Dans un contexte de crise du logement et de vulnérabilité sociale croissante, la Ville de Longueuil entreprend les démarches nécessaires pour acquérir, par voie d’expropriation, les immeubles constituant les chambres Chez Lise au coût de 4,32 M$.
Lors de la séance du conseil du 18 août, la mairesse Catherine Fournier a indiqué que la Ville entendait utiliser un levier juridique exceptionnel pour préserver la vocation résidentielle abordable des immeubles de Chez Lise, une ressource essentielle pour des personnes vulnérables, souvent à risque de se retrouver à la rue.
Les immeubles n’étant pas subventionnés par la Société d’habitation du Québec (SHQ), leur vocation sociale n’est pas garantie en cas de vente. La Ville les avait donc assujettis à un droit de préemption en avril 2025 afin de pouvoir se porter acquéreuse en priorité. Une transaction envisagée depuis n’ayant finalement pas abouti, les propriétés ont récemment été remises sur le marché.
Face à cette situation, et dans un contexte de crise du logement et de pression accrue sur les ressources en itinérance, Longueuil estime nécessaire d’intervenir pour préserver ces logements abordables et assurer la continuité des services offerts aux occupants. Selon Catherine Fournier, la possibilité d’exproprier constitue un outil exceptionnel, mais approprié aux circonstances.
Sept immeubles, 126 chambres
Composé de sept immeubles résidentiels totalisant 126 chambres, Chez Lise constitue l’un des plus importants regroupements de maisons de chambres à Longueuil. Il offre aux citoyennes et citoyens vulnérables des chambres et appartements, des services, notamment en alimentation, ainsi que des espaces de répit et de ressourcement.
Les immeubles concernés sont situés aux 460, 470 et 490, chemin de Chambly, 475, rue Caroline, 820, rue Thurber, 45-47, rue Gentilly Est, et 1085, rue Saint-Alexandre, à Longueuil.
Les maisons de chambres représentent, pour un grand nombre de personnes vulnérables, le dernier rempart avant l’itinérance. En intervenant de la sorte, la Ville se donne les moyens nécessaires pour préserver la vocation d’habitation abordable de ces immeubles, protéger le toit de plus d’une centaine de personnes et assurer la continuité de la mission de l’organisation auprès des citoyennes et des citoyens les plus vulnérables de notre communauté.
Selon des informations obtenues par Le Courrier du Sud, le taux d’occupation est de 100 %, ce qui donne beaucoup de travail à la dizaine d’employés.
Plan de gestion
La Ville entend élaborer au cours des prochaines semaines un plan d’occupation et de gestion des immeubles, dans le respect de leur vocation, sans toutefois en assumer elle-même la gestion à long terme.
Les modalités de cette démarche seront précisées prochainement. D’ici là, elle souhaite rassurer les personnes concernées et les partenaires communautaires en maintenant la stabilité du milieu et en veillant à la protection des personnes vulnérables qui dépendent de Chez Lise. Mais déjà, la Ville indique que l’appui financier des gouvernements du Québec et du Canada sera nécessaire pour assurer la pérennité de Chez Lise.
Depuis les années 1970
C’est au cours des années 1970 que Lise Bissonnette commence à louer des chambres payables au mois. Au fil des années, constatant la croissance des besoins, elle a acquis d’autres immeubles afin d’augmenter son offre. Mme Lise, comme on l’appelle, a passé le flambeau en 2020 en vendant ses immeubles à Sophie Noreau, infirmière clinicienne, et Marie-Claude Lapointe, CPA. Mais un litige a éclaté entre les deux actionnaires et en mai 2025, les immeubles ont été mis en vente pour la somme de 9,5 M$.

Reconnue pour son accueil sans jugement, Chez Lise constitue une ressource de dernier recours pour plus d’une centaine de personnes vulnérables.
«On ne peut pas se permettre de perdre une seule chambre», de conclure la mairesse Catherine Fournier.
Les propriétaires des immeubles ont maintenant 60 jours pour décider de la suite des choses.


Voici une façon « démocratique » de mettre un frein à un système qui s’est emballé, qui fait plus de tort que de bien ……beaucoup de personnes et de d’organismes reconnaissent cet état de faits qui cause les inégalités et les exclusions dans nos communautés actuelles….la société est rendue là c’est-à-dire à un point de changement nécessaire et urgent, il faut remercier l’instance actuelle capable de mettre ce frein puisque l’aide qui existe n’est pas suffisant.
Lucile Cyr
Depuis plus de 20 ans que les gouvernements successifs ont abandonné leurs mandats « social » sans financer adéquatement le communautaire qui prend le relais…
Il est temps que les villes fassent pression sur nos gouvernements concernant les enjeux sociaux.
Bonne decision
Bravo. Bonne décision.
Je n’ai rien contre la vertu bien sûr mais la sécurité des citoyens de ce secteur s’est grandement détériorée. Sans tout mettre sur le dos de ces locataires, il y a de plus en plus d’incidents inquiétants pour les résidents du coin dont beaucoup sont des personnes âgées (vols, agressions verbales, indécences, overdose dans l’abribus en plein jour et j’en passe). Est-ce que la Ville s’en occupe?
Bravo.