Le projet de loi 8 visant à élargir la portée de la loi 101 aux centres de formation professionnelle et d’éducation aux adultes n’aura pas été adopté avant la fin de la session parlementaire à l’Assemblée nationale. Les prochains mois diront si la CAQ militera en faveur de cette idée en campagne électorale. Si une telle loi était adoptée, 70% de ces élèves de la Commission scolaire Riverside devraient renoncer à une formation en anglais.
Selon le projet de loi 8 déposé le 4 juin par le ministre responsable de la Langue française Jean-François Roberge, la portée de la Charte de la langue française s’appliquerait aux écoles de métiers ainsi qu’aux centres d’éducation des adultes. S’il est adopté, seuls les Québécois qui font partie de la communauté historique d’expression anglaise n’auront pas à y suivre leurs cours en français.
Le retour d’un tel projet de loi et son adoption feraient en sorte qu’uniquement les Québécois de la communauté historique d’expression anglaise ne seraient pas obligés de suivre leurs cours en français.
À la Commission scolaire Riverside, 70% des quelque 3250 élèves en formation professionnelle et à l’éducation aux adultes ne font pas partie de la communauté historique d’expression anglaise.
Préoccupations
Questionné sur cet enjeu le 9 juin, le président du conseil des commissaires Christopher Craig a affirmé avoir des préoccupations quant aux répercussions qu’une telle mesure pourrait avoir sur l’accès à l’éducation des adultes et à la formation professionnelle.
Il «s’agit d’adultes qui souhaitent terminer leurs études, se réorienter professionnellement, acquérir de nouvelles compétences ou répondre aux besoins du marché du travail québécois. Nous croyons qu’il est essentiel de préserver des parcours de formation accessibles afin de permettre à ces apprenants de contribuer pleinement à la société québécoise et à son développement économique.»
Si l’accès à ces formations devient plus restreint, «certains programmes pourraient voir leurs inscriptions diminuer, ce qui risquerait de réduire le nombre de travailleurs qualifiés disponibles dans des domaines où les besoins sont déjà importants», craint M. Craig.
Il fait valoir que les programmes contribuent à répondre à d’importantes pénuries de main-d’œuvre. Ils sont souvent développés ou maintenus en collaboration avec les priorités du gouvernement et des employeurs. Parmi les programmes formation professionnelle, les métiers spécialisés liés à la construction, à la mécanique, et à la santé sont particulièrement populaires.
«Il est également possible que certains adultes renoncent à entreprendre une formation si aucune option adaptée à leur réalité n’est disponible, évoque M. Craig. Cela irait à l’encontre des objectifs de productivité, de participation au marché du travail et de développement économique que le gouvernement du Québec met régulièrement de l’avant.»
Français et bilinguisme
Selon la Commission scolaire Riverside, une offre de formation en anglais ne se fait pas au détriment du français. «Au contraire, nos centres encouragent activement l’apprentissage du français et le développement du bilinguisme», croit le président du conseil des commissaires.
«La francisation demeure également extrêmement populaire. Nous constatons une forte demande de la part de personnes qui souhaitent apprendre le français ou améliorer leurs compétences linguistiques afin de mieux s’intégrer et augmenter leur employabilité au Québec.»
Le programme Mécanique de véhicules lourds est aussi offert en français.
Plusieurs étudiants améliorent leurs compétences en français tout au long de leur parcours. «Nos centres jouent souvent un rôle important dans leur intégration sociale et professionnelle, en les aidant à développer à la fois leurs compétences techniques et linguistiques», soutient M. Craig.

