Si elle reconnait la nouvelle Politique nationale de soutien à domicile comme un important jalon, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées de la Rive-Sud de Montréal (AQDR RSM) estime que les moyens annoncés «demeurent trop vagues» pour répondre aux besoins.

«La politique va dans la bonne direction et reconnaît des enjeux que nous dénonçons depuis des années, mais les aînés attendent maintenant des actions concrètes, avec des cibles, des échéanciers, des budgets et des ressources humaines au rendez-vous», soulève Charles Lemieux, porte-parole de l’AQDR RSM.

La politique présentée le 29 janvier est assortie d’investissements de 107,2 M$.

L’Association déplore toutefois des engagements financiers et opérationnels «insuffisants». Elle détaille les besoins projetés en main-d’œuvre d’ici 2040 pour maintenir un taux de réponse de 10% des besoins en soins à domicile : près de 14 000 infirmières, 45 000 aides à domicile et 42 500 places supplémentaires en établissements.

«Tant que les investissements resteront en deçà de l’ampleur réelle des besoins, on continuera de voir des personnes aînées recevoir des services morcelés, avec plusieurs intervenants différents dans une même journée», signifie M. Lemieux.

Selon l’AQDR-RSM, la volonté de faire du CLSC la porte d’entrée principale pour les services de soutien à domicile – une bonne nouvelle en soi – devra être accompagnée de mécanismes de gouvernance et de collaboration entre les partenaires.

Par ailleurs, l’allocation Autonomie à domicile a été modernisée afin que les personnes proches aidantes soient rémunérées et reconnues. Le budget est bonifié de 1,1 M$ dès maintenant et bénéficiera de 22,2 M$ supplémentaires en 2027.

L’Association réclame toutefois des services accessibles et récurrents pour les proches aidants, ainsi que plus d’investissements en répit, gardiennage, dépannage et en mesures de conciliation travail famille.

Adaptés et mieux coordonnées

Lancée par la ministre de la Santé, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants Sonia Bélanger, la Politique nationale de soutien à domicile poursuit l’objectif d’offrir des soins et des services adaptés et mieux coordonnés, de réduire les hospitalisations et de préserver l’autonomie des personnes.

«Quand une personne vit une période plus difficile, qu’elle perd de l’autonomie ou qu’elle a besoin d’aide pour rester chez elle, c’est souvent vers les CLSC qu’elle se tourne en premier. C’est pourquoi ces derniers joueront un rôle central dans nos actions en matière de soutien à domicile, indique Sirley Dorismond, adjointe parlementaire de la ministre responsable des Services sociaux. Nous leur donnerons des orientations claires pour qu’ils puissent encore mieux accompagner les usagers et leurs personnes proches aidantes, et simplifier les démarches.»

Par ailleurs, la Politique améliore la rémunération des travailleurs de l’aide à domicile, avec un financement total de 2,4 M$, qui augmentera à 15,7 M$.

Le Programme d’exonération financière en aide domestique sera rehaussé, pour atteindre 21,3 M$ en 2025-2026, puis 39,3 M$ en 2026-2027.

La politique ajoutera des services d’assistance personnelle dans des entreprises d’économie sociale en aide à domicile, de même que des projets de virtualisation et le recours à des objets connectés pour accompagner les personnes à domicile.