En chemin pour leur entrevue avec Le Courrier du Sud, aux abords du terrain de football Réal-Brodeur à La Prairie, Caroline Moquin-Joubert et Catherine Gaumont sont reconnues par deux élèves du collège Jean de la Mennais. Une brève interaction qui révèle à quel point le football drapeau – mieux connu sous le terme flag football – a gagné du terrain dans les dernières années.

Les deux joueuses de l’équipe nationale canadienne, accompagnée quelques minutes plus tard par leur coéquipière Sara Parker, racontent comment l’engouement autour du sport a changé en peu de temps.

«Cette année, à l’aéroport, c’est la première fois qu’on s’est fait reconnaître comme joueuses de flag. Habituellement, les personnes se demandaient : c’est une équipe de football, de soccer? Ils essayaient de voir un peu nos shapes, ils sont comme : elles jouent à quoi? Mais là c’était : vous jouez au flag football?» relate Catherine Gaumont.

Championnes

Cette nouvelle notoriété émerge alors que le football drapeau sera pour la première fois un sport olympique à Los Angeles, en 2028. Mais aussi, parce que sur le terrain, l’équipe canadienne est l’une des meilleures sur la planète.

Après des podiums aux Jeux mondiaux et au Championnat continental des Amériques en 2025, elle vient de remporter en août les championnats du monde, à Dusseldorf, en Allemagne. Les Canadiennes ont remporté tous leurs matchs durant le tournoi, dont une victoire de 27-20 contre les Américaines en finale.

Caroline Moquin-Joubert, Catherine Gaumont et Sara Parker exhibent d’ailleurs fièrement leur trophée, qui n’a pas été le seul accomplissement réalisé en Allemagne. Leur victoire contre le Mexique en demi-finale a confirmé une place au Canada aux Jeux olympiques.

«Ça faisait plus d’un an qu’on savait les groupes, qu’on savait exactement qui on affronterait. Si tout allait bien, c’était sûr qu’on allait affronter le Mexique en demi-finale. On se préparait pour ce match-là depuis un an pour notre qualification olympique. Et c’est comme si on savait qu’on allait gagner parce qu’on se préparait pour ça depuis tellement longtemps. Ç’a été une grande satisfaction», décrit Sara Parker, la quart-arrière de l’équipe et joueuse par excellence du tournoi.


L’équipe canadienne célèbre sa qualification aux Jeux olympiques. (Photo : gracieuseté)

Monter une équipe par elles-mêmes

Les trois athlètes de la Rive-Sud ont représenté le Canada pour la première fois aux championnats du monde en 2024, à l’issue d’un processus qui a bien changé depuis.

L’équipe qui représentait le Canada devait alors remporter le championnat national, une compétition non pas entre provinces, mais entre clubs.

«Les gens étaient responsables de bâtir leur propre équipe, de trouver leur propre coach, d’essayer de bâtir le meilleur alignement possible, mais tout en invitant tes amis, puis en ayant du fun», explique Sara Parker.

Ce sont ainsi deux équipes du Québec qui se sont retrouvées en finale : les Subzero, dont faisaient partie Sara Parker, Caroline Moquin-Joubert et Catherine Gaumont, contre les Bleues. Les Subzero l’ont emporté par un point et les athlètes ont ainsi intégré l’équipe nationale.

Ce fût cependant la dernière année de ce processus et on retrouve depuis des sélections nationales plus structurées pour choisir les représentantes du Canada.

Les olympiques, mais aussi la ligue universitaire

L’intégration du football drapeau aux Jeux olympiques a certes joué un rôle majeur dans l’effervescence de ce sport au Québec, mais un autre facteur a aussi été déterminant, indique Caroline Moquin-Joubert.

«Je dirais que le point de départ a été le lancement de la ligue universitaire. C’est la cinquième ou la sixième année qui commence en ce moment et ç’a été un gros facteur, parce que les cégeps se sont activés, il y a eu plus d’inscriptions», souligne-t-elle.

«Il y a une saison d’automne, une saison d’hiver, une saison de printemps. Il y a plus de tournois, les filles ont l’occasion d’y jouer à l’année», renchérit Catherine Gaumont.

Une réalité fort différente de celle qu’elles ont vécue à l’époque où elles étaient à l’école secondaire. Les trois racontent avoir essayé le football drapeau, alors que sa courte saison s’insérait entre deux saisons d’un autre sport.

Elles se réjouissent aujourd’hui de voir toutes ces opportunités.

«C’est malade! C’est tellement un beau sport, ça mérite d’être connu», lance Caroline Moquin-Joubert.