somme d’argent à des locataires pour quitter leur appartement avant la fin de leur bail. «Sur le coup, pour des gens endettés, 5000$ ou 10 000$, cela peut paraître une grosse somme. Mais il n’en reste plus rien après six mois et ces personnes doivent se reloger pour beaucoup plus cher.»

«Il y a dix ans, Le Courrier du Sud publiait déjà un article alarmant sur la relocalisation de locataires à la suite d’un incendie, dans des logements tout aussi insalubres. Les mêmes problèmes, les mêmes noms, les mêmes familles vulnérables, avec de jeunes enfants, vivant dans des logements qui mettent en danger leur santé et leur sécurité. Ce n’est pas un accident. C’est un système qui tolère l’insalubrité», estime Mme Hida.