De son premier emploi au marché des jardiniers à La Prairie à l’habitude héritée de sa mère d’acheter un bouquet chaque semaine, Léonie Pelletier semblait destinée à faire éclore un projet floral bien à elle. Avec Léo Comptoir floral, elle propose une expérience où les bouquets sont déjà prêts à emporter. Le premier comptoir prend racine à Saint-Lambert, dans l’ancien espace du Marché aux fleurs du village, présent sur la rue Victoria depuis 33 ans. Entrevue en cinq questions avec sa fondatrice.

Q : Voudrais-tu m’expliquer le concept de ton Comptoir floral?

R : Ce qui distingue Léo, c’est que tout est prêt à emporter. Le but, c’est vraiment de choisir avec les yeux — et avec son budget. On a différents formats de bouquets qui représentent six grandes villes du monde (Copenhague, Londres, Paris, New York, Tokyo, Montréal). On magasine donc par style et par budget. C’est vraiment ce qu’on veut offrir : des bouquets faciles à emporter, faciles à choisir, accessibles, pas chers et fournis.

On voulait garder l’aspect “marché”, où tu peux voir les bouquets, les toucher. Ce n’est pas très frigidaire, aseptisé. C’est sûr que le concept est un peu différent d’un fleuriste traditionnel : on ne peut pas nécessairement choisir les fleurs qu’on veut. Mais en même temps, il y en a pour tous les goûts.

Q : Qu’est-ce qui t’a plu ou charmé dans l’emplacement? 

R : La rue Victoria, à Saint-Lambert, c’est un endroit incontournable sur la Rive-Sud. C’est déjà un coin où j’allais faire les emplettes, marcher, prendre des cafés, visiter les boutiques. Et le fleuriste de Saint-Lambert, c’était un commerce où je venais souvent, même quand j’habitais ailleurs sur la Rive-Sud. Ça fait que pour moi, c’était “meaningful” de choisir cette place-là.

Q : Pourquoi avoir fait le choix du reprenariat?

R : C’est une excellente question. J’aimais vraiment l’idée de donner une deuxième vie à un endroit aussi implanté que le fleuriste de Saint-Lambert. Aller chez son fleuriste, c’est comme aller chez son nettoyeur : tu vas toujours à la même place. Il y en a un par ville, un par village. Donc on dirait que je voulais conserver ça pour les Lambertois, qui ont cette habitude-là de venir chez “leur” fleuriste.

Q : Dans le podcast Un café avec Judith Fetzer, tu as dit que ça te faisait du bien de faire du retail (vente au détail), de vendre un produit que l’on n’associe pas nécessairement à ton visage. Mais pour le comptoir floral, ton nom et ton visage sont quand même associés à l’image de marque. Tu ne crains pas de recréer ces attentes-là? Que les gens s’attendent à te voir ici?

R : Ce que j’ai dit à Judith, c’était vraiment ce que j’avais en tête : m’enlever de l’équation cette fois-ci (contrairement à Oui l’agence). Mais après, les budgets sont arrivés… et il fallait trouver des mannequins. Ç’a été ma face qu’on a choisie (rires).

Je veux être ici et accueillir les gens une fois de temps en temps. Le but, ce n’est pas du tout de gérer ça de loin. Mais ce ne sera évidemment pas moi qui serai au service tout le temps. On a une super belle équipe.

Le nom, c’est ça qui est drôle. C’est facile de penser que c’est mon nom à moi. Mais l’anecdote, c’est que mon chum voulait qu’on appelle notre fils Léo. J’étais comme : “Ça ne sera vraiment pas possible qu’on appelle notre enfant comme moi!”

Pour le comptoir floral, on cherchait un nom court, punché, qui se dit bien en anglais et en français. On voulait humaniser le commerce, et dire “on va chez Léo”, ça crée cette proximité-là. Mon chum me disait : “Tu ne réussiras pas à me convaincre qu’il y a un meilleur nom que ça!” J’ai donc capitulé : ce ne sera pas le nom de notre fils… mais ce sera le nom de la business!

Q :Tu as parlé d’une première étape dans la grande aventure. C’est quoi la suite? 

R : J’aimerais beaucoup qu’on puisse dupliquer le concept. Mon idéal, ce serait que ce soit une bannière de fleuristes, qu’on puisse étendre le projet un peu plus loin que le marché de Saint-Lambert. On en aimerait un prochain à Montréal, peut-être d’ici la fin de 2026 ou début 2027. On a eu beaucoup de demandes pour Québec aussi, pour l’Estrie.