Devant l’atelier municipal de Longueuil sur le boul. Maricourt, Daniel Pilote regarde son équipe élaguer un petit arbre et un arbre mature. Cette courte intervention est l’une des nombreuses que son équipe effectue chaque année, et pour cause : on retrouve sur le territoire environ 85 000 à 90 000 arbres appartenant à la Ville de Longueuil. Entretenir tout cet inventaire n’est pas un mince défi.
Ces arbres se retrouvent notamment devant des bâtiments municipaux, en bordure de rue, dans des parcs publics ou dans les portions aménagées des parcs-nature.
Une fois plantés, les arbres bénéficient généralement d’un contrat d’entretien pour les trois premières années. Les travaux publics ont ensuite la responsabilité de veiller sur eux.
«On va le dire tout de suite, c’est bien de planter un arbre. Mais le but c’est qu’il soit pérenne, qu’il soit là pendant des années», souligne M. Pilote, technicien en horticulture pour la Ville de Longueuil.
Éviter les problèmes de structures
S’assurer de la survie d’un arbre s’amorce dès la plantation, affirme-t-il. Choisir la bonne essence au bon endroit, les planter lorsqu’ils sont plus petits, pour un choc de transplantation moins grand, sont des mesures importantes.
Mais l’entretien est aussi important. Quand on parle d’entretenir un arbre, il est principalement question d’élagage, soit la coupe de branches dans un but précis.
Par exemple, la Ville effectue de nombreuses «tailles de formation», soit des interventions sur de plus petits arbres. «Ça va éviter certains problèmes plus tard. Par exemple, si l’arbre se sépare en deux dès le jeune âge, on va choisir un des deux embranchements pour éviter des problèmes de structure dans le futur», explique M. Pilote.
Celui-ci indique que certaines interventions permettent à un arbre mature de prolonger sa durée de vie de 5 à 20 ans.
«On peut installer des haubans sur des arbres qui ont des embranchements ou des fourches qui sont très faibles et qui pourraient céder sous le poids de la neige ou lors d’épisode de verglas. On vient attacher deux branches ensemble avec un câble, qui va assurer une certaine solidité supplémentaire à l’arbre pour prolonger sa durée de vie», donne-t-il en exemple.
Dans d’autres cas, il s’agit d’élaguer des branches interférentes qui frottent entre elles qui pourraient causer des blessures à l’arbre lui-même.
«L’abattage de l’arbre, c’est vraiment la finalité, quand l’arbre n’a plus aucune chance de survie.»
– Daniel Pilote, technicien en horticulture
Sécurité publique
Entretenir des arbres en ville n’est pas juste une question de santé de l’arbre, mais aussi de sécurité publique.
L’élagage permet ainsi de dégager les voies de circulation, les bâtiments ou les panneaux de circulation. Lors de pannes d’électricité majeures, la cause principale a souvent pour origine des branches tombées sur des fils électriques.

«On veut avoir le moins de branches possible qui tombent lors d’événements climatiques», indique M. Pilote. Élaguer les arbres permet justement d’enlever toutes les branches mortes, plus susceptibles de casser durant ce genre d’événement.
Diminuer les requêtes citoyennes
La Ville de Longueuil a présenté son plan de verdissement en novembre 2024, selon lequel elle entend planter 125 000 arbres son territoire d’ici 2040. De concert avec cette initiative, elle lancera d’ici la fin de l’année son plan d’entretien arboricole.
Elle souhaite ainsi apporter un peu plus de régularité dans l’entretien des arbres.
«On parle d’un cycle d’entretien aux 8 à 10 ans sur chacun des arbres, avec une inspection réalisée à la mi-cycle. L’intention derrière ça, c’est aussi de diminuer les requêtes pour les branches mortes ou dangereuses. À l’époque, on intervenait plus de façon réactive. Un citoyen appelait et on intervenait, ça faisait beaucoup de déplacements. Là, on veut être plus proactif, avec un entretien plus planifié», soutient M. Pilote.
L’inventaire géoréférencé des nombreux arbres de la Ville par une firme d’ingénierie forestière est en cours de production, ce qui donnera une mise à jour actuelle de l’ampleur de la canopée aux travaux publics.
«L’inventaire sera sur une appli web, avec l’emplacement de chacun des arbres. Quand les employés feront leur intervention, ils pourront indiquer la date et la nature de l’intervention. Les arbres auront leur petit pédigrée, leur petit carnet de santé», image le technicien en horticulture.


Le mot « passionné » ne suffit pas à refléter toute l’ampleur du dévouement et de l’amour que Daniel voue à son travail. Je suis profondément reconnaissante d’avoir eu la chance de travailler avec lui pendant ces deux dernières années. Son expertise, sa générosité et son engagement m’ont beaucoup appris. Même aujourd’hui, dans mes nouvelles fonctions, les connaissances et les valeurs qu’il m’a transmises continuent de m’accompagner dans mon évolution.
pour les nouvelles plantation, beaucoup meurent de soif car la pluie ne suffit pas, il faut bien les arroser deux fois par semaine, alors qu’on ne voit jamais personne le faire