Lors du dernier Gala de l’ADISQ, tout le milieu québécois de la musique s’est mobilisé pour dénoncer le fait que les radios demandent au CRTC de revoir à la baisse les quotas de musique francophone. En effet, celles-ci souhaitent que la programmation ne comporte à l’avenir que 35% de chansons francophones, plutôt que 65% (par semaine), selon les règles actuelles. (À noter que le FM 103,3, notre station de Longueuil, programme 100% de chansons francophones en programmation régulière.)
Selon des sondages très documentés par l’ADISQ, encore aujourd’hui, même si on consomme beaucoup de musique sur internet ou en continu, la radio demeure le moyen #1 pour découvrir la nouvelle musique.
Selon Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ, «si le CRTC accepte la recommandation des stations commerciales des quotas à 35%, c’est le début de la spirale descendante, c’est éventuellement la mort de la chanson francophone. Il faut savoir que la radio est la bougie d’allumage d’une nouvelle chanson, la radio initie un cercle vertueux de promotion qui déclenche des ventes d’albums, qui suscite l’intérêt des diffuseurs de spectacles et des autres médias.»
Pour Marc Cassivi, chroniqueur à La Presse, «l’industrie radiophonique profite depuis longtemps non seulement de la souplesse, mais aussi des largesses du CRTC. Les quotas de contenu francophone sont essentiels à la pérennité de la musique francophone au Québec. Le principal problème de la radio commerciale, c’est qu’elle est frileuse et ne fait pas assez d’efforts pour rendre la musique francophone plus attrayante pour un jeune auditoire.»
Par contre, selon Sophie Durocher, chroniqueuse au Journal de Montréal, «il n’y a pas un quota du CRTC qui va m’empêcher d’écouter la musique que je veux…» Pas tellement rassembleur…
Oui, c’est un fait, la sortie spectacle vit une période difficile, sauf pour l’humour, qui a la cote dans les spectacles les plus courus. Mais si on baisse les quotas en chanson francophone, cela n’arrangera rien, au contraire…
Question à se poser: cette année a été l’année de Jean Leloup, un génie de la musique francophone québécoise. Selon un fan de Jean Leloup, «c’est notre Charlebois à nous, les 20-40 ans».
Sommes-nous en panne de génies ou en panne d’inventivité pour les mettre en valeur à la radio?
*Slogan des artistes et musiciens au dernier Gala de l’ADISQ
Thérèse David
