La mairesse de Mercier Lise Michaud a fait une sortie sur la baisse de la nappe phréatique à l’automne 2025. La table de concertation de l’OBV Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay (SCABRIC) sonne l’alarme à son tour. Elle demande la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement dédié aux pénuries d’eau pour apporter des solutions.

L’organisme aborde la surconsommation de l’eau depuis 11 ans dans son plan directeur de l’eau, un document exigé du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Le plan directeur de l’eau 2015-2024 soulignait des pénuries tangibles «à certains endroits», rappelle le président de l’OBV SCABRIC Daniel Pilon.  Dans le plan 2024-2034, «ç’a été clairement assumé que nous sommes en surconsommation de la ressource en eau», ajoute-t-il.

Croissances économique et démographique

Les pénuries d’eau sont attribuables à la croissance économique. M. Pilon réfère aux terrains de golf et entreprises maraîchères pour qui l’eau s’avère nécessaire dans leur secteur d’activité. La croissance démographique et les changements climatiques impactent également les pénuries en eau.

Les grands préleveurs d’eau ont le devoir de déclarer leur consommation au MELCCFP. Ces données permettent à Québec de les localiser et obtenir un portrait de la situation. Or, plusieurs utilisateurs ne font pas cet exercice, précise M. Pilon.

Plusieurs signataires endossent la demande pour la tenue d’un BAPE auprès de Québec. Ils y voient une occasion d’entendre les experts sur la question. «On regarde qu’est-ce qui se passe et ce qui peut être fait. [En ce moment], tout le monde a des solutions en silo. Personne ne met ça ensemble et dit ‟on va aller de l’avant”», exprime M. Pilon.

Vue sur la rivière Châteauguay à la hauteur du Domaine-de-la-Pêche-au-Saumon. (Photo : Le Soleil – Marie-Josée Bétournay)

L’OBV SCABRIC demande également à Québec d’accéder à des données précises et complètes à l’échelle provinciale. Les chiffres dressent un portrait de l’état de l’eau souterraine, mais font abstraction de l’eau de surface, à la suite de pluie. Des données exactes guideraient les villes au moment de donner des permis à des promoteurs de développements domiciliaires, indique Daniel Pilon.

Pour le président de l’OBV SCABRIC, il y a importance d’agir. «Il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard. Sinon, on va avoir à décider qui va se servir de l’eau. On ne veut pas arriver à faire des choix», soutient-il.

L’OBV SCABRIC est l’un des 40 organismes de bassin versant au Québec.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, la députée de Châteauguay Marie-Belle Gendron dit considérer «très important» l’enjeu relié à la disponibilité de l’eau. Son gouvernement explore «plusieurs avenues» dans les milieux agricole, industriel et résidentiel. «À la suite de la demande [de la table de concertation de l’OBV SCABRIC] et à mes représentations auprès du cabinet de la ministre, le ministère de l’Environnement (MELCCFP) évaluera si le BAPE ainsi que les recommandations qui en découleront, constitue effectivement le meilleur outil pour renforcer nos actions et répondre à cet enjeu aussi important qu’essentiel», souligne-t-elle.

Le journal a demandé à Québec s’il entendait donner suite à la demande de la Table de concertation de l’OBV SCABRIC. Le Soleil n’a pas eu de retour.