Elysa Côté-Séguin digère mal la proposition de refonte du Réseau de transport de Longueuil (RTL) dans le secteur de Brossard au sud de l’autoroute 10. Elle anticipe tout un casse-tête à l’automne prochain si la proposition est adoptée comme telle.

La Brossardoise indique que ses habitudes de transport vont complètement changer advenant cette mise en place.

Si elle remet en doute plusieurs aspects de la transformation, elle déplore en particulier la fin du trajet vers l’école primaire de son plus vieux, trajet qu’aurait éventuellement aussi emprunté son plus jeune.

«On n’aura aucune option qui nous permet d’aller reconduire nos enfants en transport en commun, donc ça nous obligerait de prendre la voiture pour aller les reconduire. Et là après?» questionne celle qui fait ensuite le trajet jusqu’au terminus Panama pour aller travailler à Montréal.

À ses yeux, retirer les lignes bordant les écoles – les deux trajets à côté des écoles Saint-Laurent et Samuel-de-Champlain seraient retirés – envoie le mauvais message. Évoquant des plaintes concernant le passage des autobus dans ces zones, elle assure que le danger n’est pas là.

«Le problème depuis longtemps se maintient dans ces zones à cause des parents qui viennent reconduire leurs enfants tous en même temps en adoptant souvent des comportements de conduite dangereuse», affirme-t-elle.

Mauvaises cibles

Usagère depuis longtemps du transport en commun, Mme Côté-Séguin indique qu’il est impensable pour elle ou son conjoint de prendre la voiture pour aller travailler. N’empêche, les changements proposés la laissent perplexe. D’autant plus qu’à son arrêt actuel sur le boul. de Rome, elle passerait de quatre lignes qui pouvaient l’amener au terminus Panama à aucune.

«On est conscient que le RTL fait face, comme tous les réseaux de transport, à un sous-financement en fonction de la baisse de l’achalandage, mais on constate aussi que le message n’est pas toujours le bon», indique-t-elle.

«On voit les annonces sur les autobus, qui disent bon, allez vers Boucherville comme sur un long fleuve tranquille. Je ne crois pas que ce soit les messages qui donnent le goût aux gens de prendre le transport en commun», poursuit la Brossardoise.

Du bon et du mauvais

Pour Axel Fournier, porte-parole de l’Association pour le transport collectif de la Rive-Sud, la refonte proposée apporte du bon et mauvais pour les usagers.

«On est d’accord avec l’orientation générale de bonifier le service hors pointe sur les secteurs les plus achalandés, afin de créer des lignes structurantes. On en souhaite des lignes qui sont plus droites, qui font moins de zigzags», indique-t-il.

Celui-ci note en particulier la bonification de fréquences pour la ligne 14, une ligne «qui passe par tous les points les plus importants de Brossard» et qui pourrait croître en fréquentation avec la bonification des heures de commerces, comme ceux du DIX30.

En contrepartie, il évoque la perte de services à certains endroits.

«On comprend que le RTL opère dans un contexte budgétaire qui est très serré. C’est l’ARTM puis ultimement le gouvernement du Québec qui ne donnent pas l’oxygène nécessaire pour que le service puisse augmenter», mentionne M. Fournier, qui se dit particulièrement inquiet des services qui seraient remplacés par le transport à la demande.

S’il croit que les usagers réguliers du secteur s’habitueront à ce service, il craint pour les utilisations plus ponctuelles. «Quand on regarde à partir de Google Maps par exemple, le trajet à la demande n’est pas inclus. Donc, pour un usager occasionnel, c’est comme si c’était inexistant», note-t-il.

Ultimement, M. Fournier est d’avis que les changements apporteront plus de bon que de mauvais, dans le contexte.

«On appuie les volontés sur les fréquences et on n’appuie pas nécessairement les réductions de services, mais on comprend pourquoi», résume-t-il.

Majorité

Le RTL, pour sa part, assure que 88% des quelque 5800 usagers par jour du secteur bénéficieraient d’une bonification de fréquence. Toutefois, une majorité de commentaires reçus dans le cadre de la transformation venait de personnes inquiètes, comme Elysa Côté-Séguin. Celle-ci assure par ailleurs qu’elle sera de la consultation publique du 31 mars, au Centre socioculturel Alphonse-Lepage.

«Je peux vous dire hors de tout doute que si la carte de transport avait été comme [le RTL] le propose au moment où on a fait l’achat de notre maison, on n’aurait jamais déménagé à cet endroit-là», soutient-elle.