Malgré une hausse des appels de 7% en 2025, les déplacements policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) ont diminué de 4%, pour un total de 113 384 déplacements. En moyenne, les policiers ont effectué 1,56 déplacement par appel et la durée moyenne d’une intervention s’est établie à près de 60 minutes, soit environ quatre minutes de moins qu’en 2024, mais le double du temps des interventions d’il y a une dizaine d’années.

Pour Patrick Bélanger, directeur du SPAL, cette grande différence du temps d’intervention des policiers s’expliquent par le fait que les interventions sont souvent plus complexes et nécessitent plus de doigté. «Prenez une introduction par effraction par exemple. Aujourd’hui le policier va tout de suite consulter le registre des caméras sur le territoire afin de voir si l’une d’entre elles n’aurait pas capter quelque chose», indique-t-il. 

En 2025, le personnel de la centrale 911 du SPAL a complété 174 224 cartes d’appel, lesquelles ont mené à 106 148 interventions policières, soit une hausse de 7 % comparativement à 2024.

Le directeur souligne également que 61 % du temps d’occupation des policiers concernait des événements non liés à une infraction criminelle, notamment des assistances au public, des conflits familiaux ou des interventions liées au suicide et aux tentatives de suicide.

Statistiques
Évolution du nombre d’interventions policières selon la nature des appels traités entre 2020 et 2025 (Photo : Rapport des activités 2025 du SPAL)

Santé mentale : des milliers d’interventions

Les enjeux de santé mentale continuent d’occuper une place importante dans le travail policier. En 2025, 4337 interventions pouvaient être reliées à des problématiques de santé mentale, un niveau comparable à celui de l’année précédente.

L’Équipe de soutien en intervention psychosociale a reçu 557 demandes d’assistance, en baisse de 14 %. Le SPAL précise toutefois que l’équipe a dû composer avec différents enjeux de personnel au cours de l’année.

De son côté, l’escouade Enquêtes et interventions auprès des personnes vulnérables a analysé 3 876 dossiers, soit une diminution de 7 % comparativement à 2024. Parmi ceux-ci, 353 dossiers ont nécessité des démarches particulières et près du tiers ont exigé des actions immédiates.

Statistiques
Évolution des principaux crimes contre la personne entre 2020 et 2025 (Photo : Rapport des activités 2025 du SPAL)

La criminalité continue de diminuer

Le SPAL rapporte une deuxième baisse consécutive de la criminalité dans l’agglomération de Longueuil. Cette diminution est principalement attribuable à la baisse des crimes contre la propriété, avec plus de 1000 infractions de moins qu’en 2024.

Le taux de criminalité est ainsi passé de 3562 à 3313 infractions par tranche de 100 000 habitants, atteignant son plus bas niveau des dix dernières années.

Certaines catégories d’infractions ont toutefois connu une hausse, notamment les crimes contre la personne, les vols qualifiés, les crimes sexuels et les délits de fuite.

Les crimes contre la personne ont augmenté de près de 3 % en 2025, bien qu’ils demeurent comparables à la moyenne des cinq dernières années. Le taux de crime contre la personne est passé de 870 à 890 infractions par tranche de 100 000 habitants.

En revanche, le SPAL s’inquiète de l’implication de plus en plus marquée de jeunes dans des crimes violents.

Six homicides en 2025

L’année 2025 a également été marquée par une hausse des infractions ayant entraîné la mort. Le SPAL a recensé six homicides ainsi que quatre dossiers de négligence criminelle causant la mort.

Selon le corps policier, ces événements sont survenus dans des contextes variés liés notamment à la santé mentale, au féminicide, à l’itinérance, à la violence armée ou à des conflits interpersonnels. Tous les dossiers ont été résolus.

Violence conjugale: les signalements stagnent

Le SPAL a reçu 1087 plaintes en matière de violence conjugale en 2025, un nombre relativement stable par rapport aux dernières années. Ces dossiers représentent 27 % de l’ensemble des crimes violents commis sur le territoire.

Le rapport souligne toutefois que les dénonciations tendent à stagner malgré une légère hausse observée sur un horizon de 10 ans. Les policiers rappellent également que plusieurs cas demeurent non signalés. Selon les données citées par le SPAL, trois victimes de violence conjugale sur quatre ne contacteraient jamais la police. Le corps policier note aussi qu’aucune plainte préalable n’avait été formulée dans les dossiers de féminicides recensés entre 2015 et 2025.

Au cours de l’année, 29 personnes ont été soumises au port d’un bracelet antirapprochement.

Priorités

Pour les trois prochaines années, le SPAL entend mettre de l’avant six priorités : la concertation, en maintenant et en agrandissant son réseau de partenaires; la jeunesse, par la sensibilisation, la prévention et les interventions adaptées; la sécurité routière, particulièrement à l’endroit des usagers vulnérables comme les aînés, les piétons et les cyclistes; le renseignement, pour anticiper et contrer plus efficacement les phénomènes émergents; la formation pour le développement et le maintien des apprentissages; et la communication afin d’accroître le lien de confiance avec la population.  

Le SPAL compte dans ses rangs 31 cadres, 17 cadres civils, 666 policiers dont 233 femmes, un avocat et cinq conseillers juridiques. On observe également la présence de 187 cols blancs, 108 brigadiers et 3 cols bleus.