À quelques semaines de l’élection du 5 octobre, six candidats libéraux de la Rive-Sud ont répondu aux questions du Courrier du Sud : Linda Caron (La Pinière), David Bowles (Pierre-Laporte), Affine Lwalalika (Vachon), Lyes Chekal (Marie-Victorin), Boubacar Camara (Taillon), et Mathieu Lavoie (Montarville).

D’entrée de jeu, les candidats dénoncent ce qu’ils qualifient de mauvaise gestion de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Au niveau des infrastructures, que ce soit municipales, des écoles, des hôpitaux, des routes, c’est très frustrant de voir que dans les huit dernières années, on a gaspillé 500 millions de dollars dans Northvolt, qu’on a eu un dépassement de 500 millions de dollars dans SAAQclic et un autre milliard de dollars dans les bourses perspectives. C’est absolument fâchant de savoir qu’on devait s’occuper des vrais enjeux alors qu’on joue au casino avec l’argent des fonds publics», lance M. Bowles.

Infrastructures

Questionnés sur la sortie publique de la mairesse de Longueuil Catherine Fournier qui affirme que «les villes s’en vont dans le mur» en raison des importants investissements à faire pour réparer et remplacer les infrastructures, la candidate Affine Lwalalika, toujours conseillère municipale, appuie sa mairesse. Elle ajoute qu’il est difficile pour les municipalités de gérer tous ces enjeux, étant donné que la seule source de revenus est les taxes municipales. «Le Parti libéral propose que consacrer 75% du Programme québécois des infrastructures (PQI) au maintien d’actifs.»

Linda Caron : «Le PLQ propose une meilleure planification en mettant le PQI sur 25 ans au lieu de dix ans comme c’est le cas présentement.»

De son côté, David Bowles mettrait fin au régime du plus bas soumissionnaire conforme. «Je l’ai vécu comme conseiller municipal à Saint-Lambert (2013-2021). Comme directeur général du Collège Charles-Lemoyne, j’ai constaté que lors d’un appel d’offres sur invitation, on peut réellement négocier avec les soumissionnaires et payer beaucoup moins.»

Abaisser les exigences en construction

La mairesse de Longueuil a également dénoncé à plusieurs reprises les exigences demandées dans le domaine de la construction en rappelant que les coûts des rénovations du Couvent des Sœurs-du-Saint-Nom-de-Jésus-et-de-Marie pourraient s’élever à 50 M$.

Mme Lwalalika estime que des solutions d’occupation transitoire, déjà expérimentées à Montréal, pourraient être envisagées. «Le bâtiment qui coûte le moins cher et qui est le plus vert, c’est celui qui existe déjà», fait-elle valoir, précisant qu’aucune mesure précise n’a encore été annoncée par son parti à ce sujet.

Sans faire de compromis sur la sécurité, Mme Caron reconnaît elle aussi la rigidité du code de construction et propose de voir si certaines normes peuvent être allégées.

Pour M. Bowles, la reddition de comptes et les documents demandés par les ministères alourdissent inutilement les démarches pour les petites et moyennes entreprises et les organismes communautaires. «Le gouvernement de la CAQ a augmenté la centralisation et la bureaucratie», indique-t-il.

Pauvreté, itinérance et logement

Le coût de la vie est également une préoccupation. «Il y a beaucoup de gens défavorisés, souligne Lyes Chekal, directeur général de l’organisme Ressources Saint-Jean-Vianney. On avait déjà tiré la sonnette d’alarme pour le financement. Ce que vit maintenant le communautaire, c’est vraiment déplorable.»

M. Chekal raconte que des gens participaient encore récemment aux activités de son organisme fréquentent aujourd’hui des banques alimentaires. «Ce n’est pas normal.» 

Il propose d’agir le plus tôt possible auprès des personnes en situation d’itinérance.

D’ailleurs, le PLQ a promis un Sommet sur l’itinérance et 60 M$ supplémentaires pour lutter contre l’itinérance.

Les candidats rappellent que le Parti libéral a promis de construire 100 000 logements par année. De ces logements, 40 000 seront réservés aux personnes plus vulnérables. «Et pour la construction, on va miser sur la construction préfabriquée. On a l’expertise au Québec et on a le bois du Québec. Alors, si on prend cette expertise-là et les matériaux du Québec, on évite beaucoup la question tarifaire», précise Mme Caron.

Mobilité

Le candidat de Montarville Mathieu Lavoie s’inquiète aussi de ce qu’il qualifie de double discours de la CAQ à propos de l’agrandissement du port de Contrecœur, qui va amener 1200 camions de plus par jour sur des voies déjà congestionnées. «On sait que le port de Contrecœur s’en vient en 2030. En juin, la CAQ a remis sur la glace le projet d’agrandissement, en disant qu’il n’y avait pas d’argent. Aujourd’hui, ils disent qu’ils attendent que le tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine soit terminé.»

Les mairesses de Brossard et de Longueuil ont amené l’idée d’un Service rapide par bus (SRB) sur le boulevard Taschereau. «Tout projet qui facilite ou qui améliore la mobilité, qui facilite l’accès à l’emploi, qui sort le plus de voitures de la route, ce sont toujours des idées à étudier», estime Mme Lwalalika.  

«Dans un monde idéal, on aurait du transport collectif partout et on n’utiliserait presque pas la voiture. Mais n’oublions pas que ce projet sur le boulevard Taschereau doit en être à sa cinquième idéation», ajoute avec réserve Mme Caron.

Elle estime néanmoins que, dans un monde idéal, le transport collectif devrait être beaucoup plus développé et accessible, notamment aux personnes à mobilité réduite.

MET – Aéroport métropolitain de Montréal

Aucun des candidats n’a entendu de critiques négatives de citoyens en matière de bruit depuis l’ouverture officielle du MET – Aéroport de Montréa. C’est même le contraire, soutient Mme Lwalalilka.

Pour elle, la diminution du bruit s’explique, entre autres, de l’interdiction des vols de nuit et d’une meilleure gestion des écoles de pilotage. Les avions de Porter sont également 60% moins bruyants que les anciens appareils, soutient-elle. Elle ajoute que le développement de la zone d’innovation dans ce secteur demeure une priorité.

Le candidat Bowles émet un bémol en soulignant que certaines personnes se disent inquiètes pour la suite des choses. «Mais c’est certain que le développement de l’aéroport est bon pour le développement économique. On doit stimuler l’économie.»

Santé

L’accès à la première ligne en santé est également une priorité pour les candidats.

«Ce qu’on propose, la télésanté, c’est quelque chose qui existe déjà dans les entreprises privées. L’idée, c’est de rendre ce service public, indique la candidate de La Pinière. C’est sûr que ça ne remplacera pas les consultations ou la nécessité d’être là physiquement. Mais c’est sûr que ça va désengorger la première ligne.»

De son côté, le candidat de Montarville rappelle que les gens de son secteur attendent toujours un agrandissement de l’hôpital Pierre-Boucher.

Stages rémunérés

Candidat dans Taillon, Boubacar Camara indique que la priorité des citoyens de Taillon sont l’éducation, la santé, le logement et le coût de la vie. Il ajoute avoir rencontré plusieurs étudiants qui aimeraient bien voir leurs stages rémunérés; une promesse du chef libéral qui a annoncé pour les stages des futures infirmières et professeurs.

Environnement

Selon les candidats, la guerre tarifaire du président Trump a relégué loin en arrière l’environnement dans la liste des priorités. «On en parle malheureusement très peu alors que c’est une grande priorité. L’environnement, ça touche à tout, reconnaît M. Bowles qui rappelle que c’est un gouvernement libéral qui a amené la bourse du carbone au Québec. Nous, on s’est engagés à la maintenir alors qu’il y en a qui veulent l’éliminer dans l’élection actuelle.»

Mme Caron reproche au gouvernement de la CAQ de tarder à publier la nouvelle carte des zones inondables tant attendu par les municipalités. «Il y a plein de gens qui se retrouvent à ne pas pouvoir assurer leur maison parce qu’ils sont en zone inondable selon les cartes, mais en fin de compte, ils ne le sont pas vraiment.»

20 secondes pour faire bonne première impression

Linda Caron : «Je suis votre députée depuis 4 ans et je sollicite un nouveau mandat pour continuer de vous servir. On offre la stabilité politique. Il n’y en aura pas de questions de référendum. Aussi, la saine gestion des fonds publics, la gestion responsable des fonds publics. C’est dans notre ADN de travailler avec d’autres provinces canadiennes. On ne fait pas juste semblant.»

David Bowles : «J’ai grandi dans la région. J’ai été conseiller municipal et directeur d’école dans la région. Je fais partie d’une équipe fantastique de candidats qui ont des compétences et des intelligences incroyables, qui veulent s’occuper des vrais enjeux des gens de la Montérégie. On ne veut pas se chicaner avec le reste du Canada. On ne veut pas gaspiller votre argent comme ça a été fait dans les 8 dernières années. La dernière fois qu’on était au pouvoir, on a laissé un surplus de 7 milliards de dollars.»

Mathieu Lavoie : «Les gens de Montarville demandent d’avoir une voix forte à Québec. On a besoin de pouvoir se faire entendre sur les enjeux critiques. Les gens veulent quelqu’un qui travaille très fort. J’ai eu ma première entreprise quand j’avais 18 ans. J’ai eu une deuxième entreprise que j’ai vendue à une multinationale tout en étant professeur d’université, en élevant deux enfants et en ayant un doctorat en musique. Donc un profil hyper actif du travail.»

Lyes Chekal : «Je vis au quotidien tous les enjeux de mes concitoyens. J’ai passé des moments difficiles en première ligne lors de la COVID. On a vécu le changement où les services étaient offerts, et là, on a moins de moyens et beaucoup plus de demandes. J’ai vécu aussi l’augmentation exponentielle de l’itinérance dans Marie-Victorin.»

Affine Lwalalika : «Je suis une candidate de la maison. Mes enfants, je les élève dans Vachon, à Saint-Hubert. Ma mère habite Saint-Hubert. Je vis les mêmes enjeux que les citoyens que je compte représenter. Pour moi, ce sont mes voisins. D’ailleurs, je les appelle des voisins, pas des citoyens. Vachon, pour moi, c’est plus qu’un comté. Je ne serai jamais une porte-parole de mon parti vers mes citoyens. Je serai toujours la voix des citoyens à l’Assemblée nationale.»

Boubacar Camara : «Économiste de formation, je suis un jeune candidat qui veut représenter une génération qui mérite d’être entendue. Je connais Taillon, ses familles, ses aînés et sa jeunesse. Je veux me battre pour de meilleurs services en santé, plus de logements, une éducation accessible, un coût de la vie plus abordable. Le projet de Charles Milliard m’a convaincu. Le plan économique qu’il porte me convainc et me parle en tant qu’économiste. Ce qu’il propose, c’est exactement ce qu’il faut pour le Québec actuel.