«Permettez-moi d’abord de féliciter les nouveaux élus lambertois. Ceux qui s’engagent en politique municipale méritent notre respect.

Durant mon mandat, j’ai souvent été critique envers le Journal de Saint-Lambert, autant sur le fond que la forme. J’avais même lancé l’idée, ambitieuse, certes, de créer une publication à la hauteur des attentes de Saint-Lambert. Cependant, le projet nécessite un réseau d’appuis substantiel. Je ne suis donc pas convaincue qu’il verra le jour, même si cela demeure mon intention.

Dans l’intervalle, je me permettrai donc occasionnellement, à l’instar de certains de mes concitoyens, de contribuer au débat public via les pages du Courrier du Sud, dont il faut saluer la qualité.

Les magazines municipaux meurent en silence (ou presque)

Depuis l’élection, un sujet a particulièrement retenu mon attention : la résiliation du contrat d’impression du magazine municipal, un outil pourtant fort apprécié pour suivre notre vie communautaire.

Étonnamment, cette annonce a suscité bien peu de réactions, hormis celle d’une ancienne conseillère qui a posé une question fort pertinente en séance. Ayant remarqué une récente augmentation de la publicité municipale dans le Journal de Saint-Lambert, elle a demandé si le conseil envisageait de sacrifier le magazine au profit d’un investissement public accru dans ce média privé.

La réponse était évasive, mais il s’agit d’un dossier à suivre de près, notamment parce que l’accès à une information claire et indépendante constitue la base d’une saine démocratie.

Budget et PTI

Comme de coutume, les nouveaux élus ont été rapidement plongés dans un tourbillon qui a culminé avec l’adoption du Programme triennal d’immobilisations et du budget.

À cet égard, tel que le Courrier du Sud l’a rapporté : la hausse de la taxe globale demeurera supérieure à l’inflation, et ce, malgré le gel de la taxe locale promis et honoré. L’iniquité et la pression croissante imposées par la formule de quote-part ressortent indubitablement.

Un autre élément mérite notre attention : pour atteindre l’équilibre budgétaire en dépit du gel de taxes local, le conseil a misé, entre autres, sur la hausse des droits de mutation et des revenus liés à l’urbanisme. Il faudra donc espérer que l’essoufflement appréhendé du marché, dans un contexte où le fossé entre le pouvoir d’achat des ménages et la réalité semble se creuser, ne compromettra pas ce pari.

Quant au PTI, impossible de passer sous silence les 4,2 millions destinés à la reconstruction de la piscine Préville, l’enjeu de l’urne aux yeux de plusieurs Lambertois. Une question demeure : la gestion sera-t-elle confiée à la Blue Machine, tel qu’évoqué en campagne, ou devra-t-on intégrer au budget des coûts additionnels d’entretien et de ressources humaines?

En outre, le PTI présenté poursuit l’effort de réfection déjà entamé avec l’annonce de certaines réfections aussi bienvenues qu’attendues: rues, toiture du centre multifonctionnel, ateliers municipaux, plateaux sportifs, etc. Cela dit, il comprend également plusieurs ajouts. À cet égard, notons que Saint-Lambert se distingue de villes comme Longueuil ou Laval, qui marquent une pause sur les nouveaux projets et se concentrent exclusivement sur la remise en état des infrastructures, avec l’aval explicite de leurs citoyens.

Enfin, plusieurs interrogations émergent du PTI. Où seront situés les nouveaux terrains de tennis, de pickleball et de soccer annoncés? Et que penser de l’ajout d’éclairage dans le boisé du Limousin pour la somme de 180 000$? Ce boisé, unique espace naturel dans une ville largement anthropisée, joue un rôle important pour la biodiversité locale. On peut légitimement se demander si cet ajout est nécessaire et quel en sera l’impact environnemental.

Sur ce, j’invite mes concitoyens à suivre activement la politique municipale et à surveiller le dossier de l’hôtel de ville, dont nous devrions avoir des nouvelles incessamment.»

Virginie Dostie-Toupin, conseillère municipale de Saint-Lambert de 2021 à 2025