Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a remis son rapport d’enquête au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) concernant les circonstances entourant l’intervention policière qui a mené à la mort de l’adolescent Nooran Rezayi, le 21 septembre 2025 à Longueuil.

«Ce sera sur la base de ce rapport que le DPCP analysera les faits recueillis à la lumière du droit applicable», indique le BEI, dans un communiqué.

Le BEI refuse toutefois de dévoiler toute information provenant du rapport, qui renferme tous les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête. «Ces éléments sont sensibles par leur nature et soulèvent des questions de protection des renseignements personnels», justifie-t-il.

On y retrouve notamment les déclarations des témoins et des policiers impliqués, ainsi que la preuve matérielle recueillie. Deux rapports d’expertises sont toujours en attente et y seront ajoutés lorsqu’ils seront prêts.

Rappelons que le 21 septembre 2025 à 14h48, un appel a été logé au 911 rapportant la présence d’un groupe de personnes «cagoulées et armées», à l’intersection des rues Joseph-Daigneault et de Monaco, dans l’arr. de Saint-Hubert. Les policiers du Service de police d’agglomération de Longueuil (SPAL) sont arrivés sur place 10 minutes plus tard. Nooran Rezayi, 15 ans, a été atteint par balle par un policier.

En conférence de presse deux jours plus tard, le BEI a informé avoir saisi des cagoules et un bâton de baseball. La seule arme saisie est celle du policier.

En décembre, la famille de l’adolescent a intenté une poursuite contre la Ville de Longueuil et les policiers impliqués dans l’intervention. Selon des images de caméra de surveillance diffusées en conférence de presse, 19 secondes se sont écoulées entre le moment où les policiers ont aperçu le groupe de jeunes et celui où l’adolescent est atteint. Dix secondes séparent l’arrêt du véhicule et les deux tirs du policier.

En plus du travail du BEI, deux autres enquêtes sont en cours dans ce dossier, dont une menée par le Service de police de la Ville de Montréal.

Puis, en décembre, le ministre de la Sécurité publique Ian Lafrenière a répondu par l’affirmative à la demande de la mairesse de Longueuil Catherine Fournier d’ouvrir une enquête sur le travail du SPAL. Elle avait obtenu des lettres  révélant «plusieurs manquements présumés» aux obligations du corps policier.

Le directeur du SPAL Patrick Bélanger a dit souhaiter que cette démarche rassure le public.