Pas moins de 1000 sacs à dos remplis d’articles scolaires ont été distribués le 12 août à la traditionnelle activité Retour à l’école d’Action Nouvelle Vie, qui donnera aussi des effets scolaires à deux fois plus d’enfants par l’entremise d’écoles du grand Longueuil. Du «jamais vu». Deux jours plus tard, l’Opération Sac à Dos qui regroupe plusieurs partenaires dont la Croisée de Longueuil attendait 2000 personnes à cette fête citoyenne. Pour plusieurs familles, rentrée scolaire rime avec casse-tête financier.
«Jusqu’à maintenant, nous avons 805 enfants inscrits qui vont passer chercher un sac à dos. Notre liste d’attente est de 610 enfants», énumère la directrice générale de la Croisée, Caroline Lamothe, deux jours avant l’événement.
«Et on travaille fort pour ne pas avoir de liste d’attente, s’empresse-t-elle d’ajouter. Les 610 enfants qui attendent auront sans doute aussi un sac. Peut-être pas complet, ni le jour-même, mais on essaie d’aider le plus possible.»
Force est de constater que le nombre de familles ayant besoin de ce coup de pouce continue de grimper. L’an dernier, 742 sacs avaient été remis, incluant à ceux initialement sur une liste et qui ont pu en bénéficier plus tard.
L’événement Opération Sac à Dos réunit de nombreux partenaires dont le Regroupement Partage – qui fournit la majorité du matériel scolaire –, Vision Interculturelle, Le Partage Saint-François-de-Sales, la Maison la Virevole, le Trait d’Union et Entraide chez nous.
«Le but est de faire connaître différents organismes, pour les familles qui auraient différents besoins», soutient Mme Lamothe. Le tout dans une ambiance festive, pour accueillir ces familles dans la dignité.
Cela fait plusieurs années que la Croisée distribue des sacs à dos à la rentrée, mais l’événement a pris davantage d’ampleur au cours des quatre dernières années. «Le besoin est immense», constate Caroline Lamothe.
Si Regroupement Partage fournit la majorité du matériel scolaire, la Croisée se fait un devoir de combler au mieux les manques. La valeur des sacs varie de 150 à 200$.
«On essaie de fournir les articles les plus dispendieux, comme les cartables, la calculatrice, illustre la directrice. C’est le matériel de base, et les parents complètent ensuite s’il y a des besoins spécifiques selon les écoles.»
Ne plus avoir le choix
«Ça s’est rempli extrêmement rapidement. On a dû refuser des demandes, reconnait Jérémie Olivier, porte-parole d’Action Nouvelle Vie.
En plus de soutenir la population de Longueuil, l’organisation a étendu son territoire, notamment à Drummondville, de sorte que 5000 sacs à dos seront distribués.
À Longueuil, chacun d’eux contient les articles scolaires de base, de même qu’une paire de souliers pour les élèves du primaire, et un vêtement neuf pour les élèves du secondaire. Chaque enfant reçoit aussi un cadeau emballé.
«Nous observons plus de demandes à tous nos services, indique M. Olivier. Il y a une frange de la classe moyenne qui est en train de basculer.»

Ce qui se dessinait déjà depuis quelques années se confirme : le visage de ceux recourant à leurs services change. «On aide des gens en emploi, qui ont un revenu depuis plusieurs années, mais qui n’ont plus le choix de demander de l’aide.»
Cette hausse de la demande exerce inévitablement une pression sur Action Nouvelle Vie, qui veut continuer d’offrir le même service. «Il faut solliciter davantage [en matière de financement]», affirme M. Olivier.
D’autant plus que, comme les parents actuellement pris dans les emplettes de la rentrée, les organismes subissent aussi le coût élevé des fournitures scolaires. Acheter au volume facilite quelque peu la tâche.

Cette semaine et dans les prochains jours, la Fondation Entraide Brossard fournira quant à elle 80 sacs à dos. Si le nombre est plus modeste, l’aide est tout aussi précieuse. «Même si plus de gens nous sollicitent, on est encore capable de répondre à la demande», mentionne le président Raymond Carignan.
«Nous n’avons pas d’entrepôt, alors on ne peut pas accumuler de fournitures scolaires. Mais on fait affaire avec différents fournisseurs. Et on attend toujours le bon moment pour avoir le meilleur prix», relève-t-il.

