Au cri de : «La prochaine est encore en vie !», une soixantaine de femmes issues de plusieurs organismes de la région ont bravé le froid ce 5 février en fin d’après-midi pour manifester contre ce qu’elles considèrent la banalisation des féminicides à la suite du meurtre de Sonya Marisela Gonzalez Velasquez, survenu dans la nuit de dimanche à lundi à Brossard.

«Pas une de plus !», «Prévenir, c’est possible et urgent» et «Assez de violences, assez de silence» sont quelques-uns des messages qu’on pouvait lire sur les affiches que brandissaient bien haut les femmes de tous âges le long du boulevard Taschereau.  

Pour les organisatrices, ce sixième féminicide à survenir au Québec depuis le début de l’année n’est pas un fait divers, mais s’inscrit plutôt dans une violence systémique qui continue de coûter la vie à trop de femmes. Elles ajoutent qu’aucune mesure adéquate n’a été mis en place pour éradiquer ce phénomène qui s’aggrave d’année en année.

Manifestantes
La détermination des manifestantes était encouragée par les klaxons des automobilistes. (Photo: Le Courrier du Sud – Denis Germain)

Coordonnatrice au centre de femmes Com’femme de Brossard, Sylvie St-Amand est profondément choquée à la suite de ce dernier féminicide.

«Il faut dire son nom : Sonia Marisela Gonzalez Velasquez. Elle a été tuée parce qu’elle était une femme. C’est un féminicide. Ce n’est pas un drame, pas un accident, pas un fait divers. Nommer ce crime est un geste politique, a-t-elle lancée aux femmes rassemblées et encouragées par les klaxons des automobilistes. Ces violences sont prévisibles, souvent annoncées et trop souvent ignorées.»

Sylvie St-Amand

Sylvie St-Amand, coordonnatrice au centre de femmes Com’femme de Brossard. (Photo: Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

Pour Mme St-Amand, les meurtres de femmes dans un contexte de violence conjugale sont encore banalisés par la société. Elle conseille aux femmes aux prises avec une telle situation de contacter le plus rapidement possible les maisons d’hébergement et les centres de femmes. «Les ressources sont là. Elles sont sous-financées, mais elles existent.»

«Je suis triste et en colère. Si c’était six hommes qui avaient été tués par leur conjointe depuis le début de l’année, tout le monde serait en mode panique. Là, on traite ça comme si c’était banal. Ça ne peut plus continuer comme ça», a exprimé avec émotions Cécile Roy, membre du Centre des femmes de Longueuil.

Le Centre des femmes de Longueuil et Com’femme, comme l’ensemble des centres de femmes à travers la province, agissent souvent en première ligne en matière de violence conjugale auprès des femmes qui ne savent pas où trouver de l’aide. «On fait face à une augmentation des besoins; c’est un volet qui prend plus de place qu’avant dans notre travail. On réfère les femmes aux maisons d’hébergement qui, elles aussi, sont débordées. Il faut soutenir davantage les organismes qui soutiennent les femmes. C’est une question de vie ou de mort», a rappelé Julie Drolet, coordonnatrice au Centre des femmes de Longueuil.

Les corps de la femme de 54 ans et de son conjoint, qui a mis fin à ses jours, ont été découverts tôt lundi matin dans un logement sur l’avenue Bienvenue à Brossard.

Besoin de soutien ? SOS Violence conjugale pour de l’aide 24/7 pour les femmes et leurs proches : 1 800 363-9010.