« Catherine Fournier a mis fin au «mauvais théâtre» qui divisait Longueuil », pouvait-on lire samedi dans le Devoir. Curieusement, l’espace « commentaires », habituellement à la fin des articles, était inexistant. Condition de son équipe de communications? Le Devoir qui prend parti discrètement dans l’élection ?
Je me permets donc d’intervenir ici pour rappeler quelques hauts faits de notre grande « metteuse en scène ».
1. Le dossier de l’aéroport : dans son programme électoral de 2021, elle avait écrit « Nous exercerons un leadership solide afin que le développement de l’aéroport soit soumis à des conditions strictes d’acceptabilité sociale ». Deux consultations publiques en 2022, l’une pilotée par le député fédéral Denis Trudel, l’autre résultant de l’Office de participation publique de Longueuil issu de l’administration Fournier, sont arrivées à la même conclusion : aucun développement/expansion sans dépôt pour discussion publique d’études pertinentes (économique, sanitaire, environnementale, climatique). Or, quatre mois après le dépôt des deux rapports de consultation, l’expansion de l’aéroport était annoncée, sans dépôt des études demandées, dans une conférence de presse où les journalistes recevaient l’information sans droit de poser des questions, et où la porte-parole médiatique était la mairesse qui répétait partout qu’il y avait acceptabilité sociale, puisque 58 % de la population sondée s’était dite favorable à une augmentation du nombre de vols à l’aéroport (sans définition de l’augmentation : nombre et types d’avions). Voici ce qu’étaient les « conditions strictes d’acceptabilité sociale » de Catherine Fournier.
2. Le plan climat : en chantier dès 2022, promis pour 2024, mais pourtant retardé d’un an, sans doute, pour obtenir la plus grosse subvention du programme québécois Accélérer la transition climatique locale. Or, la lecture du plan nous apprend que ses données datent de 2019 : conséquemment, l’expansion de l’aéroport, qui fait partie de la Ville de Longueuil, n’est pas incluse dans le portrait des émissions de gaz à effet de serre (GES) du territoire. C’est pas rien puisque cette expansion ajoutera aux appareils des écoles de pilotage, surnommés « tondeuses à gazon volantes » par la population importunée, plus d’une centaine d’avions de ligne chaque jour, sans compter les vols privés et les vols nolisés. Plusieurs centaines de milliers de tonnes de GES seront émises annuellement, en plus des particules fines cancérigènes découlant de la combustion du carburant dans les moteurs. Cette pollution ne s’arrêtera pas les jours d’été où la fumée des incendies de forêt rend l’air dangereusement irrespirable pour la population, entre autres pour la santé des enfants. Quant aux promesses de réductions du plan, elles seront vite effacées par les GES du nouvel aéroport.
3. La chaise des générations : fascinée par ce symbole lancé par le maire de Québec, soit placer dans la salle du conseil municipal une chaise des générations pour rappeler aux élu.e.s que leurs décisions ont des impacts sur les générations futures, la mairesse commanda à Mères au Front – Rive-Sud une telle chaise qu’elle s’empressa de recevoir avec tout son conseil un soir de séance. Du bien beau théâtre ! Ensuite ? Ensuite, rien. On a placé la chaise dans un coin, et on a continué d’agir comme avant : « business as usual » !
4. Temps des questions publiques réduit de 5 à 2 minutes, interventions coupées au nom du “décorum”, réponses éludées. Une vraie farce de démocratie !
Imitant son conseiller Sylvain Larocque, la mairesse peut maintenant crier : fin du mauvais théâtre, place au stand-up !
Jacques Benoit
Citoyen de Longueuil
Membre de GMob (GroupMobilisation)
Voir le documentaire « Colère citoyenne : détournement de l’acceptabilité sociale » https://www.youtube.com/watch?v=lyUtaBVadmw
Réaction à la lettre – Mère au front – Rive-Sud se dissocie de certains propos
Vous pouvez considérer que la mairesse n’en fait pas assez pour respecter l’engagement que le Conseil a accepté lors de la réception de la chaise, c’est une question de point de vue. Cependant, nous nous objectons au paragraphe sur la chaise des générations qui mérite des précisions. Nous trouvons important d’affirmer que nous n’avons pas reçu de commande de la mairesse pour une chaise. C’est toutefois possible qu’elle en avait entendu parler et que notre offre est arrivée à point nommé.
Le projet d’avoir des chaises des générations dans le plus de municipalités au Québec suite à l’initiative du maire de Québec est une initiative de Mères au front. La Chaise des générations représente et porte la voix des enfants. Elle rappelle aux dirigeants et dirigeantes que leur futur se dessine à travers les décisions prises aujourd’hui. Elle permet en outre aux enfants qui la fabriquent d’exprimer leur potentiel créatif et d’influencer les décisions et actions des adultes en faveur d’un avenir durable.
Mères au front – Rive-Sud a contacté les différentes villes de la Rive-Sud pour expliquer l’intention des chaises et l’engagement des villes qui en acceptent une. Nous travaillons avec les enfants d’une école locale pour préparer la chaise. Le dévoilement se fait toujours lors d’une séance du Conseil. Pour les jeunes qui participent c’est une occasion d’exprimer leurs préoccupations face à la crise climatique et leurs attentes face au futur. C’est aussi une occasion de rencontrer et d’échanger avec les élu.es. Ce n’est pas du théâtre – c’est une façon de connecter les jeunes et les élu.es et d’encourager les jeunes à participer au processus démocratique.

