L’OBNL Centre Amadeus est sur le point de conclure l’achat de l’église catholique de Saint-Lambert afin de concrétiser le projet d’en faire un carrefour culturel, artistique et communautaire.
Beaucoup de chemin a été parcouru depuis que la paroisse a accepté l’offre d’achat de 1,15 M$, l’été dernier.
Si le délai de six mois initialement accordé pour trouver la somme a été prolongé à deux reprises, il n’en demeure pas moins que l’organisme a réussi à recueillir ce montant, et même plus, afin de mener à bien la phase 1 du projet.
Celle-ci inclut des travaux mineurs, notamment en matière d’acoustique, de même que l’acquisition du matériel nécessaire pour la transformation de l’enceinte en salle de concert, notamment un système de son, des lumières, des chaises.
«Si tout va comme supposé, on devrait être propriétaire en octobre, affirme Véronica Thomas, directrice de l’OBNL Centre Amadeus. On est sur le point de compléter les demandes dont on avait besoin pour que l’église soit satisfaite. Après, c’est dans les mains de l’église… C’est la désacralisation des lieux et on passe chez le notaire.»
Se gardant pour l’instant de dévoiler l’identité des partenaires financiers du Centre Amadeus, Mme Thomas précise que l’organisme a réussi à dénicher tant du financement public que privé, incluant un «généreux donateur».
Vision claire
Mme Thomas aspire à rendre le lieu accessible rapidement après l’acquisition, afin d’organiser des portes ouvertes et collectes de fonds, et ainsi permettre au public de voir les espaces et découvrir la vision du projet.
«Parce que c’est vraiment une vision très claire qu’on a développée, enchaîne-t-elle. Ça fait deux ans et demi qu’on travaille sur ce projet. On a un plan d’affaires solide, toutes nos études sont faites : étude de marché, plans préconceptuels, études environnementales.»

L’équipe s’est notamment inspirée de ce que propose le Théâtre Paradoxe à Montréal. L’ancienne église sert notamment de plateau de tournage de Y’a du monde à messe.
La phase 2 du projet vise la transformation du presbytère en centre éducationnel dédié aux arts, à l’éducation artistique et à des événements pour les organismes. Centre Amadeus souhaite aussi rendre l’église accessible universellement.
«Je trouve que c’est vraiment un projet visionnaire pour notre communauté. Parce qu’il n’y a pas d’espace comme ça en ce moment.»
– Véronica Thomas
Ces espaces seront multifonctionnels. Ils pourront également être utilisés par les organismes communautaires pour leurs activités, leurs rencontres et leurs cours.
D’ailleurs, l’équipe de l’OBNL a discuté avec d’autres organismes communautaires afin de comprendre leurs besoins. «C’est sûr qu’il y a un manque criant d’espaces communautaires dans notre région. Je parle surtout de Saint-Lambert, qui est enclavée. Elle doit donc utiliser ce qu’elle a pour avoir des espaces communautaires autant pour les citoyens que les organismes.»
Des ensembles musicaux ont aussi été approchés en vue des premiers concerts, qui pourraient se tenir dès janvier.
Rappelons que le projet Centre Amadeus est né au sein du Centre d’art de Préville (CAP), un leader dans l’éducation artistique sur la Rive Sud. «Mais au fil de notre démarche, nous avons réalisé qu’un projet de cette envergure ne correspondait pas à la mission du CAP», mentionne Mme Thomas, pour expliquer la création de l’OBNL en 2024.
Musique classique
Durant la discussion, Véronica Thomas revient sur les propos récents du directeur du Festival Classica Marc Boucher, à propos du manque d’installations pour concerts classiques sur la Rive-Sud.
Le Festival a renoncé – du moins temporairement – à mener un projet de vaste salle de concert. Des études avaient d’ailleurs été réalisées pour transformer de façon radicale l’église catholique de Saint-Lambert en salle de 1000 places.
«Notre vision est pareil : faire vivre la musique classique en Montérégie, et créer un lieu réellement adapté à sa présentation, assure Mme Thomas. Je crois que cet espace sera un lieu unique pour la région. On travaille avec des architectes, des acousticiens, des experts en son et en lumière pour créer un espace qui entre dans le rêve que Marc [Boucher] et Classica avaient.»
«Mais c’est sûr que, dans un plan d’affaires logique, on ne peut pas vivre uniquement avec des concerts de musique classique», ajoute la violoniste professionnelle, à propos de la vocation multifonctionnelle du Centre Amadeus, qui pourrait aussi accueillir des foires et marchés.
«J’invite tous ceux qui ont à cœur la protection et le rayonnement de la culture à se joindre à nous et à contribuer à ce projet inspirant», conclut-elle.

