À la session d’automne 2026, des étudiants du Cégep Édouard-Montpetit devront suivre des cours en soirée. L’établissement assure qu’il s’agit d’une mesure temporaire, nécessaire en raison – entre autres – du début du chantier du pavillon de la santé et de l’innovation.
La construction du pavillon de la santé et de l’innovation impliquera la démolition d’une passerelle du Cégep. Le bruit du chantier, durant ses heures d’activité, rendra ainsi inutilisables une dizaine de grands locaux pouvant accueillir environ 45 étudiants.
En entrevue, la directrice des études Emmanuelle Roy explique qu’il s’agit d’une mesure «très ponctuelle et temporaire». Elle sera appliquée à l’automne 2026 et possiblement à l’hiver 2027, selon l’évolution du chantier. Selon l’échéancier actuel, l’ouverture du pavillon est prévue pour l’automne 2029.
La nouvelle plage horaire en soirée affectera surtout les étudiants de cours plus théoriques, comme ceux des programmes de sciences de la nature, de sciences humaines, de technique administrative, de même que les cours de formation générale.
Environ 1200 étudiants seront touchés. Les cours devraient se limiter du lundi au mercredi et s’échelonner de 18h à 20h. «On se laisse une petite marge de manœuvre au cas où il y a des cours de trois heures qui pourraient terminer à 21h, mais pour l’instant, on n’est pas là», évoque Mme Roy.
Un chantier et un contexte
Divers facteurs s’ajoutent au chantier et expliquent ce besoin d’espaces.
La pression qu’exerce la hausse démographique depuis quelques années sur les établissements collégiaux, le retour d’étudiants qui avaient opté pour le marché du travail durant la pandémie, de même que l’ajout d’une deuxième date d’abandon par le ministère de l’Éducation en 2024 ont modifié le comportement des étudiants. «Avant, on avait peut-être environ une proportion d’environ 45% d’anciens étudiants et 55% de nouveaux, relève Mme Roy. La donne est en train de changer.»
La plage horaire de soir ne vise pas à accueillir plus d’étudiants qu’à l’habitude, mais à maintenir la même accessibilité, selon la directrice. «Il fallait trouver des solutions pour répondre à nos étudiants. Comme directrice des études, le statu quo n’était pas possible.»
Avant d’envisager cette option, des mesures d’optimisation ont été mises en place. «On a vraiment retourné toutes les pierres. En optimisant nos espaces, on a pu récupérer 4-5 classes. Par exemple, un local à la bibliothèque servant aux conférences sera récupéré et équipé, illustre-t-elle. Donc le besoin réel n’est pas de 10, mais plutôt de 6 classes.»
L’ÉNA, déjà à pleine capacité, ne pouvait accueillir davantage d’étudiants.
Trois scénarios
Dans un courriel transmis au personnel enseignant et dont le journal a obtenu copie, le Cégep explique avoir étudié trois scénarios pour pallier le manque temporaire de grandes salles de classe.
L’allongement des plages horaires en soirée «présente l’avantage d’accroître la capacité d’accueil tout en étant le plus simple à déployer à court terme», y indique-t-on.
«La solution idéale n’existait pas. Il fallait aller avec la solution avec le moins d’impacts possible».- Emmanuelle Roy, directrice des études
La décision a été prise au terme de consultations, notamment auprès d’instanes et de partenaires. Le RTL et exo font partie des discussions.
Le Cégep a aussi étudié la possibilité de délocaliser certains cours, en faisant appel à des partenaires. Des échanges ont eu lieu avec l’Université de Sherbrooke, qui compte un campus à Longueuil. Sa proposition ne pouvait toutefois répondre à tous les besoins à court terme du Cégep. «On a eu une belle collaboration, on garde le canal de communication ouvert pour une collaboration future», souligne Mme Roy.
Si le besoin d’espaces supplémentaires venait à se prolonger, ce type de relocalisation «fait partie des choses qu’on pourrait regarder», reconnait Mme Roy.
Le troisième scénario d’offrir des cours à distance et en mode hybride a rapidement été écarté. «On a une population étudiante qui a déjà été affectée par la pandémie. Les cours à distance et hybride, ce n’était pas la panacée», avance-t-elle.
Le Cégep a lancé un appel aux enseignants, afin que ceux intéressés à enseigner en soirée se manifestent sur une base volontaire. Des professeurs pourraient se rendre disponibles pour un, deux ou les trois soirs de la semaine.
«C’est une situation ponctuelle, réitère Mme Roy. On souhaite que tout le monde mette l’épaule à la roue. Je compte beaucoup sur le travail de collaboration.»
Dans le cas d’un cours enseigné à plusieurs groupes durant une même session, le Cégep s’assurera qu’un certain nombre de groupes se voient allouer une plage horaire de jour, afin de laisser le choix, autant que possible.

