Face aux inquiétudes exprimées par des citoyens à la suite de la rencontre de type «portes ouvertes» le 31 mars dernier organisée par le promoteur d’un projet de 670 logements sur le site de l’ancien Paladium – une pétition a même été lancée contre ce projet – , la Ville de Longueuil se dit consciente de certains enjeux et sensible aux préoccupations des citoyens.
La Ville poursuit en affirmant qu’elle veillera à considérer ces préoccupations, notamment en ce qui a trait à la circulation et au plan d’ensemble du développement du secteur. Elle ajoute que le promoteur s’est également engagé à analyser différentes pistes d’ajustements potentiels et à refaire une étude de circulation.

La Ville salue par ailleurs l’importance de ce projet «qui prévoit pas moins de 670 logements à but non lucratif» et qui s’inscrit en ce sens parfaitement dans les orientations de sa Stratégie d’habitation.
Absence du conseiller Azouz
À propos de l’absence remarquée du conseiller du district, Marc-Antoine Azouz, dans ce dossier, celui-ci a répondu vendredi dernier au Courrier du Sud n’avoir «malheureusement pas pu assister à la soirée d’information du promoteur en raison d’un empêchement».
Il ajoute rester disponible pour toute question de la part des citoyens. «Nous ferons le pont avec le promoteur et les préoccupations qu’expriment certains citoyens seront considérées dans nos échanges», poursuit le conseiller Azouz qui assure que des discussions et analyses sont en cours pour améliorer l’intégration du projet dans le secteur.


On nous dit que « les préoccupations seront considérées ».
Mais pendant ce temps, le projet avance.
On parle ici de 670 logements répartis sur quelques édifices, dont une tour pouvant atteindre 24 étages, dans un secteur de maisons unifamiliales, alors que le PPU encadrait le secteur autour de 8 étages. Ce n’est pas une intégration, c’est un changement majeur pour le quartier.
Et surtout, il ne faut pas être naïf : la Ville s’apprête à utiliser les “super pouvoirs” de la Loi 31 pour faire passer rapidement un projet excessivement défavorable aux résidents des quartiers avoisinants, en limitant la portée réelle des consultations publiques. Autrement dit, on consulte… mais sans réel pouvoir d’influence.
Autre point important : la Ville ne fait pas elle-même les études d’impacts globales. Elle laisse le promoteur produire ses propres analyses.
On l’a vu avec l’étude de circulation réalisée le 26 juin, en pleine période estivale, hors contexte normal. Devant les critiques, le promoteur ne peut même pas la défendre et promet simplement d’en refaire une autre.
Mais ce n’est pas au promoteur de fixer les règles du jeu. C’est à la Ville, c’est à nos élus, de faire en sorte que le redéveloppement du pôle Rolland-Therrien soit respectueux envers les résidents. C’est aussi à la Ville de mettre des garde-fous solides et indépendants, et d’avoir une vision d’ensemble crédible qui tient compte de tous les projets du secteur.
Pour l’instant, cette vision n’existe pas. On avance projet par projet, sans réelle évaluation des impacts cumulés sur la circulation, les écoles, le stationnement et la qualité de vie.
Bien sûr, le développement de logements abordables, c’est une bonne chose. Mais une densification extrême imposée, sans transparence, sans plan global et sans respect des règles en place, c’est loin d’être une bonne idée.
Il est temps de mettre ce projet sur pause et de revenir avec quelque chose de mieux encadré.
Dans ce contexte, je souhaite bonne chance à cette pétition. Elle est nécessaire et reflète bien le sentiment actuel de plusieurs citoyens qui veulent être réellement entendus.
Une excellente intervention, merci !
Je me permets juste de clarifier un point: la notion « d’abordabilité » des logements est questionnable. Tel qu’on me l’a présenté, le 4 1/2 de 832 pieds carrés serait loué à 1813 $/mois. Ca reste inabordable pour une grande partie des ménages.
Voici le lien vers la pétition, et je vous invite à la signer si ce n’est déjà fait : https://www.change.org/p/p%C3%A9tition-demandant-le-rejet-du-projet-plan-475-ancien-paladium-longueuil
Tout comme pour le secteur du métro et de la rive du fleuve, j’ai assisté à ces sites consultations il y a 10 ans
Il ne s’agit pas d’assemblée citoyenne consultative mais bien de soirées d’informations visant aussi à diminuer la résistance au changement.
Peu importe la couleur du parti municipal, le pouvoir des promoteurs dans l’apport de taxe prime.
Rien n’a vraiment changé.
J’ai fait parvenir un courriel à M. Tabarah pour lui faire part de mon opposition au projet de construction d’un édifice de 24 étages à l’intersection Roland-Therrien et Fernand-Lafontaine.
Rien dans sa réponse, que j’ai reçue ce matin, ne me laisse croire que ce projet ne se fera pas. La construction de cet édifice ouvrira la porte à une lente »montréalisation » urbanistique de la ville de Longueuil.
Le développement du secteur du métro Longueuil (le »Centre Ville ») avec ses édifices de 25 étages peut se comprendre.
La construction de nombreux édifices de plus de 20 étages sur la rive du fleuve est tant qu’à moi un projet beaucoup moins acceptable sinon absurde.
Et la construction d’un édifice de 24 étages sur le boul. Roland-Therrien me semble aussi tout à fait absurde. N’oublions pas que tout ce qui est exagéré devient ridicule.
Ma crainte, et j’espère me tromper, est que si le feu vert est donné au promoteur cela ouvrira la porte à d’autres projets de cette envergure dans des secteurs inadéquats. N’oublions pas l’ancien terrain de la Pratt & Whitney sur la rue d’Auvergnes qui est présentement vacant. Qu’est-ce que la Ville va finalement autoriser à cet endroit ?
J’ai toujours eu une opinion favorable pour la mairesse Catherine Fournier. Je crois que le vent commence à tourner pour moi. Et peut-être pour d’autres aussi.
Si je résume la majorité des commentaires c’est le » pas dans ma cour « .
Nous avons besoin d’un nombre criant de logements de toute catégorie et si nous voulons payer un coût abordable alors il faut construire en hauteur car les terrains sont de plus en plus rares et dispendieux . Il est clair que 8 étages ne sont pas suffisants pour absorber les coûts de construction.
La Ville n’est pas dupe , j’ai confiance en nos élus et je suis certain que les bonnes décisions seront prises.
P.S. Je ne suis pas un ami et je n’ai pas un degré de parenté avec aucun élu.
Bonjour M. Drapeau,
Votre position est tout à fait légitime et je comprends la mécanique des coûts théoriquement plus bas des logements lorsque l’édifice est en hauteur. Ceci dit, je vous invite à aller faire un tour sur les rues environnantes du quartier Bellerive, surtout celles qui qui se trouvent à environ 100 ou 150 mètres du nouvel édifice, et vous me direz si vous auriez envie de contempler une telle masse de verre et de béton de votre cour. Sans oublier que les locataires auraient une vue plongeante sur votre cour, vous privant d’une intimité qui n’est pourtant pas gratuite. Selon moi, le site choisi pour construire cet édifice n’est tout simplement pas adéquat et ce pour bien d’autres raisons aussi. De plus, j’ai cru comprendre qu’un 4½ coûterait environ 1600 $ par mois (corrigez-moi si je me trompe). Considérez-vous vraiment qu’il s’agit d’un prix si abordable compte tenu des dimensions hors norme de l’édifice ? Il faudrait construire combien d’étages supplémentaires pour atteindre des prix de location VRAIMENT abordables ? Je fuis Montréal depuis toujours à cause d’une densification qui me déplaît. Je n’ai pas envie que ma ville essaie d’imiter celle-ci.
Je vis très bien avec le »Pas dans ma cour », parce que le promoteur vit probablement très bien aussi avec ce concept. Je suis prêt à parier qu’il n’habite pas à 100 mètres de son projet. Et peut-être que je me trompe mais je suis pas mal certain que les conseillers et la mairesse, qui vont fort probablement autoriser le projet, n’habite pas non plus tout près de celui-ci.