Les images sont impressionnantes. Sur des centaines de mètres, l’eau de la rivière Saint-Jacques à Brossard a été teintée de longues coulées de couleurs, s’apparentant à de l’essence. La substance aperçue le 17 août s’est toutefois rapidement dissipée, de sorte qu’Urgence-Environnement n’a rien détecté d’inhabituel lors de son intervention sur le terrain le 20 août. Aucun dommage à l’environnement n’a été relevé.
«Cela sentait l’huile ou l’essence alors que je marchais à 20 pieds de la rivière, relate le photographe de presse Martin Chamberland. J’ai remarqué de grandes taches d’huile à la surface de l’eau. Ensuite j’ai sorti mon drône et j’ai vu qu’il y avait cette substance sur environ 700 mètres de long.»
Il a signalé la situation au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
Le Ministère confirme avoir reçu un signalement le 20 août concernant la présence d’hydrocarbures à la surface de la rivière Saint-Jacques, dans le tronçon situé entre le boulevard Taschereau et la route 132. Urgence-Environnement s’est déplacé le jour même.

Toutefois, aucune trace d’hydrocarbure n’a été constatée. «Le Ministère n’a donc pas procédé à de l’échantillonnage et la mise en place de mesures de mitigation n’a pas été requise», relève Ghizlane Behdaoui, conseillère en communications et porte-parole régional au MELCCFP.
Le Ministère a néanmoins effectué des vérifications afin d’identifier la cause du déversement, mais aucune provenance n’a été jusqu’à maintenant confirmée.
«Le Ministère demeure en communication avec la Ville de Brossard pour le suivi de la situation et a émis des recommandations pour éviter la répétition de la problématique», précise-t-il.
Aucun dommage
La Ville de Brossard confirme également que les démarches n’ont pas permis d’identifier la substance avec certitude.
«Selon les observations et les échanges avec les équipes du Ministère, les caractéristiques du déversement pourraient être compatibles avec de l’essence, notamment en raison de sa dissipation rapide, avance Hugo Desgens, chef de division – Relations publiques et médias à la Ville. Il s’agit toutefois d’une hypothèse qui n’a pas été confirmée. Le Ministère a par ailleurs indiqué que les observations ne correspondaient pas à celles généralement associées au diesel, qui aurait tendance à persister plus longtemps et à s’accumuler davantage.»
Selon les observations, il s’agirait davantage d’un événement ponctuel que d’une fuite continue. Une vigie constante de la rivière a été maintenue et aucune nouvelle trace n’a été observée.
«Selon les équipes du Ministère, si une fuite persistante avait été en cause, les précipitations survenues dans les jours suivants auraient vraisemblablement pu entraîner l’apparition de nouvelles traces dans la rivière», précise M. Desgens.
Il affirme de plus qu’aucun dommage à la rivière ou à ses environs n’a été rapporté.
La surveillance de la rivière se poursuit, et la Ville demeure en collaboration avec le Ministère dans ce dossier.
«Si des manquements à la Loi sur la qualité de l’environnement ou à ses règlements sont constatés, le Ministère assurera le suivi de ceux-ci conformément à la Directive sur le traitement des manquements à la législation environnementale», ajoute Mme Behdaoui.
Des solutions ?
La Vigile verte a rapporté la situation sur sa page Facebook.
L’organisme rappelle que le fossé Daigneault est un tributaire de la rivière Saint-Jacques qui débute au parc de la Cité et émet l’hypothèse que la perte d’infrastructures vertes de ce fossé pourrait être en cause.
«Relevé par le Comité ZIP Ville-Marie (aujourd’hui dissous), il est connu depuis les années 1990 que ce fossé creusé par l’homme au début du 20e siècle est une des sources des plus considérables de pollution pour l’écosystème de la rivière Saint-Jacques, évoque la Vigile verte. Le développement limitrophe n’a qu’accentué l’apport en eaux pluviales qui contiennent toutes sortes de polluants accumulés sur les infrastructures grises durant les temps secs ou période de sécheresse.»
Des ouvrages de biorétention tels que des saillis végétalisées, des fossés drainants végétalisés, des jardins de pluie, des bandes riveraines, des toits bleus, des bassins sont autant de mesures qui pourraient être mises en place, suggère l’organisme.
«Outre les pollutions de l’air, la pollution chimique est principalement causée par les eaux de ruissellement des routes, qui contiennent des cocktails de divers composés», mentionne à ce sujet le Rôle écologique des bassins d’orage sur les amphibiens (Antonin Conan), Université de Strasbourg), que cite au journal la directrice de la Vigile verte Gina Philie.
Troisième signalement
Selon le MELCCFP, il s’agit du troisième signalement reçu par Urgence-Environnement concernant la présence d’hydrocarbures à la surface de la rivière Saint-Jacques au cours des deux dernières années.
C’était le cas le 8 octobre 2025 puis le 15 mai 2026. Urgence-Environnement est intervenu sur place le 15 mai dernier.
Toute personne ayant été témoin d’une activité semblant nuire à l’environnement peut faire un signalement sur le site du MELCCFP: www.environnement.gouv.qc.ca/formulaires/Plainte/avis_signalement_p1.asp
Pour toute situation urgente pouvant avoir un impact immédiat sur l’environnement, communiquer en tout temps avec Urgence-Environnement : 1-866-694-5454.

