C’est à la Maison Kekpart que la première ministre et la cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a présenté ce mardi son candidat dans Taillon, Stéphane Lavoie, et confirmé que la députée Shirley Dorismond se représente dans Marie-Victorin.

D’emblée, Christine Fréchette a rappelé qu’elle connaît Stéphane Lavoie depuis une quinzaine d’années, avant de souligner son importante contribution au milieu culturel québécois depuis 35 ans. Elle a notamment mis en valeur son passage de plus de deux décennies à la direction de la TOHU, la Cité des arts du cirque.

Au-delà du parcours dans le secteur culturel de M. Lavoie, Mme Fréchette a insisté sur son engagement soutenu envers l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Elle a également rappelé que sa carrière lui a valu plusieurs distinctions, dont le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française ainsi que le Prix du gestionnaire culturel de HEC Montréal.

«Rejoindre l’équipe de Christine Fréchette est une suite naturelle à mon parcours. Je souhaite livrer des résultats concrets pour les citoyens de Longueuil et assurer une gestion pragmatique des enjeux qui les touchent», a déclaré Stéphane Lavoie.

«Notre culture est un moteur essentiel du développement social et économique du Québec. Nous devons continuer de la faire rayonner ici comme à l’international. Avec Stéphane Lavoie, un gestionnaire chevronné, un bâtisseur culturel et un rassembleur, c’est exactement ce que nous allons faire», a lancé la première ministre.

Interrogée sur la possibilité de confier éventuellement à Stéphane Lavoie le portefeuille de la Culture dans un futur gouvernement caquiste, Christine Fréchette a esquivé la question en répondant qu’elle n’en était «pas rendue à l’étape de former son conseil des ministres».

Un choix entre l’illusion, la résignation ou l’ambition

La première ministre Christine Fréchette a présenté l’élection d’octobre prochain comme un choix entre selon elle «l’illusion» d’un référendum du Parti Québécois et «la résignation» du Parti libéral du Québec.

«Le Parti Québécois croit que le timing est parfait pour lancer une démarche référendaire qui va amener des années d’incertitude politique, par-dessus une couche d’incertitudes économiques comme j’en ai rarement vu. Ça, c’est une des options», a-t-elle déclaré.

Selon elle, les électeurs pourraient également choisir «la résignation» du Parti libéral, qu’elle accuse de ne pas vouloir défendre «ni la langue, ni la culture, ni l’identité, ni les valeurs québécoises».

La première ministre a plutôt opposé à ces deux avenues «l’ambition» de son parti.

«L’ambition de la Coalition avenir Québec, qui va travailler fort pour répondre aux besoins des Québécois : réduire le coût de la vie, parce que la pression a été importante au cours des dernières années, propulser l’économie et aider nos entreprises à traverser cette période particulièrement difficile et incertaine», a-t-elle affirmé.

Elle a également évoqué la nécessité d’investir dans les infrastructures de santé et d’éducation, tout en poursuivant les investissements dans les infrastructures «mondiales» et en protégeant l’identité québécoise.

Salaire minimum

Questionnée par Le Courrier du Sud concernant une hausse plus rapide du salaire minimum, présentement fixé à 16,60 $/h – une demande provenant de plusieurs organismes sociaux afin d’aider les travailleurs à faible revenu –, Mme Fréchette a répondu qu’il fallait s’assurer de la capacité de payer des entreprises.

«Il faut trouver le juste milieu. Parce que oui, il faut aider à ce que les travailleurs aient une bonne marge de manœuvre, une marge de manœuvre suffisante au niveau salarial. En même temps, il ne faut pas se faisant mettre trop de pression sur les entreprises qui, ultimement, n’auraient plus la capacité de payer les salaires si l’augmentation est trop importante», de répondre la première ministre.

Le Parti Québécois réclamait en 2023 une hausse graduelle jusqu’à 18 $/h et s’engage en 2026 à augmenter le salaire minimum pour qu’il atteigne un seuil de viabilité alors que Québec solidaire propose 20 $/h avec indexation au coût de la vie.

Lionel Carmant passe le flambeau

Présent lors de l’annonce, l’actuel député de Taillon Lionel Carmant a donné son appui aux deux candidats. Rappelons qu’il a décidé de ne pas se représenter à sa succession. En octobre 2025, M. Carmant, alors ministre responsable des Services sociaux et ministre responsable de la région de la Montérégie, avait quitté la CAQ à la suite de l’imposition d’une loi spéciale aux médecins spécialistes. Devenu député indépendant, M. Carmant avait toutefois réintégré la CAQ au printemps 2026.

Lionel Carmant
Après avoir remercié sa famille et ses amis, l’actuel député de Taillon, Lionel Carmant, a assuré les deux candidats de son appui et de son implication dans leur campagne. (Photo: Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

En 2022, la CAQ avant remporté Taillon avec 41,5 % des votes, loin devant le Parti Québécois (20,3 %).