Une cinquantaine de membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), se sont réunis devant le CLSC de Saint-Hubert, le 20 mai, afin d’afficher leur mécontentement face à la lenteur des négociations avec le gouvernement. La liste des irritants dans leur profession est longue et les principaux intéressés continuent de revendiquer un meilleur climat de travail.
Cette activité de rassemblement s’inscrivait dans le cadre d’une mobilisation à l’échelle provinciale, au même moment. Un autre groupe d’infirmières, d’infirmières auxiliaires et d’inhalothérapeutes s’était aussi rassemblé à l’hôpital Pierre-Boucher.
«C’est une opération de visibilité et on veut démontrer notre mécontentement face à l’état des négociations actuelles, à l’absence de contrat de travail, à l’augmentation salariale de seulement 3% sur cinq ans et parce qu’on n’écoute pas les suggestions que l’on apporte au gouvernement», énumère la porte-parole de la FIQ pour la Montérégie, Marie-France Lelièvre.
Les travailleurs de la FIQ veulent que de réelles discutions avec le gouvernement prennent forme.
«On veut parler des vraies affaires, dont la qualité des soins, explique le président exécutif local du CSSS Champlain-Charles-Le Moyne qui comptent 1700 membres, Stéphane Voyer. On tente de faire croire que les compressions ne touchent pas les patients, mais c’est faux. On voit une dégradation des soins et le gouvernement doit comprendre qu’on est là pour le patient d’abord et avant tout.»
Mme Lelièvre constate que le réseau de la santé se détériore déjà depuis plusieurs années et que les professionnels peinent à accomplir leur tâche. «En plus de ça, on leur demande de faire des heures supplémentaires et de remplacer des postes abolis, en raison des dernières compressions budgétaires.»
La FIQ demande au gouvernement d’offrir des horaires de travail stables à son personnel, que les effectifs soient suffisants et que la qualité des soins soit maintenue.
L’expertise en péril
La FIQ prévoit une vague de départ à la retraite de ses membres d’ici janvier 2017, puisque ces derniers tenteront de profiter de leurs acquis actuels concernant l’âge de la retraite et les prestations qui s’y rattachent.
«On verra un démantèlement du réseau de la santé et le départ massif du personnel d’expérience nous inquiète. La transmission des connaissances est essentielle pour la profession. Puisque le réseau est en décrépitude, plusieurs infirmières en fin de carrière sont démotivées et fatiguées de tenir le réseau de la santé à bout de bras», explique la porte-parole.
La relève mise à rude épreuve
La FIQ se demande si la relève sera au rendez-vous dans les prochaines années, puisqu’il est de plus en plus exigent d’exercer le travail d’infirmière.
«Lorsqu’on prend conscience du milieu de travail, c’est démotivant pour d’éventuelles infirmières. Selon les chiffres, le nombre de recrues compense les retraites, mais advenant des départs en bloc, c’est la catastrophe.»
Les conditions de travail sont inhumaines pour les nouvelles infirmières, selon Stéphane Voyer. «Ce sont des années à travailler de nuit et de soir et comme ce sont des jeunes qui veulent avoir des familles, c’est incompatible avec le marché du travail, et ce, pour plusieurs années.»
