La députée indépendante de Laporte Isabelle Poulet dénonce un manque de considération et le sous-financement des organismes communautaires par le gouvernement de la CAQ et déplore un manque d’écoute du gouvernement face aux demandes des organismes de première ligne.
«Les organismes communautaires sont en première ligne pour répondre aux besoins de nos citoyens et, en ce moment, les besoins sont criants. Le filet social créé par le milieu communautaire permet de réduire la charge de l’État. Le gouvernement ne peut se priver du travail accompli par ces hommes et ces femmes qui se dévouent pour aider les autres. Il ne doit pas non plus les tenir pour acquis. Ils sont épuisés.»
La députée espère que le gouvernement bonifiera les sommes accordées à ce secteur.
Directeur de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil, Martin Boire soutient que le cœur du problème se trouve dans le salaire que les organismes peuvent offrir à leur personnel, majoritairement composé de femmes. Une moyenne de 24,29 $/h pour un temps complet et de 21,38 $/h pour un temps partiel est insuffisante, estime-t-il.
De plus, 54 % des organismes n’offrent pas d’assurance collective à leur personnel, faute de moyens, et 57 % ne peuvent donner accès à un régime de retraite.
«Le milieu communautaire aide les personnes les plus vulnérables de nos communautés. Il faut des personnes compétentes pour les soutenir, et un financement suffisant de leur mission pour attirer les talents, a-t-il signifié en présence de la députée à l’Assemblée nationale le 24 février. Je trouve déplorable de voir des personnes, souvent des femmes, consacrer leur vie à aider la communauté et être condamnées à devenir les prochaines utilisatrices des banques alimentaires.»
Au Centre d’action bénévole de Saint-Hubert, tout comme dans d’autres organismes, le manque de ressources force à refuser des demandes. Il y a neuf ans, l’organisme préparait environ 9 000 repas par année pour les personnes aînées. Aujourd’hui, plus de 30 000 repas sont livrés, et l’organisme doit refuser de nombreuses demandes.
«Chaque fois qu’un organisme coupe un service, faute de financement, ce sont tous les organismes qui en paient le prix, évoque la directrice générale Aurélie Condrain-Morel directrice générale du Centre d’action bénévole de Saint-Hubert.»
«Le taux de roulement est considérable dans nos organismes [34% au CAB], si bien que nous sommes constamment en recrutement», ajoute-t-elle.

