Approchés par le Réseau Aidance Montérégie (RAM), quatre des principaux candidats à l’élection du 5 octobre prochain ont accepté de présenter ce 9 septembre le programme de leur formation respective concernant les personnes proches aidantes, notamment l’accès aux services de soutien et de répit, la conciliation entre la proche aidance et le travail, ainsi que le financement des organismes communautaires.

Tour à tour, devant une cinquantaine de personnes, Shirley Dorismond (Coalition Avenir Québec, Marie-Victorin), Pinou Thong (Parti libéral du Québec, Sanguinet), Nicolas Marceau (Parti Québécois, Marie-Victorin) et Lauréline Manassero (Québec solidaire, Marie-Victorin), ont répondu aux questions de l’animatrice.  Le Parti conservateur du Québec a décliné l’invitation.

D’emblée, tous les candidats à l’exception de Mme Manassero, ont affirmé avoir déjà été ou être présentement une personne proche aidante. 

Pour M. Marceau, le filet social des Québécois doit être resserré. Il a rappelé que le Parti québécois avait mis en place la plupart des politiques sociales toujours en place avant de revenir sur l’intention du gouvernement de Pauline Marois (2012-2014) de mettre en place l’Assurance Autonomie. «Il faut mettre l’accent sur les soins à domicile. On a annoncé cette semaine qu’un gouvernement du Parti québécois allait augmenter de 50% le budget pour l’aide à domicile, qui passera à 1,3 milliard en quatre ans.»

De son côté, la candidate libérale Pinou Thong est d’avis que l’État doit offrir une meilleure reconnaissance et être un facilitateur dans le service d’offres. Elle a rappelé la pétition de 7000 signataires déposée par la députée de La Pinière, Linda Caron, qui demandait une reconnaissance officielle des personnes proches aidantes en tant que partenaires essentiels du réseau et du système de santé et des services sociaux. Elle ajoute qu’une ligne Info spécialement réservée aux proches aidants pourrait être mise en place afin de faciliter les services. Les initiatives communautaires pourraient aussi être davantage encouragées.

Personnes proches aidantes
Katia Brocart, directrice générale du Réseau Aidance Montérégie, a remercié les candidats pour leur intérêt. (Photo: Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

Pour Lauréline Manassero, la solution passe d’abord par l’amélioration du système de santé. «La personne proche aidante ne devrait pas avoir à remplacer un réseau public qui n’est pas au rendez-vous», soutient la candidate solidaire. Pour elle, les CLSC doivent redevenir des points d’accès de la première ligne.

Enfin, Shirley Dorismond a rappelé l’adoption, en 2020, d’une loi visant à reconnaître les proches aidants et à les soutenir, ainsi que le renouvellement du plan d’action gouvernemental 2026-2031. Celui-ci mise notamment sur une intervention avant la crise ou l’épuisement, avec de l’information simplifiée, un accès direct aux services, du soutien psychosocial, des périodes de répit et une meilleure continuité des soins, notamment avec les CLSC.

Maintien à domicile à partager

Pour Shirley Dorismond, l’allocation d’autonomie à domicile permet de soutenir financièrement les personnes proches aidantes en reconnaissant financièrement leur travail. Elle rappelle que les CLSC sont là pour seconder et orienter les personnes proches aidantes.

De son côté, le candidat péquiste ajoute que le Parti québécois veut faciliter la transformation des maisons en maisons intergénérationnelles avec une aide financière de 10 000$ pour les travaux et une bonification de 10 M$ par année du Programme d’adaptation de domicile qui offre une aide financière pour l’exécution de travaux . Il souhaite aussi mieux faire connaître les crédits d’impôt disponibles.  

Mme Thong a rappelé de son côté que le gouvernement libéral de 2014 avait permis l’embauche de 1500 préposés à domicile en plus de permettre l’achat d’équipements. 

Enfin, Lauréline Manassero a souligné que Québec solidaire a fait de l’accès aux logements une priorité depuis quinze ans. Pour elle, il est essentiel que les personnes puissent conserver leur logement. Pour ce faire, Québec solidaire va mettre sur pied en Gaspésie un projet pilote de revenu minimum garanti afin de permettre aux gens de demeurer chez eux.

Des services encore inégaux

Pour Mme Thong, le système de santé, qui ne répond qu’à une fraction des besoins, doit être réparé. L’accès aux crédits d’impôt doit aussi être facilité et les règles administratives simplifiées.

Selon Mme Manassero, le filet communautaire doit être protégé et renforcé. «On le voit en ce moment, le communautaire est à boutte», souligne la candidate solidaire qui rappelle que sa formation a été la seule à marcher aux côtés des organismes lors des nombreuses manifestations l’hiver dernier.

Shirley Dorismond assure de son côté qu’un gouvernement de la CAQ fera du repérage en amont afin de déceler les proches aidants épuisés afin de leur offrir du répit. Elle ajoute aussi que chaque réalité est différente. Ainsi, prendre soin d’un enfant n’est pas la même chose que de s’occuper d’une personne en soins palliatifs. Elle veut également lutter contre la disparité des services et des ressources d’une région à l’autre. «L’accès aux services ne devrait pas dépendre de votre code postal!»

Enfin, Nicolas Marceau identifie lui aussi les différences d’accès aux services entre les régions comme un problème à régler. Pour lui, la solution passe par un meilleur financement des organismes communautaires qui seront à même d’offrir plus de services.

Dans les questions en rafale, la candidate de Québec solidaire a fait remarquer que toutes les formations sauf la sienne avaient déjà annoncé des coupes et une sorte de retour à l’austérité. «Québec solidaire va aller chercher 5 milliards de dollars supplémentaires par année en taxant davantage les 4000 Québécois les plus riches.»

Après les interventions des candidats, la directrice générale du RAM, Katia Brocart, s’est dite heureuse des propositions entendues et constate que chaque candidat comprend l’importance des personnes aidantes naturelles. «Je ne devrais pas dire ça, mais j’aimerais voter pour vous quatre», a-t-elle lancé.    

Le Réseau Aidance Montérégie regroupe près d’une trentaine d’organismes membres répartis sur l’ensemble du territoire des trois CISSS de la Montérégie. Les services offerts par ces organismes aux proches aidants d’aînés une kyrielle de services allant de la sensibilisation à l’accompagnement en passant par la formation, l’information et le répit.

On estime à 500 000 le nombre de personnes proches aidantes en Montérégie.