Les bombardements menés en Iran par les États-Unis et Israël provoquent des sentiments contradictoires pour Atefeh Arani, une photographe d’origine iranienne qui demeure dans la région depuis 2022.

Officiellement citoyenne canadienne depuis l’an dernier, la jeune femme compte toujours de nombreux parents et amis à Téhéran, dont elle demeure sans nouvelles, confie-t-elle.

« Maintenant que l’Internet a été coupé, mon inquiétude a énormément augmenté et je n’ai aucune nouvelle d’eux, dit-elle. Dans l’ensemble, je suis préoccupée pour tous mes compatriotes. Des dommages sérieux ont touché des hôpitaux pour enfants, des écoles et des sites historiques, et des enfants ont perdu la vie. Cela me brise vraiment le cœur et c’est extrêmement douloureux. »

Atefeh Arani suit de près tout ce qui se déroule dans son pays d’origine. (Photo gracieuseté )

Le contexte politique qui prévaut en Iran, gouverné par une théocratie islamiste et anti-féministe connaît une sérieuse transformation qui laisse de nombreux Iraniens partagés.

« D’un côté, je suis heureuse de voir que la République islamique, après 47 ans de répression et de crimes, surtout les événements tragiques du mois dernier (où des gens ont été massacrés dans les rues en seulement deux jours), se retrouve maintenant dans une position difficile et perd une partie de ses forces, mentionne Atefeh Arani. Mais d’un autre côté, aucun patriote ne souhaite que son pays soit attaqué ou que des hôpitaux, des écoles et les maisons de civils soient endommagés. Pour être honnête, poursuit-elle, je ne sais toujours pas qui est exactement responsable de certaines de ces destructions : le régime ou Israël… »

Par ailleurs, bien que le président américain Donald Trump prédise une fin rapide du conflit, rien n’est moins sûr, d’autant plus qu’aucun successeur n’ait été identifié pour succéder au leader assassiné Ali Khamenei.

« Selon moi… il aurait été plus juste qu’il soit arrêté vivant et jugé dans un tribunal impartial et public, estime la jeune Irano-canadienne. En même temps, il reste un groupe de personnes qui soutiennent le régime et qui sont en colère ou attristées par les récents événements, y compris sa mort et les nouvelles évolutions. Nous espérons que ce conflit prendra fin rapidement, comme ce fut le cas lors de la guerre de douze jours, afin que les gens et cette terre ne subissent pas davantage de dommages. »

Selon des informations qu’elle a obtenues jeudi, elle dit qu’un nouveau dirigeant aurait été désigné, soit Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei. « Beaucoup le décrivent comme une figure radicale, dans la continuité idéologique de son père. Certaines spéculations évoquent également la possibilité qu’il puisse, à son tour, devenir une cible de forces étrangères dans le contexte actuel de tensions. »

Elle rappelle à tous que l’Iran, avec sa multitude de sites historiques inscrits à l’UNESCO, est, selon certains récits, le plus ancien pays du monde ; un trésor dont la protection est une responsabilité universelle.

« En fin de compte, la guerre, sous toutes ses formes, est sombre et douloureuse, et ce sont les civils qui paient le prix le plus lourd. »

Les attaques sur Téhéran ont causé de nombreux morts et blessés. (Photo Mohsen Rezaei)