Un conflit qui a débuté par une plainte concernant leur embarcation s’est transformé en une longue querelle avec la direction de la Marina de Longueuil. Deux plaisanciers accusent aujourd’hui la Société Rives et Parcs de Longueuil (SRPL) de représailles et lui réclament 35 650 $ en dommages. De son côté, la SRPL conteste les faits.
Dans une mise en demeure envoyée le 17 août, le couple reproche à la SRPL d’avoir mis fin à son contrat de location de quai après avoir dénoncé des comportements qu’il qualifie d’intimidants, ainsi que certaines décisions de la direction.
Le différend remonte à février 2025. Les plaisanciers avaient alors été informés qu’une plainte avait été déposée concernant la longueur de leur bateau, jugée incompatible avec leur emplacement au quai E. Ils affirment toutefois que la direction leur aurait par la suite confirmé que leur embarcation respectait les normes.
Le couple dit également avoir signalé le comportement de deux résidents du quai E, dont l’un travaillait à la Marina. Selon leur version, les deux hommes les auraient intimidés à plusieurs reprises.
Une escalade du conflit
Les démarches auprès de la direction et du conseil d’administration de la SRPL se sont ensuite multipliées. Les plaisanciers rapportent notamment avoir découvert que leur rallonge électrique avait été sectionnée et que leur embarcation avait subi d’importants dommages causés par de la machinerie de déneigement. La Marina aurait accepté de rembourser les réparations dans ce dernier cas.
Au printemps 2025, de nouveaux échanges tendus auraient eu lieu avec certains plaisanciers et membres de la direction. Le couple a alors demandé une médiation, qui, selon sa mise en demeure, aurait été refusée par le directeur général de la SRPL.
À l’automne, les plaisanciers ont appris que leur contrat de quaiage ne serait pas renouvelé pour la saison 2026. Ils ont tenté de faire renverser cette décision, notamment après des changements au conseil d’administration, mais sans succès.
35 650 $ réclamés
Les deux plaisanciers estiment que le non-renouvellement de leur contrat constitue une mesure de représailles liée à leurs démarches et à leurs dénonciations.
Ils réclament 14 000 $ pour des dommages moraux et psychologiques et 21 650 $ pour des dommages pécuniaires et matériels, soit un total de 35 650 $.
La mise en demeure accordait dix jours à la SRPL pour verser la somme réclamée, sans quoi les plaisanciers menaçaient d’entreprendre des procédures devant la Cour du Québec. Ils indiquaient également leur intention de rendre publique leur démarche.
La SRPL conteste
Dans une réponse transmise le 31 août par l’entremise de ses avocats, la SRPL affirme avoir constaté, durant la saison 2025, plusieurs manquements aux règles de la Marina de Longueuil. Elle dit également avoir reçu des plaintes de plaisanciers et de membres de son personnel.
La société soutient que le contrat de quaiage a été résilié dans ce contexte et non en représailles aux démarches du couple. Elle affirme par ailleurs appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard de l’intimidation et du harcèlement envers ses plaisanciers et ses employés.
La SRPL estime que les démarches des deux ex-plaisanciers s’apparentent davantage à une «tentative de pression indue» qu’à une démarche légitime et sérieuse. Elle dit avoir réservé ses droits et recours concernant tout propos pouvant porter atteinte à sa réputation ou à celle de ses employés.
Le 1er septembre, les deux ex-plaisanciers ont rendu publiques leurs allégations sans attendre, selon la SRPL, la réponse formelle à leur mise en demeure.
La société conteste fermement les accusations portées contre elle. Elle affirme toutefois qu’en raison de la nature litigieuse du dossier et de la possibilité de procédures judiciaires, elle fera valoir ses droits par les voies appropriées et ne souhaite pas commenter davantage le fond de l’affaire.
La SRPL indique néanmoins demeurer engagée auprès de ses quelque 400 plaisanciers afin de leur offrir un environnement qu’elle souhaite «respectueux, de qualité et sécuritaire».

