La Ville de Saint-Lambert ne donnera peut-être pas en sous-traitance ses cours de natation. Mais alors que l’organisme la Blue Machine a fait une proposition à la Ville qui pourrait inclure de la sous-traitance, les sauveteurs ont bruyamment fait entendre leur mécontentement à la séance publique du 25 mai.
«On a peur pour notre emploi!» C’était le message que plusieurs moniteurs et sauveteurs de la Ville ont passé aux élus lors de la soirée du 25 mai.
Une quinzaine d’entre eux ont exprimé leurs inquiétudes tandis que d’autres ont remis en question la pertinence d’une éventuelle entente avec la Blue Machine, un organisme accrédité par la Ville qui se spécialise dans la natation de compétition.
Proposition mystère
S’il y avait beaucoup d’incertitude, c’est notamment parce que les détails autour de la proposition qui aurait été faite par le conseil d’administration de l’organisme à la Ville le 24 avril n’ont pas été partagés.
«Aucune décision n’a été prise sur le sujet qui vous intéresse parce qu’on est encore au stade de l’analyse des possibilités dans le but de donner davantage de services à notre population», a noté le maire Loïc Blancquaert.
«Personne ne va perdre son emploi», a-t-il ajouté à plusieurs reprises. Celui-ci et le conseiller Francis Le Chatlier ont plutôt évoqué une possibilité d’augmenter l’offre de service, notamment avec la réouverture prochaine de la piscine Alexandra. M. Le Chatelier a aussi évoqué la possibilité de partenariats, par exemple pour des activités parascolaires.
Des réponses qui n’ont pas satisfait les gens présents dans la salle.
L’une d’entre elles est d’ailleurs venue au micro pour demander quelle était la nature de la proposition, ce à quoi M. Blancquaert n’a pas voulu répondre.
«Je ne révèlerai pas les détails de la proposition de la Blue Machine. […] Ce n’est pas comme ça qu’on fonctionne. Lorsqu’une proposition est faite aux élus à n’importe quel niveau, la présentation n’est pas du domaine public dès le lendemain matin», a-t-il affirmé.
« Complètement stressées »
Pour sa part, la Blue Machine a dit prendre acte des discussions en cours au conseil de ville concernant l’offre de services aquatiques sur le territoire. Par voie de communiqué, elle dit avoir développé et présenté sa proposition concernant la gestion des cours de natation municipaux «à la suite d’échanges avec des représentants de la Ville».
L’organisme assure en outre s’être engagé de bonne foi dans ce processus et dit comprendre «que tout changement dans l’organisation des services publics soulève des préoccupations légitimes».
Si aucune décision n’a encore été prise, un employé de la Ville qui a demandé l’anonymat a affirmé au journal que l’intention initiale des élus était d’aller de l’avant avec l’impartition des services. «Encore ce matin, on en a parlé», a indiqué cette personne lors de l’entretien réalisé quelques jours avant la séance publique.
«Les équipes sont complètement stressées», a-t-elle d’ailleurs ajouté.
Un sentiment réitéré par Karine Laprise, présidente du syndicat des SREM-SCFP 306, qui représente entre autres les cols blancs et les sauveteurs à Saint-Lambert. «Les jeunes ont peur pour la suite des choses», a-t-elle noté.
Augmenter l’offre de cours
Pour Mme Laprise, il n’y a par ailleurs jamais eu de demande «pour augmenter le nombre de cours ou augmenter les ratios ou n’importe quoi». Évoquant l’argument selon lequel il y aurait des enfants sur des listes d’attente pour obtenir un cours, elle croit qu’il ne s’agit pas d’un réel enjeu.
«Si toi, tu veux que ton enfant fasse son cours de natation le mardi soir à 20h, parce que ça t’adonne, tu ne veux pas les huit autres plages horaires, ça se peut qu’il n’y ait pas assez de place», argue-t-elle.
Pour appuyer ce point, l’une des personnes présentes à la séance du 25 mai a présenté des données de la Ville, indiquant qu’en 2025, 1946 places de cours de natation ont été offertes et 11 enfants se sont trouvés sur une liste d’attente. Et qu’en 2026, à ce jour, 1155 places ont été offertes et 4 enfants sont sur une liste d’attente. Les places non comblées varient entre 18% et 23% depuis 3 ans.
«Il ne manque tellement pas de places dans les cours que les non-citoyens, qui passent une semaine plus tard dans le processus d’inscription, réussissent à avoir des plages», souligne Mme Laprise.
D’autres ont également évoqué que la mission de la Blue Machine est d’abord la natation de compétition.
«Je trouve qu’on parle de deux domaines différents, un plus sécurité aquatique et l’autre plus compétition. Quand on parle qu’on va remettre à la Blue aussi le côté sécurité aquatique alors que ce n’est pas leur mission, ça m’effraie un petit peu», a indiqué une ancienne gestionnaire de l’organisme lors de la séance publique.
Administrateur responsable
Face aux critiques, M. Blancquaert a voulu relativiser la proposition reçue par la Ville. «En tant qu’administrateurs responsables, nous regardons toutes les options, et ce, autant avec les équipes de la Ville qu’avec nos partenaires externes.»
«On se pose des questions, et tant mieux si vous voulez participer à ce débat. On va vous écouter et ce qu’on veut vous dire, c’est que ça ne vaut pas la peine de sauter tout de suite aux conclusions», a-t-il ajouté.


